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PARTIE IV. - SaENGE DU DEVOIR. — UVRE VII. î

qui prennent pour devise chacun pour soi, il faut que des concessions mutuelles se fassent; il faut accorder pour obtenir. En un mot, le moyen d'arriver au but, rétendue de l'assistance, s'exprimera ainsi : Limita-' tion de Vintérêt par l'intérêt lui-même.

Ainsi» voilà régoïsme pratiquant le sacrifice en apparence; au fond, ne proposant qu'un marché à titre onéreux*. Alors il appellera la justice : « la fille de « la nécessité, et la mère de la paix ^. » Il appliquera à la morale ce vers :

« Si Dieu n'existait pas, il faudrait Tinventer! »

664. Mais en admettant, d'une manière générale, le moyen ainsi formulé : Limitation de l'intérêt par fintérêt lui-même y il y a diverses manières de Tentendre. On peut proposer les explications suivantes : 1® Limitation de l'intérêt individuel par l'intérêt de conserver la bienveillance d' autrui; — 2® limitation de l'intérêt individuel par l'intérêt plu^s grand d'àU" trui; — 3® limitation de l'intérêt individuel par l'intérêt général de la nation ; — 4*» limitation de l'intérêt individuel et de l'intérêt de la nation par Vintérêt de l'humanité; — 5» limitation de F intérêt par la dérivation de ses applications.

Enfin, une 6« explication limite l'intérêt, en le qualifiant par l'adjectif bien entendu. Celle-là aboutit à

1 Bentham, Principes du Code pénal, pag. 309. — Âj. Larochefoucauld, Mandeyille, etc. \ Manuel de V histoire de la philosophie, par Tennemann, S 351.

* Bentham, Âristote, Épicure, Aristippe, etc.; Manuel de V histoire de la philosophie, par TennemanD, $ 152.

S7g (XINSCIENGB ET SCIENCE DU DEVOIR.

la désertion complète du système déyeloppé dans oe titre.

Parcourons ces six explications.

665. 1"*® explication. — Limitation de l'intérêt indu viduel par l'intérêt de conserver la bienveillance d'autrui. — Marchander, le plus possible, les concessions à faire à nos semblables : voilà la pensée de cette pre^ mière explication. Elle conseille de procéder hardiment dans la voie de Tégoïsme, tant qu'on n'a pas à craindre la réaction de Tégoïsme d'autrui.

666. Cette doctrine de la couardise inspire le dégoût. Arrière ce lâche conseil : Ne soijez bons que par

pciir! Au surplus, cette première explication est

vague. Enfin, elle prête à mille distinctions. Si la peur est la limite de vos devoirs, vous aurez donc des devoirs différents selon que vous serez en face d'un être robuste et vindicatif, qui ne vous permettra pas d'oser beaucoup, ou en face d'un être faible et débonnaire, qui ne vous opposera qu'une résistance timide?

La sainteté du devoir suppose des sentiments plus nobles, et des principes plus arrêtés.

D'autres formules vont prétendre au double mérite de faire une part plus grande à la bienveillance , et de donner, pour cette part, un calcul plus mathématique .

667. 2^ explication. — Limitation de Vintéi^êt individuelpar l'intérêt plus ffrand d' autrui. — Suivant Bentham, lorsque le législateur, calculateur exact des plaisirs et des .peines, a formé, par leur évaluation, les nombres sur lesquels il doit opérer, il se propose ce problème : Donner aux hommes le pim déplaisirs,

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