PARTIE IV* ^ SCIENCE DU DEVOIR, -« UVRE VII. 8S
et le mariage, entre Toisiveté contemplative et le la* beur actif, peut-on choisir indifféremment , en con* , SUltant uniquement la fantaisie?. ... Peut*on s'abstenir de voter dans une élection?.... Ces questions, et mille autres, seront résolues diversement par les différents systèmes philosophiques.
726. Suivons surtout les conséquences opposées de ces systèmes, dans certaines circonstances graves où, sous l'empire d'une contrainte morale, on est réduit à choisir entre deux actions bonnes qu'on voudrait faire toutes deux, ou entre deux actions mauvaises qu'on voudrait éviter toutes deux.
Dans cette alternative, nous avons réservé, au n® 268, une question en ces termes : « Ce qui est bien a ou mal quand on le fait librement, est-ïl bien ou « mal quand on le fait sous l'empire d'une contrainte a morale ? »
La réponse (déjà donnée incidemment au n^^ 334) est dans ce conseil de Cicéron : « Contra ofjîcium est « maju^ non anteponi minori ^ • » Des deux actions bonnes, qu'on ne peut exécuter en même temps, on devra choisir la meilleure. Des deux actions mauvaises, qu'on ne peut éviter en même temps, on devra choisir la moins mauvaise.
Occupons-nous surtout de ce dernier cas.
Quelle est l'action pire? Quelle est l'action la moins mauvaise? Sur ce point, souvent grands débats. Nous avons proposé des cas difficiles aux partisans de l'inspiration infaillible attribuée à la conscience : et nous
« De ûfficiis.
SS6 G0N8CIBNGE ET SCIENCE DD DEVOUt
les avons mis en demeure de se dédder, dans beaucoup d'hypothèses éuumérées au tome I {n^ 335). — Or, nous avons vu les consciences les plus pures et les plus éclairées en désaccord. Nous en avons conclu que la question de ce choix est une question de sdence du devoir. Aussi (à la fin du n"" 33S), nous avons renvoyé à notre second volume la réponse de la sdence sur ce point.
Donnons cette réponse, en reprenant quelques-uns des exemples proposés dans ce n9 335. — Montrons que nos quatre philosophes, mis en présence du même cas de conscience, choisiront différemment, entre deux actions mauvaises, celle qu'ils jugeront la moins mauvaise.
l^** exemple. — Un homme est placé dans cette alternative : tuer, ou se laisser tuer. — Menacé de la mort, soit par un bandit, soit par un agent de la force publique, en vertu d'une condamnation légale, méritée ou non, le matérialiste stationnaire s'attribuera, sans distinction, le droit de tuer pour sauver sa vie, c'est-àdire pour sauver son être tout entier. — Le matérialiste progressif acceptera peut-être la sentence de mort méritée, prononcée par les juges, mais il repoussera au besoin, par l'homicide, toute attaque injuste, quelle qu'elle soit, dirigée contre sa. vie. — Le spiritualiste ascète, remerciant Dieu de lui envoyer une souffrance de plus pour finir son épreuve, tendra la gorge au poignard du meurtrier, comme au glaive des lois. — Le spiritualiste progressif, condamné comme Socrate, boira la ciguë. Attaqué par un autre homme, il acceptera la mort, ou la donnera, selon qu'il regardera,