‹ Conscience et science du devoirChapitre 165 sur 331 · PARTIE IV. — SCIENCE DD DEVOIR. — UVRE VH · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — SCIENCE DD DEVOIR. — UVRE VH

Dcmibre moindre d'individus, démontrerait-elle davantage le devoir !

678. 4® explication. — Limitation de l'intérêt individuel et de l'intérêt de la majorité dans la nation, par l'intérêt général de l'humanité. — A quoi bon discuter longuement contre les partisans de la 3^ explication donnée au numéro précédent? Il vaut bien mieux prendre les plus intègres et les plus bienveillants d'entre eux en flagrant délit de désertion involontaire de leur système.

Dans la question que nous venons de citer à l'instant, dans la question de l'esclavage. Comte nous affirme qu'Aristote s'est trompé ; que jamais l'esclavage n'a pu et ne peut être conforme à l'intérêt, quel qu'il soit, d'une nation. Et l'auteur démontre, avec une logique entraînante, cette vérité *.

Mais quand même Âristote ne se serait pas entièrement trompé, quand même l'esclavage pourrait répondre à certains intérêts d'une nation, il ne répondrait pas à l'intérêt général de la nation ^ tel que l'entend Comte. Cet auteur définit ainsi la législation : Exposition des lois générales suivaiit lesquelles les peuples prospèrent, dépérissent ou restent stationnaires : mais qu'entend-il par la prospérité, le dépérissement ou Y état stationnaire qu'il suppose? Est-ce seulement la prospérité, le dépérissement ^ Y état statiomiaire au point de vue économique? c'est-à-dire au point de vue de la création et de la distribution de la richesse? Comte proteste de toutes ses forces contre cette sup-

< Traité de Ugislatum, tom. IV.

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position ^ Témoin ce passage remarquable, où Unie la prospérité de la nation romaine, après la chute de Carthage : a Examinez en quoi consistaient les divers « genres de perfectionnement auxquels étaient parce venues les facultés de chacun des individus dont le <K peuple romain était composé. Par une nourriture c abondante et des exercices continuels, les Romains « étaient parvenus à donner à leur force musculaire <x une grande puissance : c'était un genre de perfeo- « tionnement. Mais quelles étaient les opérations a qu'ils avaient appris à leurs organes à exécuter? « Celles qui leur étaient nécessaires pour détruire ou u dépouiller des peuples moins barbares qu'eux. Ils a ne possédaient même pas le genre d'industrie le plus « simple de tous, celui qui consiste à pourvoir à sa c( propre subsistance. C'étaient les Toscans, les -Sici- « liens, les Égyptiens qui leur donnaient du pain. « C'étaient des affranchis ou des esclaves, qui seuls « savaient cultiver les arts dont ils ne pouvaient se « passer. Leurs facultés intellectuelles étaient bien « moins développées encore que leurs organes physi- « quQS. Ils ignoraient les lois les plus simples de la « nature; ils voyaient partout des prodiges, et étaient^ c( sans cesse environnés de terreurs superstitieuses. « Ils n'avaient que la sagacité propre aux anîmam^ € qui vivent de proie; ils savaient tromper ou vaincra « les peuples dont ils avaient résolu la ruine ; mais.

* M. Tillard, cependant, reconnaît qu'on pourrait, à certains égard»-» l'accuser d'avoir eu principalement en vue la prospérité économique. (Atu^^ lyse et classement des divers ordres de lois et de phénomènes moraux et politiques, p. 68.) — M. Tillard, ibid., p. 19, ajoute au mot prospèrent 1^ mot moralement.

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