PARTIE IV. — SGIENGE DU DEVOIR. -* UVRE Vn. S
ment la vie et les éléments de la vie. h^ délassement, smyant Âristote, est aussi nécessaire que le sonuneil. ' Les rayons du soleil comme la fraîcheur de la brise, le mouvement comme le repos, la distraction comme le travail, sont indispensables à l'honmie. Les écarter, c'est écarter la vie elle-même ; c'est la miner c< par « un sacrifice de tous les instants, qui ressemble à (( un suidde *; » c'est admettre, en réalité, ces deux propositions contradictoires : On est blâmable de se donner directement la mort ; on est louable de se la donner indirectement.
Cette contradiction ne peut être acceptée. Ainsi le devoir commandera de limiter cette souffrance qu'on s'impose à soi-même, pour soi-même : si l'on veut ne pas devenir coupable, il faudra que cette souffrance soit bien entendue... Or, nous avons vu l'intérêt bien entendu cesser d'être l'intérêt recherché en lui-même {Voir ci-dessus, n® 677). — Eh bien ! il en est de même de la souffrance. La souffrance bien entendue cesse d'être la souffrance recherchée en elle-même. Le moyen qu'on voudrait formuler n'est plus en elle ; il est dans le principe rationnel qui en règle la limitation. Ce principe, il faut le prendre ailleurs.
685. Jmpossiblilité de trouver un premier prindpe de la science du devoir, dans la recherche absolue de la souffrance quon accepte dans l'intérêt d' autrui. — Etrange contradiction , qui n'a pas, je crois été remarquée ! Si la recherche absolue de la souffrance, acceptée dans l'intérêt d'autrui, est le principe gé-
1 Cousin, le Vrai, le beau^ le bien, ia« leçon.
:m coNsciEifCE et science du devoir.
néral , ce principe général sera de moins en moins réalisable, à mesure qu*un plus grand nombre d'hommes en chercheront Tapplication : il deviendra tout à fait irréalisable, dès que cette application sera le point de mire de Tunanimité.
Démontrons cela. — En face de celui qui se dévoue, ne faut-il pas nécessairement un égoïste, qui accepte ce dévouement? En face de celui qui aspire au ma^ tyre, ne faut-il pas des persécuteurs, pour répondre à l'ardeur de ce vœu? Eh bien! supposons qu'une sainte émulation invite tous les hommes à souffrir, à l'envi, l'un pour l'autre. Qui donc aura le droit de dire à son voisin : c< Je réclame plus grosse part de soufc( franco que toi? Deviens, en me faisant du mal, Tins- (( trument de mon salut, et cesse d'être celui du c( tien? » Personne évidemment! En réclamant cette inégalité privilégiée devant l'expiation , l'égoïsme de Tascète enlèverait à ses frères leur part du ciel. Ce serait dépasser mille fois l'égoïsme du matérialiste brutal , qui confisque seulement, à son profit, la part d'autrui dans les vanités de ce monde.
Alors, en présence de la prétention universelle à la souffrance acceptée dans l'intérêt d'autrui, qu'arrivera-t-il?
Ou bien il faudra qu'il s'établisse un pêle-mêle où chacun, tour-à-tour victime et sacrificateur, fera au prochain, ou recevra de lui, le plus de mal possible, peur accomplir la loi générale de souffrance; et cela mènera à la destruction universelle. .. Ou bien, la prétention universelle à la souffrance acceptée dans l'intérêt d'autrui, deviendra forcément l'inertie générale,