‹ Conscience et science du devoirChapitre 123 sur 331 · PARTIE IV. — SaENCE DU DEVOIR. — UVRE V. tt · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — SaENCE DU DEVOIR. — UVRE V. tt

Cette confusion se trouve dans des locutions fort à la mode aujourd'hui, savoir : méthode historique, méthode philosophique de l'enseignement du devoir*. Évitons-la. Affirmer, avec l'école philosophique, que la science du devoir, comme toute autre, a trois domahies, l'avenir, le présent, le passé; ou af- Brnier, avec l'école historique, qu'elle n'a que deux domaines, le présent et le passé; c'est définir de deux manières la science elle-même, et non pas signaler seulement deux méthodes pour l'étudier. C'est tracer le cercle de la connaissance a acquérir, et non le moyen d'acquérir cette connaissance.

Quand on se sert des mots méthode historique, méthode philosophique j on ressemble à l'archer qui dirait que le but à viser est son coup-d'œil; au voya*geur qui dirait que le terme de sa course est le chemin^; au mathématicien qui dirait que le périmètre d'une surface est l'opération h faire pour la mesurer.

L'histoire et la philosophie sont tout autre chose que des méthodes d'enseignement! Ce sont deux des trois parties indivisibles de la science ; deux de ses objets (si l'on préfère ce mot ^) : deux de ses aspects, comme dit M. Beugnot, dont nous tenons à honneur

*■ Nous avons signalé longuement cette confusion, dans nos Premien Euais de philosophie du droit; 2* lettre à M. Giraud.

« Voir mes Premiers Essais de philosophie du droit, n« 124.

s Voir une distinction, éloquemment tracée, des objets et des méthodes d*enscignement, dans le chaleureux passage de M. de Savigny, cité par M. Laboulaye {Revue de législation et de jurisprudence, 1845, tom. IH, p. 337), et emprunté à un article sur les universités, publié en septembre 1832, dans la Historisch politische %eitschift, de Rancke (Berlin, 1833, p. 578 et suiv.).

tl6 CONSCIENCE ET SQENCE DU DEVOIR.

de citer cette phrase * : c Dans la Faculté de Paris, le c droit est enseigné sous ses trois aspects : phUosoa phique, historique, pratique. »

601. Comnient faut-il étudier ces trois aspects? C'est à cette question seulement que répond la me* thode. La méthode, essentiellement modeste, ennemie de toute prétention ambitieuse, aspire (c non « pas à produire les actes d'intuition et de déduc- « tion, mais seulement à les diriger^ . » Aussi on Ta définie : « la marche que suit Tesprit humain dans a la recherche de la vérité '; » ou « le chemin et le a véhicule qui conduisent à la vérité*. >> — La comparaison du fil d'Ariane lui a élé souvent appliquée.

La méthode comprend deux éléments : Tun principal, savoir: le procédé pour étudier; l'autre accessoire : le classement des faits à étudier.

602. C'est de l'élément principal de la méthode, c'est du procédé pour étudier, qu'il va être question dans ce livre et dans le suivant. — Nous discuterons plus loin (voir le livre X, ci-dessous) la question du classement des faits à étudier.

603. Peut-on prendre indifféremment tel ou tel procédé pour étudier? Répondre affirmativement, c'est oublier que le choix du critérium de certitude est compris dans le procédé pour étudier. Or, qui peut dire que le choix du critérium de certitude n'est pas

> Discours prononcé à la chambre des pairs, séance du 8 mai 1842.

* Ddscartes.

> Bénard, Précis de philosophie^ Introduction, chap. n.

* Boussel, Entyclopédie du droite partie m, sect. i, chap. ii.

Page 1