‹ Conscience et science du devoirChapitre 223 sur 331 · PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOIR. — LIVRE Vni · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOIR. — LIVRE Vni

!• La détermination du juste et de l'injuste, établie par le droit national ^ devra-t-elle régler, sans modifications, les rapports de la nation et des membres de la nation avec les membres des nations étrangères ?

2^ Devra-t-elle régler, sans modifications, les rapports entre la nation et les nations fédérées avec elle ?

3^ Devra-t-elle régler, sans modifications, les rapports entre la nation et les nations non fédérées avec elle ?

A tort. ou à raison, la réponse à ces trois questions a toujours été plus ou moins négative.

La raison en est dans une défiance qui a ses degrés.

On conçoit que la défiance d'une nation, contre les individus étrangers qui viennent lui demander l'hospitalité, doit être moins forte que sa défiance contre les nations considérées collectivement. On conçoit aussi que la défiance d'une nation doit être moins grande à l'égard d'une nation fédérée avec elle, qu'à l'égard des nations non fédérées avec elle.

En conséquence, et jusqu'à une époque ultérieure de civilisation plus avancée, on peut définir ainsi la nature des rapports réglés par les quatre branches de la division du droit que nous expliquons :

1« Le rapport réglé par le droit national entre une nation et ses membres, et entre ses membres considérés entre eux, est le rapport de droits et de devoirs entre associés, unis par l'intérêt commun de la na^ tion.

2°, Z^ IL^, Le rapport réglé entre une nation et les individus membres d'une autre nation, par le droit des gens^ et entre nations par le droit interna-

twnal fédéral, ou par le droit intemaiumal propre' ment dit, c'est le rapport de droits et de devoirs entité associés unis pour l'intérêt commun de l'humanité, mais divisés par certains intérêts spéciaux de notionalitéy dont les exigences momentanées peuvent être plus ou moins considérables.

766. Mais ces intérêts tendent à se rapprocher. Les luttes qu'ils établissaient disparaissent peu à peu ; la défiance qu'ils inspiraient aux peuples entre eux fait place à plus de sympathie. — Aussi les règles du droit natio7ialy du droit des gens, du droit international fédéral et du droit international proprement dit paraissent s'avancer successivement vers un état d'harmonie qui fait entrevoir l'identité !

767. Autrefois, quand un membre d'une naticm venait sur le territoire d'une autre nation, non pas pour s'y faire naturaliser, mais pour demander une hospitalité momentanée, pour y passer en s'instruisant par les voyages, pour y résider même en y faisant

le commerce, en y contractant mariage cette

hospitalité était peu fraternelle. Sans doute il était raisonnable que l'étranger, en franchissant la frontière du pays où il entrait, se soumit au devoir de n'y point troubler l'ordre Mais fallait-il lui imposer des dévoilas bien plus pénibles, lui donner des droits bien moins étendus qu'aux nationaux? Sur ce point, l'histoire nous montre, dans les siècles précédents, au lieu de la charité, une sorte de haine passionnée^ présidant à la réglementation des rapports de chaque peuple avec les étrangers.

En paix comme en guerre, un étranger, c'était

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