Autre observation
Nous contenterons-nous d'avoir indiqué notre division quadripartite du droit, en droit national, droit des gens, droit international fédéral, et droit intematio* nal proprement dit, en la tirant seulement du point de vue des sujets entre lesquels existent des rapports de droit ?
A notre avis, ce serait dire peu de chose.
Montrer les sujets d'un rapport, c'est commencer seulement la description de ce rapport.
Pour continuer cette description, il reste une seconde chose à faire, savoir : ajouter la description de la nature du rapport. Ainsi quand je dis r Je suis en rapport avec vou^, qu'ai-je expliqué? Rien . Il me reste à faire comprendre si je suis en rapport physique (je vous vois, je vous entends), ou en rapport d'affection {je vous aime), ou en rapport de droit {je suis obligé envers vous), etc.
Pour achever la description, il reste encore une troisième chose à faire, savoir : ajouter la description de l'objet du rapport, pour distinguer cet objet des objets de rapports d'autre nature. Ainsi quand j'ai dit : Je suis obligé envers vousy il me reste à expliquer à quoi je suis obligé.
En conséquence » sous rappereoce d'une division tirée des sujets des rapports^ la division du droit en droit national, droit êes gens, droit international fédéral, et droit international proprement dit, édà
cacher une division tirée du point de vue de la nature et de V objet des rapports. — Sinon elle serait entièrement creuse.
 notre avis, elle cache cette division.
765. Sans doute, tous les rapports de devoir entre les honunes (nous Favons vu) constituent ou doivent constituer une association ^ pour la recherche dévouée du perfectionnement. — Mais cette association est plus ou moins confiante, selon qu'elle réunit les membres d'une même nation entre eux, ou une nation avec les membres d'une autre, ou des nations fédérées entre elles , ou des nations non fédérées.
Quand l'association se montre comme réunissant les membres d'une même nation , elle concilie des intérêts individuels qui peuvent être en partie divergents, mais dont aucun du moins ne peut avoir, pour point de mire, la destruction de la nation elle-même.
Lorsque, au contraire, l'association se montre comme réglant les rapports des nations avec les membres des autres nations, ou avec les autres nations considérées comme des êtres collectifs ^ il faut qu'elle concilie des rivalités jalouses, des désirs d'indépendance, des intérêts de commerce, etc., mille sentiments hostiles, qui peuvent être tellement exclusifs, soit en réalité, soit par l'effet d'une erreur aveugle, qu'ils ne tendent à rien moins qu'à la destruction totale de l'individualité d'une nation, au profit de l'ambition d'une autre.
En conséquence, chaque nation^ après avoir déterminé d'abord son droit national, se pose les questions suivantes :