‹ Conscience et science du devoirChapitre 277 sur 331 · PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOIR. — LIVRE X. 4SI · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOIR. — LIVRE X. 4SI

D'autre part, des développements multipliés outre mesure, dans une foule d'articles, sur quelques détails d'un intérêt 1res subordonné.

864. Que va faire l'interprète chargé d'expliquer les lois, en présence des circonstances mentionnées dans les deux nP^ précédents?

N'y a-t-il à expliquer qu'un droit non écrit?... ou des lois éparses, non réunies en code?... Il faut, de toute nécessité, recourir à la méthode indépendante.

S'agit-il d'expliquer des codes dont l'ordre est critiquable? On aperçoit la possibilité de préférer la

méthode indépendante à la méthode exégétique.

865. Â propos de la comparaison de la méthode exégétique et de la méthode indépendante, il y a, dans les esprits, de singulières préoccupations.

Beaucoup de personnes identifient la méthode exé^ gétique avec Yanalyse, et la méthode indépendante avec la synthèse» — C'est tomber dans une erreur aussi forle que celle qui, par l'emploi des mots méthode historique et méthode philosophique {Voy. cidessus, n®* 600 et 601), prend les objets d'enseignement pour les méthodes d'enseignement.

Gardons-nous d'agrandir, d'une manière aussi étourdie, le cercle du débat entre la méthode exégétique et la méthode indépendante.

Qu'un professeur suive l'ordre des articles d'un code pour les expliquer, ou qu'il préfère ranger ces articles au gré d'un ordre qu'il croira plus rationnel, dans lun et l'autre cas ( s'il ne veut pas rétrograder à l'hypothèse), on peut le metlre au défi de ne pas employer les deux moyens logiques appelés Vanalyse

43i CONSCIENCE ET SCIENCE DU DEVOItL

et la synthèse : V analyse y démonstration ascendante, qui, partant de la proposition à démontrer, et en examinant att( ntivement les termes, remonte à quelque vérité générale, qui sert de principe : la synthèse^ démonstration descendante, qui, partant de la vérité principe, arrive, par une série de conséquences , à faire voir Fexactilude ou la fausseté de la proposition eu question * .

(( La science, dit Roussel ^, a besoin de la synthèse ce dès le commencement, et de l'analyse jusqu^à la c( fin. »

N'exagérons rien ! Le débat, entre la méthode exégétique et la méthode indépendante, ne porte que sur le classement des articles à étudier. Voilà tout

866. Même en ce qui concerne ce classement,'comprenons bien que les deux méthodes ne sont que des moyens d'arriver au même but.

Les partisans sérieux de la méthode exégétique, comme les i)arlisans sérieux de la méthode indépenpendante, se proposent égalenîcnt, pour terme de leurs travaux, de retenir dans leur esprit la combinaison de toutes les dispositions des lois qu'ils étudient. Tous veulent faire cette combinaison par un certain travail intérieur, qui sera l'œuvre propre de leur intelligence.

Mais c'est quand il s'agit d'initier les lecteurs ou les élèves ignorants aux éléments de la science, que ceux qui enseignent ne sont pas d'accord sur le meil-

* Bénard, Précis de philosophie (Logique, ch. iv, et supplément, n" 19). s Encyclopédie du droity Discours préliminaire.

Page 1