PARTIE IV. -^ SCIENCE DU DEYOI|\. — I.IVRE VU. 3fi
mv lesquelles ils reposent), se réunissent daus une idée OQP^mune, savoir ; la recherche, p»r chaque homme, d'un hut individuel seulement.
Les partisans de ces deux doctrines ne croient }»as k Fexistence d'un être collectif, savoir de Y humanité ^ distincte, dans sa vie successive, des êtres particulier^ qui la composent. Chacun de ces êtres particuliers n'a donc k s'occuper de son hut, que pour lui-même.
Sou point de départ, c'est son droit.
Cest pour lui-même, seulement, que le matérialiste appelle la jouissance actuelle, limitée tout au plus par une certaine bienveillance.
C'est pour lui-même, seulement, que l'ascète invoque le bénéfice de la souffrance, conduisant à la future béatitude. Il est si loin de songer aux hommes qui yiyyppt demain, qu'il ne voit aujourd'hui, dans ses semblables, que des tentateurs apportant les offres d'un bonheur dangereux, offres qu'il faut repousser,
Un mot s'est introduit dans la langue française, pour désigner cette morale des deux pren^iers sys-; tèmes : c'est le mot individualisme. — Vindividuchli^tne, préconisé par Rousseau dans le Contrat social, a }e possessoire ; c'est lui qui domine dans la plupart dm esprits. — On commence cependant à l'attaquer, C'est de lui, suivant nous, que viennent les erreurs dans la science du devoir, Le progrès de l'avenir est dans la modification (nous ne disons pas la destruction complète) du principe désigné par ce mot.
Il faut reprocher h Y individualisme de ne point apercevoir, derrièie l'individu, l'espèce elle-même qui vît et se développe. Ce reproche est résumé, par Vico,
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dans le nom qu'il inflige (comme une énei^ique condamnation) au matérialisme et à l'ascétisme, en les appelant philosophies solitaires^.
Les mots ne deviennent usuels, dans les langues, qu'après la vulgarisation des idées qu'ils sont destinés à représenter. Il n'y a pas, dans la nôtre, d'expression consacrée qui fasse antithèse avec l'expression individualisme. Une autre morale, une morale prenant pour point de départ, au lieu du droit de l'individu, le droit de l'humanité^ ou (ce qui serait mieux) le devoir de l'humanité et le devoir de l'individu combinés, cette morale est encore sans nom.
Cette morale n'est point désignée par le mot moderne socialisme. Ce mot, employé par tous ceux qui proposent des réformes, quelles qu'elles soient, de la société, comprend uuf^ foule de systèmes , très divergents entre eux. — Les uns, bien analysés, contiennent seulement des réclamations énergiques de rindividualisme. Les autres substituent, à l'individualisme des particuliers, celui des nations, dont les intérêts rivaux demeurent hostiles. — La plupart, dès leur apparition, sont devenus les drapeaux de tentatives de bouleversements brusques, contraires aux mouvements l'éguliers de la société humaine. — Trop souvent, leurs théories inapplicables ont présenté la contradiction d'une ardente prétention au culte de la charité et de la liberté, et d'une mise en action contraire à la charité et à la liberté.
i Vico , Science nouvelle, — Principes de la philosophie de Vhistoire^ liv. I : des principes.