PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOIR. — UVRE VIL %BB
A plus forte raison, la pensée contraire à Yindimdualisme ne trouve nullement sa traduction dans le mot communisme f qui désigne un des systèmes auxquels nous venons de faire allusion. Ce système s'occupe d'une seule question, savoir, de la constitution de la propriété. Repoussé par des répugnances invincibles, il propose de donner à la nation le domaine de tous les biens, ou au moins de tous les immeubles, en laissant aux individus. la qualité d'usufruitiers ou de fermiers*.
Nous nous plaçons, en ce moment, bien au-dessus de l'horizon où apparaissent les mots socialisme et communisme. — Les systèmes désignés par ces noms ne sont que des projets hasardés de mise en action du premier principe de la science du devoir. C'est ce principe lui-même que nous cherchons : principe qui domine toutes les mises en action que l'on peut proposer.
Pour indiquer une théorie qui voudrait trouver ce principe dans un sens ofiposékYindividualism£y adopterons-nous ce mot : système humanitaire ? ou ce mot : système de la solidarité humaine ?
Le premier n'est qu'un barbarisme obscur.
Le second est mal choisi. — La solidaiité est une moralité juridique, en vertu de laquelle je suis obligé à payer à un créancier commun votre part d'une dette
* Warnkœnig {Doctrina juris philosophica, cap. VU, § 99) renvoie, sur cette question, à Platon, à Diderot {Code de la nature)^ à Hugo, à Owen, à Rey {Lettres sur le système de la coopération mutuelle et de la commu" nauté de tous les biens),
Comp. Ahrens, Cours de droit naturel^ partie spéciale de la Philosophie du droit, 1" division, 3e partie.
ItO CONSCIENCE Et SCIENCE Dt bEVOlE.
contractée envers lui par votis et par mol (6attf I tous demander ensuite le remboursement de cette ataftce).
— Laissons cette modalité à sa place modeste, dauft un coin dû droit privé satictionnateur, au milieu ésb variétés du cautionnement. C'est ne pas la cdmpfélh dre, que d'en faire TantithèSo de YindividuatisMeé — La présence ou l'absence de solidarité, c^est la présence ou Tabsence d'une garantie accessoire ^ afl^tée li une dette principale déterminée. — La question deWwdividualisme ou du contraire de Vindividualisfrte, c'est la question de la détermination de la dette principale elle-même de Thomme envers la création.
Renonçons à chercher des mots qui n^existent pas.
— Surtout n'en imposons pas de nouveaux. — Bornons -nous à décrire, en périphrases counties, la pensée du troisième et du quatrième système, qtd essaient d'éviter le reproche fait par Vico à Vindividualisme.
Le troisième système cherche le but côllettifà^ l'humanité entière. Il l'aperçoit sur cette terre. 11 invite les individus, pendant leur vie éphémère, à collaborer dans ce but : mais sans leur offrir une compensation suffisante de leurs efforts.
Le quatrième système est concilîâtoiré. Il admet cumulativement un but collectifs et un but individuel. Il croit au perfectionnement de l'espèce en ce monde, à l'immortalité de l'individu dans un autre. Il tente la combinaison de ces deux intérêts sacrés. D'après cette combinaison , l'individu doit le dévouement à l'accomplissement de la mission glorieuse confiée à Fespèce : et il attend, pour récompense, une vie