‹ Conscience et science du devoirChapitre 22 sur 331 · PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOIR. — UVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOIR. — UVRE I

a miue sa pensée ! ajoute Pascal : il la trouvera toujours « occupée au passé et à l'avenir. Nous ne pensons c< presque point au présent ; et si nous y pensons, c^ c< n'est que pour en prendre des lumières pour dispo- « ser de l'avenir. Le présent n'est jamais notre but. a Le passé et le présent sont nos moyens. Le seul avei< nîr est notre objet. Ainsi nous ne vivons jamais^ a mais nom espérons de vivre* » Voilà ce que nous dit le sens intime. Et l'autorité générale confirme par toutes les reliions, toutes les traditions, tous les chants des poètes , Fexistence universelle de ce besoin d'immortalité qui nous dévore.

Enfin, pour démontrer notre destination à cette immortalité, le raisonnement multiplie ses efforts.

Voici venir, en premier lieu, l'argument religieux, tiré des causes finales, et de la confiance dans un Dieu de bonté. Ce Dieu a-t-il pu créer la douleur pour la douleur même? A-t-il pu dire à la mort : « Tu seras « le but de la vie sur terre?» A-t-il pu dire à l'homme : « Je te donne des facultés pour espérer énergique- « ment ce qui ne passe pas ; et ces facultés n'auront « d'autre application que de te tromper, et de te faire oc souffrir *? » — «Toute chose a sa fin, dit un auteur. (( Ce principe est aussi absolu que celui qui rapporte a tout événement à une cause. L'homme a donc une « fin. Cette fin se révèle dans toutes ses pensées, « dans toutes ses démarches, dans tous ses sentiments, « dans toute sa vie. Quoi qu'il fasse, quoi qu'il sente,

* t Nous nous disposons toujours à être heureux ; il est indubitable que < nous ne le serons jamais, si nous n'aspirons à une autre béatitude qu'à « celle dont on peut jouir en cette vie. » (Pascal, Pensées,)

« quoi qu'il pense, il pense à Finfini» il aime Finfini, a il tend à Tinfini. Ce besoia de Finfini est le grand ce mobile de la curiosité scientifique^ le principe de c< toutes les découvertes. L'amour aussi ne s'arrête

« que là Enfin, comme la pensée et Famour,

« Factiyité humaine est sans limites.... L'homme est « en marche vers Finfîni. Il le conçoit, il le sent, il le c( porte pour ainsi dire en lui-même : conmient sa fin « serait-elle ailleurs*?.,. »

A côté de l'argument religieux^ se place Fargument moral. Nous avons reconnu, dans notre premier volume (n®* 209 à 224), que le premier principe du devoir a deux aspects inséparables : que la formule assistance due par tout être à tout être comprend à la fois !• la détermination du devoir ^ 2** sa sanction. La sanction, c'est la récompense du bien, la punition du mal. Cette récompense, cette punition sont-elles exactement mesurées sur cette terre? L'observation démontre la négative. Donc, ou Dieu serait injuste, ou il faut qu'il répat*e ailleurs les injustices qui laissent trop souvent, ici-bas, le mal sans punition et le bien sans récompense.

Subsidiaircment , après Fai^ument religieux et Fargument moral, vient Fargument métaphysique. Il nous avertit que le mot anéantissement n'a pas de sens. Ce mot, appliqué aux corps, n'exprime que l'idée

* Cousin, Le Vrai^ le beau, le bien,

« Singularis est igitur quœdam natura, atque vis animi, sejuncta ab « his usitatis notisque naturis. Ita quidquid est illud quod sentit, quod « sapit, quod vivit, quod viget, cœleste et divinum, ob eamque rem setert nam sit, necesse est. • Cic, TuscuL)

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