PARTIE IV. — SCIENCE DD DEVOIR. — UVRE L
d'une transformation continuelle. « Chaque corps est a à peu près comme un fleuve qui change toujours (( d'eau ; ou comme le navire de Tliésée, que les Âthé- € niens réparaient toujours ^ » Â plus forte raison ne comprend-on pas le mot anéantissement, appliqué à la substance simple et intelligente.
414. Nous ne faisons que résumer la discussion du problème de Fimmorl alité de Tàme. Nous n'avions à Taborder que pour démontrer Tinfluence préjudicielle de sa solution sur la science du devoir. — Dieu nous garde de prétendre que le matérialisme intelligent soit incompatible avec lexistence d'un commencement de morale! disons mieux, avec une certaine pureté de cette morale ! On peut partager équitablement des biens viagers, comme des biens perpétuels. — Mais pourtant le devoir n'étant que le moyen, pour l'homme, d'arriver h son but, on conçoit que le moyen ne peut être le même pour celui qui envisage le but
* Leibnitz, Nouveaux Essais mr V entendement humain.
Voir aussi les ouvrages du même philosophe, intitulés : Mentis humanœ immortalitas coniinuo sortie demonstrata ; Confessio naiurœ contra atheistas: Considérations sur la doctrine d'un esprit universel; Principia philosophiœ, thèses in gratiam prindpis Eugenii.
 tout instant Leibnitz revient sur cette idée. Dans VEpisiola de rébus phihsophicis, il dit : « Verisimile arbitrer non tantum animam, sed et ani- « mal interitus expers; nec aliud esse mortem quam involutionem dimi- « nutivam, quemadmodum generationem esse evolutionem augmentativam « Jam multis doctis vins placet. »
Dans le développement de son système sur Tharmonie préétablie, il con. finne cette théorie, en citant les philosophes indiqués par Aristote : « Ces « anciens, dit-il, étaient plus solides qu*on ne croit. » Et il s*appuie d*un livre attribué à Hippocrate, disant, en termes exprès, que les animaux ne naissent et ne meurent point, et que les choses que Von croit commencer et périr ne font que paraître et disparaître,
« Il n*y a point métempsychose^ dit-il encore ailleurs, mais il y a mé- « tamarphose, >
restreint et rapproché dans une vie d'un jour, et pour celui qui le voit glorieux et éloigné dans Timmensité. Force est donc de choisir entre les deux buts, avant de chercher les moyens, nécessairement différents, d'atteindre l'un ou l'autre.
415. Si l'existence ou l'inexistence de l'immortalité est préjudicielle à la question du devoir, il n'en est pas de même des controverses sur la nature de l'immortalité. — «Pour faire mon chemin.... un aperçu « quant au passé, un pressentiment quant à l'avenir, « sont tout ce que demande le gouvernement de notre « existence présente *. »
Ainsi donc que d'autres recherchent si les âmes sont ou non des anges déchus? Si elles sont ou non des particules de Dieu? Si elles ont été créées en une fois, ou si elles sont créées successivement ? Pourquoi elles ne font parfois que passer inaperçues, dans la personne de l'enfant qui meurt à la mamelle?... Que d'autres se demandent si l'immortalité^, réservée aux âmes, leur donnera , en une fois , punition et récompense définitives ? Ou si une bonté infinie, qui ne peut connaître la lassitude, les soumettra à des épreuves nouvelles? Pour donner à celles qui ont déjà bien mérité, la possibilité de monter à une élévation plus grande ? Pour laisser à celles qui ont démérité, l'espoir d'une réhabilitation^?
> J. Reynaud, Terre et Ciel, pag. 101.
< Id., ibid., possim.
' Id., ibid. —Nous sommes incompétents pour traiter ces grandes questions. Mais, nous Tavouons, nous désirons bien vivement que la riche éru-