PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOIR. — UVRE V. MT
préjudiciel au résultat qu'on obtiendra? — Suivant M. G)usin, toute méthode contient, sous sa foime, une pensée au fond. « Qu'est*ce qu'une méthode ? dit-il. (i Un système en action. Mettez une méthode dans « le monde, vous y mettez un système, que l'avenir se a chargera de développer. Entre un système et sa méc( thode,il n'y a que la relation de l'effet à la cause ^»
604. Une fois qu'on a écarté l'indifférence sur le choix des méthodes, la première question qu'on trouve h examiner est celle-ci : Y a-t-il multiplicité de pro^ cédés, ou unité de procédé^ pour étudier le devoir?
Tel est le sujet que nous avons à traiter dans ce livre.
La réponse a cette question variera, au gré des diverses solutions des controverses expliquées dans les livres précédents. Le contre-coup de ces solutions produira les trois systèmes qui vont suivre :
1* Multiplicité des méthodes, conséquence de la multiplicité des sciences du devoir, présentée ellemême comme conséquence de la multiplicité des objets du devoir.
2*» Multiplicité des méthodes, conséquence de la
( Quand M. Laboulaye (Revue de législation et de juiisprudence, 18&5, tom. m, pag. 307) dit que, pour aller à la science, il peut y avoir « quatre^
« dix voies également légitimes « quand il s'écrie : « Quel rapport y
< a-t'il entre les connaissances exigées et le moyen de les acquérir?,..* évidemment il ne veut parler que du classement des àétails^ objet secondaire de la méthode (dont nous nous occuperons dans le livre X). — Môme ainsi limitée, son indifférence nous parait mal raisonnée ; mais elle peut se défendre par quelques arguments. — Si elle prétendait s'appliquer à l'objet principal de la méthode, au procédé pour étudier y ce serait la négation de U science.
(Voir mes Premiers Essais de philosophie^ 3« lettre à M. Giraud}.
multiplicité des sciences du devoir, préscnlée ellemême comme une conséquence de la divisibilité des parties de la science du devoir.
3° Unité de méthode, conséquence de Tunité de la science du devoir, présentée elle-même comme conséquence de l'unité des objets du devoir, et de l'indivisibilité des parties de la science du devoir.
605. l^r SYSTÈME. — Multiplicité des méthodesy conséquence de la multiplicité des sciences du devoir ^ présentée elle-même comme conséquence de la multiplicité des objets du devoir. — Si les objets du droit positif, du droit naturel et de la morale sont essentiellement différents; si, en conséquence, il y a plusieurs sciences du devoir (Voyez ci-dessus, n° 585), on peut concevoir des méthodes différentes pour étudier chacune d'elles. — Entrant, à tort ou à raison, dans cet ordre d'idées, des jurisconsultes romains, nous l'avons vu (n°s 478 h 487), proposaient, pour procédé de recherche de ce qu'ils appelaient droit naturel, l'obéissance à l'instinct, ou à Tautorité générale seule, ou à l'autorité générale unie à la tradition. Quant au procédé de recherche du droit civil, ils ne le définissaient point ; on peut toutefois sous-entendre qu'ils le plaçaient dans l'observation du caractère propre de la nation à laquelle ce droit devait être appliqué. — Pour nous, nous avons nié la coexistence de plusieurs objets différents du devoir (livre III, titre m), donc de plusieurs sciences différentes du devoir, correspondantes à ces objets (livre IV, n° 586) : ainsi nous ne pouvons concevoir la coexistence de plusieurs méthodes opposées, pour arriver à