‹ Conscience et science du devoirChapitre 16 sur 331 · PARTIE IV. — 8GIENCB DU DEVOIR. — LIVRE L · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — 8GIENCB DU DEVOIR. — LIVRE L

tecteur de la famille, et seulement dans les premières années de leur vie, jusqu'au moment où ils pouvaient pourvoir, par leurs propres forces, à leurs besoins.

Pour les partisans de ce système, l'état naturel de l'homme est la solitude. La société n'a été qu'un accident funeste. Cet accident, comment est-il arrivé? Par le résultat de la force, ou par celui de l'erreur. Tantôt, soit par l'usurpation violente, soit par la fraude habile, certains ambitieux ont soumis à leur domination le vulgaire subjugué ou séduit. Tantôt l'erreur des hommes, espérant trouver le mieux dans une réunion imprudente, a produit des conventions spontanées : conventions irréfléchies, soit entre un peuple docile et un despote investi d'une autorité suprême ; soit entre un peuple mieux avisé et un chef constitutionnel accepté à certaines conditions; soit entre les membres d'une nation, souverains individuels stipu* lant entre eux, par le contrat social, les conditions de leur réunion dans un but commun.

407. 2® SYSTÈME. — Croyance à l'existence (ïun état anté'Social malheureux. — Affirmation de /'urilité de Vétat social. — Les partisans de ce deuxième système, comme les partisans du premier, croient qu'il a existé un état anté-social ; mais, à leur avis, cet état était fort malheureux. Ils répondent par des faits aux hypothèses. L'observation a interrogé les voyageurs qui ont visité les tribus sauvages, dont l'état se rapproche le plus de celui des hommes isolés tels que les suppose la fiction de l'âge d'or. Et les voyageurs, presque unanimes, lui ont affirmé que, dans l'état social, la condition des classes les plus misérables est cent

fl^ préférable à la dépravation de ces habitants de la terre de Van-Diémen ou de la Nouvelle-Calédonie, « s'égorgeanty sur les restes pourris d'une baleine, « pour s'en disputer les lambeaux ^ » — « Lies philoce sophes, dit Lapeyrouse, se récrieront en vain. Os < font leurs livres au coin du feu, et je voyage de-

« puis trente ans Il est impossible de pénétrer

a dans les bois que Thomme civilisé n'a point éla- <c gués; de traverser les plaines remplies de pierres, « de rochers, et inondées de marais impraticables; « de faire société avec Thomme de la nature, parce ce qu'il est barbare, méchant et fourbe ^. » Ajoutons, avec Bentham, que, dans la supposition d'un état antésocial, l'homme serait au-dessous des animaux. « Il <x n'y aurait, dit cet auteur, pas plus de sécurité pour <( l'homme que pour la brute : et l'homme aurait, de (( plus que la brute, la prévoyance du mal et le sen- « timent de l'insécurité. ))

Béni soit donc l'accident heureux qui a créé la société ! s'écrient les partisans du second système. Cet accident a été le seul remède efficace contre un état

naturel de guerre et d'extermination — Mais que

parlons -nous d'accident? ajoutent-ils aussitôt. En ]M*ésence de la nécessité de ce remède, pourquoi supposer, pour l'appliquer, une convention ou toute autre cause occasionnelle? Cela est bien superflu. Suivant Bentham, c< fonder la société sur de pareilles

A Comte, Traité de légiglaiiony Ut. IV, ch»|». n.

* Id., ibid.

Les éloges que Mungo-Park a donnés au caractère des nègres de l'Afrique, «M^ Mntredits par la plupart des Toyageura.

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