‹ Conscience et science du devoirChapitre 18 sur 331 · STSTËMfi. — Négation de l'existence (Fun · texte numérisé non relu

STSTËMfi. — Négation de l'existence (Fun

* Traité de législation, partie I, chap. xiu. •— AJ. Traité du réeom^ penses.

* Comte, Traité de législation, liv. IV, chap. ix.

Le môine auteur ajoute (liv. III, chap. xiv) : « On évalue à deux lienas < carrées environ le territoire nécessaire à chaque sauvage de TAmérique « septentrionale. Robertson fait observer qu'il faut à une tribu composée de « deux ou trois cents individus, vivant du produit de la chasse, un terrii toire aoBii étendu que celui de quelques-ims des royawnes de l'Europe. •

U CONSCIENCE ET SCIENCE DU DEVOm.

éUU anté^sodal. — Affirmation de la destinatUm de l'homme à l'état social. — Affirmation de la destinor tùm de la société à diriger l'homme tout entier. — - Dans cette opinion, la sociabilité est un caractère essentiel de Tétre humain. Une définition de Thomme qui passerait sous silence ce caractère, serait une définition mauvaise*

La société n'a pas eu besoin, pour s'établir,, du fait d'une convention. Supposer cette convention, c'est tomber dans un cercle vicieux. « La parole, disait « Rousseau, parait avoir été fort nécessaire pour in- « venter la parole ; » Barchou de Penhoen dit de même avec raison : c< La société parait avoir été fort oc nécessaire à l'institution de la société M » En effet, suivant l'observation ingénieuse de M. Laboulaie^, des individus délibérant sur la formation du contrat social sont déjà, par ce fait même, en société.

La société n'a pas eu besoin non plus, pour s'établir, d'une longue méditation des hommes sur son utilité.

La société est un fait primitif; elle a existé de tout temps. Et d'abord, dit-on dans ce sens, nos facultés physiques sont organisées pour nous rapprocher l'mi de l'autre. Le Créateur ne destinait pas la plante à Fétat de société ; aussi il ne lui a pas donné les moyens de se mouvoir et de communiquer par le langage.

1 Estai S une philosophie de Vhistoire.

Jacobi dit dans le même sens : < Toute législation doit être précédée d'une < subordination naturelle; et il est aussi impossible d'établir cette subordic nation par la législation seule, que de parvenir, par la seule aptitude de • la parole, à apprendre à parler. »

• Journal des D^aiM du 5 mai ig54.

PARTIB ïf. — SÊIfilCB DO DEVOIR. — LIVRE L fS

. L'homme, au contraire, a reçu la force locomotive ; de plus les nulle formes de la parole, dont la puissance, représentée par Timage de la lyre d'Âmphion, remuait les pierres et bâtissait les villes ^

Mais que parlons-nous des facultés physiques? Les facultés morales de l'homme sont là pour attester bien mieux, en lui, Texistence de la sociabilité, c S'il « recherche la femme, ce n'est pas pour en obtenir seu- « lement une possession passagère et oublieuse *; x> il s'unit avec elle par le mariage indissoluble. 11 donne à l'eufant l'éducation prolongée que demande le If^nt développement de sa raison. Et quand cette éducation est consommée, quand l'enfant n'a plus besoin du père, quel est l'enfant qui ne connaît plus son père? le père qui ne connaît plus lenfant? En un mot, l'homme ne se conçoit que comme membre d'une famille. — Puis ses affections s'étendent au-delà de ce cercle. Tout commerce avec ses semblables est ^n plus grand plaisir : sa plus grande douleur est la privation de ce commerce. « Vœ soli ! » dit éloquenunent l'Ëcriture. Quand le système d'emprisonnement qu'on appelle pénitentiaire, pousse à l'extrême l'isolement du prisonnier, la mort ou la folie en sont souvent la conséquence.

Eh quoi! appeler en aide des acddents, pour expliquer l'établissement de la société! Quelle puérilité! La société s'est fondée toute seule; voici comment : Une famille s'est établie sur un point du globe (si,

< « Moderatio vods, orationis vis, conciliatrix est bumanœ maxime so- « detads. » (Cic, De legib.)

* Roairi, Traiti de droit pénal.

