Premier exemple. — Maxime, Res périt domino
Je vous prête un livre. Il est détruit chez vous par un cas fortuit , que nulle sagesse humaine ne pouvait prévoir ni empêcher. M'en devrez-vous l'estimation? Non. Pourquoi? Parce que, répondra-t^n , res périt domino!
Passons rapidement sur la forme doublement vi« cieuse de cette énigme. En prenant l'expression dans son sens apparent, on y trouve grande naïveté et grande obscurité. — Naïveté , car elle seml>le dire qu'on est privé d'une chose, quand elle n'existe plus : vérité que contesterait seul Roland le Furieux, s'obslinant à vendre sa jument morte. — Obscurité, car elle présente l'idée insaisissable d'une destruction relative; or, la destruction est absolue. Une chose qui disparaît de la nature périt pour tous les hommes, et non pas pour son propriétaire seulement.
Ainsi d'abord l'axiome a, dans la forme, besoin de traduction. Il faut se rappeler que perire domino équivaut ici à cette expression de notre langue , ap''
pauvrir le propriétaire. Donc il faut paraphraser ainsi : Un propriétaire na pas droit à la valeur en argent de sa chose, quand elle a péri par cas fortuit. Réformé de la sorte, l'adage est-il exact au fond? Les jurisconsultes peuvent-ils désormais le caser dans leur mémoire, pour l'appliquer dans tous les cas où un