PARTIE IV. — SQENCE DU DEVOIR. — LIVRE V
ces prétendues sciences diverses, dont la multiplicité est, pour nous, une chimère.
606. 2® SYSTÈME. — Multiplicité des méthodes, conséquence de la multiplicité des sciences du devoir^ présentée elle-même comme une conséquence de la divisibilité des parties de la science du devoir. — Si, tout en reconnaissant l'unité de la science du devoir, on admet une certaine divisibilité de ses parties {Voy. ci-dessus, n°s 588 à 592); si l'étude de la science telle qu'elle est^ ou telle qu'elle a été^ peut être séparée de l'étude de la science telle quelle doit être, on conçoit encore qu'on puisse échelonner différentes méthodes, les unes plus restreintes, les autres plus étendues, pour répondre aux degrés plus ou moins élevés de l'ambition scientifique.
C'est en effet ce qu'on ne manque pas de faire. Celui qui veut se contenter de la science telle quelle est, et celui qui aspire seulement h la science telle qu'elle est et telle quelle a été, admettent des méthodes plus ou moins imparfaites, proportionnées au bat incomplet qu'ils se proposent, et indifférentes à la recherche de la science telle quelle doit être. — Nous allons décrire et critiquer ces procédés boiteux.
607. l"*® application du 2® système. — Méthodes proposées pour étudier la science telle quelle est. — Ces méthodes sont au nombre de deux : 1** la métïiode pratique ; 2^ la méthode théorique. Comprenons bien l'antithèse de ces deux adjectifs.
Comme nous l'avons dit dans notre préface, théorie
et pratique sont deux choses corrélatives, indivisibles.
La jurisprudence (science d'agir) qui chercherait des
9» CONSaENCE ET SCIENCE DU DEVOIR.
théories abstraites, poui* ne pas les appliquer, serait comme une cause sans effet.
 l'inverse, la pratique qui ne tendrait pas à se constituer une théorie, sérail comme un effet sans cause. C'est pour ceux qui se contenteraient de cette étrange insouciance, que Voltaire a écrit ces vers * :
« Pour nous, messieurs, nous ayons l'habitude
« De rédiger au long, de point en point,
« Ce qu'on pensa; mais nous ne pensons point. »
Lors donc qu'on propose deux moyens d'acquérir la science telle quelle est, savoir, la méthode pratique et la méthode théorique^ on veut dire : Il y a des hommes qui prétendent arriver par la pratique à la théorie ; et il y a des hommes qui prétendent arriver par la théorie à la pratique.
Examinons ces deux prétentions.
608. Méthode pratique pour étudier la science telle quelle est. — Pour proposer cet te méthode , on dit : C'est en faisant des affaires qu'on apprend à les faire. Soyez clerc d'avoué ou de notaire! copiez des minutes et rédigez des requêtes! et vous deviendrez jurisconsulte.
Chemin bien long!... Que de dossiers il faudra compulser, pour recueillir quelques principes, sans ordre général, sans liaison entre eux! Que de considérants d'arrêts à lire attentivement, pour démêler, sous les nuances des faits, le véritable point en litige^!
Chemin bien étroit!... Pour arriver h quel but? A
* Temple du goût.
* Dumoulin a dit : « Quando mihi apponas arrestum, die mihi pro qiw, c contra quem, a quo judice datum sit, et quo tuente adyocato. »