‹ Conscience et science du devoirChapitre 225 sur 331 · PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOIR. — UVRE VID · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOIR. — UVRE VID

<x que le meurtre pur et simple ^ » Ainsi se trouyerait réalisé le projet conçu par Henri IV, projet si diversement jugé par les historiens : « . . .11 désirait réunir si « parfaitement toute la chrétienté, dit Hardouin de c< Péréfixe, que ce ne fût qu'un corps qui eût été et se « fût appelé la République chrétienne. Pour cet effet, il « avait déterminé de la partager en quinze dominai( tiens ou États, qui fussent, le plus qu'il se pourrait, c< d'égale force et puissance, et dont les limites fussent « si bien spécifiées par le consentement universel de « toutes les quinze, qu'aucune ne les pût outrepasser. •• « Pour régler tous les différends qui fussent nés entre Ci les confédérés, et les vider sans voie de fait, on eût «c établi un ordre et forme de procéder par un conseil c général composé de soixante personnes, quatre de « la part de chaque domination ; lequel on eût placé a dans quelque ville au milieu de l'Europe, comme « Metz, Nancy, Cologne ou autre... Par l'avis de ce ce conseil général, qu'on eût pu appeler le sénat de la « République chrétienne, on eût établi un ordre et un c règlement entre les souverains et les sujets ; pour a empêcher, d'un côté, l'oppression et la tyrannie des ce princes, et de l'autre les plaintes et les rébellions a des sujets^. »

769. Enfin, parlons en dernier lieu du droit international proprement dit. — Ce droit aurait dû être régi, de tout temps, par les mêmes principes qui s'appli-

' Lamennais, Discussions critiques.

* Voir Hardouin de Péréfixe, sur Tannée 1509. — Thémis^ tom. V, p. 174. -^ Barreau français, Élie de Beaumont, aflfaire Béresford. — Mémoires de Sully.

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quent à toutes les autres branches de la distinction du bien et du mal. La charité aurait dû Tinspii^er. Gomme le dit éloquemment ravocat Ëlie de Beaumont, dans raflaireBéresfordJa maxime de l'Évangile, « Omnk H quœcumque vultis ut faciant vobis homines^ et vos « facile illis^, )) devrait être la règle des rapports mutuels des nations, comme de ceux des individus.

Hélas ! l'espèce humaine est restée bien longtemps rebelle à cette idée. Ce que, dans les premiers temps de l'existence des hommes, un peuple réservait aux peuples voisins, s'il était plus fort qu'eux, c'était le massacre et l'extermination.

Plus tard^ une amélioration s'introduisit : ce fut l'établissement de l'esclavage. On disait à Tennemi abattu sur le champ de bataille : Je pourrais te tuer; je te laisse la vie, mais je te prends ta liberté. Raisonnement insuffisant au moment précis où on le faisait, puisque, l'ennemi abattu ne pouvant plus nuire, on n'avait plus le droit de le tuer... Raisonnement un peu acceptable toutefois, en ce sens, qu'en rendant la liberté à cet ennemi par un traité, on lui rendait le pouvoir de nuire, parce qu'il y ayait peu à espérer, dans ces temps de mœurs farouches, qu'il observerait la foi de ce traité... En dernière analyse, raisonnement qui du moins signalait un progrès : commencement d'hésitation dans la pratique de l'homicide !

D'autres progrès plus notables ont eu lieu. Montesquieu ^ dit « que nous devons au christianisme, dans

* Saint Matthieu, chap. vu, § 2, vers. 12.

• Esprit des lois^ liv. XXIV, chap. m.

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