‹ Conscience et science du devoirChapitre 279 sur 331 · PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOIR. — LIVRE X · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOIR. — LIVRE X

dans la révolution du dernier siècle, furent rétablies en 1804, l'enseignement du droit romain se contenta d'abord de quelques anciens abrégés dogmatiques sans valeur, qui laissaient trop les textes dans l'ombre.

Pour lutter contre cette décadence des études» une école de jurisconsultes^ reprenant dans leur base les travaux sérieux *, voulut, par Fexégèse, ramener les esprits à l'investigation des textes trop oubliés. Elle voulut les engager, surtout, à explorer les textes nouvellement découverts, par exemple ceux des Institutes de Gaius, retrouvées en 1816. Ce mouvement fut utile pour réveiller, à cette époque, le droit romain endormi.

n s'étendit dans la même direction^ et par l'efTort des mêmes hommes, au droit français.

Quant aux ouvrages rédigés par les auteurs, ils ne s'astreignent pas, comme les leçons de la plupart des professeurs, à suivre, sans y rien changer, Tordre des articles de la loi. Mais pourtant il faut dire qu'ils copient du moins les divisions principales des codes. Aussi, quand même ces ouvrages prennent le nom de traités y ce sont le plus souvent des commentaires déguisés ^.

868. Si, dans notre enseignement oral comme dans nos publications, nous préférons la méthode indé' pendante f ce n'est pas pour faire autrement que nos

^ MM. Ducaurroy, Demante, Blondeau, Jourdan, etc.

* Citons toutefois, comme s'éloignant entièrement de la méthode exé' gétique, l'ouvrage remarquable d*un jurisconsulte allemand, Zachariœ, traduit en français par MM. Aubry et Rau, professeurs à Strasbourg.

456 CONSCIENCE ET SQENCE DU DEVOUL

malti'es vénérés, qui ont tiré de la méthode exégétique tant de rosullats utiles*.

Ccsl parce que nous croyons que le temps est venu d'essayer des traités. Plus nous vanterons rexcellence des documents amassés par nos devanciers) plus nous en conclurons Topportunité de classer ces documents.

Sans nier les avantages du commentaire^ mentionnons ceux du traité.

Suivant nous, la difTérence entre la méthode du commentaire et la méthode du traité, c'est que Tune enseigne plus aisément^ mats d'une manière plus furgitivCf les préliminaires seulement d'une science: tandis que l'autre enseigne, avec plus de difficulté, la science elle-même.

Développons ces propositions.

La méthode exégétique enseigne plus aisément. — En effet, le texte, sur lequel elle s'appuie, est pour l'étudiant ce que sont les lisières pour l'enfant qui apprend à marcher. En suivant la rédaction législative, dans les mérites de son ordre comme dans les défauts de son désordre , en rattachant à chaque phrase, à chaque expression, heureuse ou malheureuse, de la loi, parfois à l'emploi d'une conjonction, d'un adverbe, ou même à la position d'une virgule, des lambeaux de commentaires (dont chaque auteur va perpétuellement grossissant le bagage), cette méthode emjiloie un procédé artificiel, qui vient en aide à la mémoire*.

* ...... Si Pergama dextra

« Defendi possent, etiam hac defensa fuissent. »

Il y a des personnes qui, à cette ressource de mnémotechnie résultant

Page 1