‹ Conscience et science du devoirChapitre 20 sur 331 · PARTIE IV. — 8GIBIICB INJ DBTOUL — UTRE L M · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — 8GIBIICB INJ DBTOUL — UTRE L M

Le corps seul existe, disent des philosophes. Seul il tombe sous Tobservation des sens extérieurs. La faculté de penser est une propriété de ce corps, destinée à cesser avec lui; ainsi le mouvement qui soulève la poitrine s'arrête au moment de la mort.

Par le sens intime, répondent d'autres philosophes, non seulement nous apercevons Tàme^ mais u nous Face percevons plus intérieurement que le corps. » Bossuet Ta dit avec Platon, Descartes et Leibnitz: fc Nous connaissons beaucoup plus de choses de notre « âme que de notre corps ^ » Â tout instant, si nous nous prenions sur le fait, nous nous surprendrions occupés à regarder en cette âme. Puis, en nous réveillant de cette méditation , nous éprouverions ce phénomène, si bien décrit par Benjamin Constant ^ : « Quand nous sortons de cette rêverie, et nous lais- « sons reprendre par les intérêts qui nous agitent, c nous nous sentons comme descendus d'un lieu élevé c( dans une atmosphère plus dense et moins pure; <x et nous avons besoin de nous faire violence, pour ce reprendre ce que nous nommons la réalité. » — Le raisonnement vient confirmer, à son tour, l'attestation donnée par le sens intime de l'existence d'un élément immatériel. Il demande «comment, si nous « sommes tout matière, nous pouvons concevoir un a esprit pur? Et comment nous avons pu seulement (( inventer ce nom ^? » Il ajoute que, pour mettre

> De la Connaissance de Dieu, chap. m, S 22. * Delà Religion, liv. I, chap. i.

> Eloasuet.

« L'eq;>rit a droit, puisqu'il a conscience de lui-môme, de se distinguer

3S GONSGIEMZ ET SGISliGB DU DEVOnL

d'accord les organes complexes qui nous sont dœuiés, il faut un être simple , distinct de ses instruments multipliés '. — Enfin Tobservation extérieure ellemême apporte des Faits à Tappui de cette thèse; elle cite les actes de dévouement des hommes qui ont accepté la souffrance, bien plus, qui se sont euxmêmes donné la mort pour h triomphe d'une idée généreuse... Est-ce donc la matière qui pourrait mépriser et détruire ainsi la matière? Ce mépris et cette destruction n'attestent-ils pas la présence d'un priur dpe supérieur à elle, exerçant sur elle une influence directe (quoi qu'en aient dit Descartes, Mallebrandie, Cudworth et Leibnitz)? Et ne faut-il pas accepter cette conclusion tirée par Pascal : « C'est la pensée a qui fait l'être de l'homme, et sans quoi on ne peut « le concevoir. Toute notre dignité consiste dans la ce pensée. C'est de là qu'il faut nous relever; non de c( l'espace et de la durée, que nous ne saurions rem- « plir^. »

« immédiatement de ce qui n'est pas lui ; et il n*y a pas appel de ce Jnge- « ment. > (Bénard, Précis de philosophie^ Psychologie, chap. yiu.)

1 On connaît l'argument de Bayle, ainsi analysé par Laromiguière : « Une substance ne peut comparer qu'elle n'ait deux sentiments distincts, « ou deux idées à la fois. Si la substance est étendue et composée de par- « ties, ne fût-ce que de deux, où placerez-vous les deux idées? Seront-elles « toutes deux dans chaque partie, ou l'une dans une partie et l'autre dans « l'autre? Choisissez, il n'y a pas de milieu. Si les deux idées sont sépa- « rées, la comparaison est impossible. Si elles sont réunies dans chaque « partie, il y a deux comparaisons à la fois, deux substances, deux mot; « mille, si vous supposez l'âme composée de mille parties. >

* « Animorum nulla in terris origo inveniri potest Nihil enim est in « animis mixtum, atque concretum, aut quod ex terra natum atque fictmr « esse videatur; nihil ne aut humidum quidem, aut flabile, aut igneum. « His enim in naturis nihil inest quod vim mémorise, mentis, cogitationit « habeat; quod et prseterita teneat et futura provideat, et complecti posait c prtesentia. Quss sola divina sunt; nec invenietur unquam unde ad homi- « nem venire possint, nisi a Deo. « (Cic, TusetU,, lib. I, cap. xyii )

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