U GOHSGENOI ET saBNCB DU IMSVOIlt

conformânent aux traditions Inbliques» il n'y a eu qu'une swle race primitive, qui s'est ensuite subdivisée' ); ou bien plusieurs familles se sont établies sur plusieurs points différents du globe (si Ton préfiàre l'opinion qui admet plusieurs races primitives). — - Cette famille unique, ou chacuoe de ces familles, a oouv^ de ses tentes et de ses troupeaux un terrain. Ce terrain est devenu trop étroit pour la subsistance de la famille, quand elle s'est augmentée. Alors la souche a étendu, aux environs, des rejetons qui sont devenus des familles nouvelles. L'alliance d'un certain nombre de familles est devenue tribu ; l'alliance des tribus a fondé la nation. Ainsi est survenue la formation réfléchie de la société, après la formation instinctive qui se trouve dans la famille^. — Enfin, quand la nation est devenue trop considérable, elle s'est arrêtée dans son développement, pour former diverses nations par ses démembrements. « La « terre, comme dit Montesquieu, étant une si grande. (I planète, qu'il est nécessaire qu'il y ait différents « peuples '. »

Voilà les faits exactement analysés. Ainsi, le sentiment universel * a montré à l'homme la société conune

* H» famille Noe Juxta populos et nationes suas. Ab his diyis» sont « gentes in terra post diluYium. {Genèse, ch&p. x, S S, vers. 32.)

* Erat autem terra labii unius, et sermonum eorumdem. »

(Ibid., cbap. xi, § 1, vers. 1.)

* Ahrens, Cours de droit naturel, partie générale, chap. il

' Il n'existe pas de pouvoir modérateur, supérieur aux nations, chargé de faire sur ce globe le partage des terres entre elles. L'origine de la distinction des nations est donc chose de fait, et non de droit.

* Que quelques hommes, usant de leur libre arbitre, aillent vivre dans les bols! Que quelques peuplades sauvages aient résisté jusqu'à présent à

PARTIB IV. --» flCIBIfGB DU DEVOIR. — UVRB I. il*

séoessaire à sa vie intdligente, autant que Tair est nécessaire à sa respiratiou. Il est temps d'effacer les phrases banales qui représentent notre liberté comme restreinte par Tétat social? C'est notre liberté réalisée, étendue^ augmentée^ garantie qu'il faut dire ^ ! Nous ne pourrions contredire la vocation qui nous appelle à Fétat de société^ sans commettre un abus monstrueux de cette liberté^ sans faire, à l'égard de notre être per* fectible, ce que le suicide est à notre être physique.

C'est ainsi que, dans ce troisième système^ on affirme la destiDatioD de l'homme à l'état social ; sauf à exagérer les conséquences de cette vérité, en affirmant, en outre, la destination de la société à diriger Thomme tout entier.

409. 4® SYSTÈME. — Négation de V existence d'un état anté'Sodal. — Affirmation de la destination de l'homme à l'état social. — Négation, au moins provi' soire, de la destination de la société à diriger l'homrae tout entier. — Ce système, que nous adopterons, se confond avec le troisième en tant qu'il admet toutes les preuves, données par celui-ci, du caractère essentiellement sociable de Thomme. Mais il n'admet pas que ce caractère sociable, du moins dans l'état d'imperfection actuelle de^a société, doive aboutir à la con*

ia dyilisation ! Qu'importe? < Combien d'honmies n'y a-t-û pas dont Tint telligence n'est pas développée, dont la moralité est plus que douteuse!

< Est-ce à dire que le principe de l'intelligence et celui de la moralité ne « sont pas dans l'homme, et que l*honune n'a pas l'obligation de les cul-

< tiver? Quelques centaines de traînards prouvent-ils contre la discipline et « la bravoure d'une armée? »

(Rossi, Traité de droit pénal, liv. I, cbap. xn.)

i Dunoyer, cité par Roussel, Encyclopédie du droit, section i'*, chap. i« SI

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ET SCnSNGB DÛ DEVOIR.

flscation complète du droit de Tindividu de se diriger lui-même. Nous nous bornerons à donner ici cette for^ mule de sa pensée. Le commentaire viendra plus loin, dans le livre suivant.

410. En effet, tout ce que nous voulons faire entrevoir en ce moment, c'est qu'avant de prononcer le mot science du devoir j il faut avoir pris parti entre les quatre systèmes proposés dans ce litre : il faut affirmer ou nier la sociabilité de Thomme, et, si on l'affirme, il faut avoir mesuré l'étendue de ce caractère de l'être humain. — Âdmet-on le premier système? Le droit disparaît; il ne reste que la morale. — Âdmet-on le deuxième ou le troisième? La morale dispai*att; il ne reste que le droit. — Dans le quatrième seulement, la coexistence de la morale et du droit se présente comme une idée acceptable par la raison .

Nous reviendrons bientôt sur la démonstration de ces propositions.

TITRE IV

RAPPORTS SPÉCIAUX DE LA SCIENCE DU DEVOIR AVEC LA QUESTION DE L'IMMORTAUTÉ DE L*AME.

• Philosopher, c*est apprendre à mourir. »

(SOCRÀTB.)

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