PARTIE IV. — SaENCE DU DEVOIR. — LIVRE V. tlft
eoutumier, c'est Loysel : il pose comme première règle , dans ses institutions coutumières , celle-ci : « Nulle règle sans faute * . »
615. Deuxième vice des brocards : Inexactitude dans la forme. — Plusieurs de ces adages ont été énergiquement exprimés, dans l'origine, sous la forme d'une hyperbole ou d'une fiction. Cette forme, destinée, par son étrangeté même, à attirer seulement l'at tention de la mémoire, a fait illusion au jugement. Il s'est laissé surprendre par elle ; et, de cette forme mensongère, qu'il a prise pour le fond, il a tiré des conclusions bien inattendues !
616. Troisième vice des brocards : Absence totale de sens juridique. — Tel est le dernier reproche que ne peuvent éviter ces prétendus principes, quand, par un rare bonheur, ils échappent à celui d'inexactitude.
Regardez-les de près ! Ils constituent de purs cercles vicieux. Ils donnent, pour solution, la généralisa* tîon du fait particulier posé en question. Youlez-vous avoir l'image fidèle de leur valeur? Rappelez-vous la célèbre réponse d'Argan à la question : « Cur opium (c facit dormire? »
617. On va, je le sais, m'accuser d'exagération. Aussi mon devoir est de donner des preuves. — Prenons donc sur le fait, dans les plus célèbres de ces traditions du droit, les défauts que je viens de signaler. — Empruntons d'abord nos exemples à celles qui
> Toutefois, Leibnitz fait observer que poser cette règle, c'est impliquer contradiction, et admettre au moins une règle sans faute, savoir : c qu'il « n'y a point de règle san* faute. >
ont revêtu les formes du style simple et positif. -*-^ Nous parlerons ensuite de celles qui s'expriment par hybeî'bolcs ou par fictions.