‹ Conscience et science du devoirChapitre 46 sur 331 · PARTIE IV. — SaËNCG DU DEVOIR. — LIVRE H · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — SaËNCG DU DEVOIR. — LIVRE H

sol de tentes, de troupeaux, de moissons, de villes. ...

Et, de la légitimité de la société, faisons sortir la légitimité du droit.

456. En effet, comprenons bien la gradation des idées. Faire observer qu'en se mettant en société, non seulement les hommes évitent, par la juxta- position de leurs habitations, Fennui de la solitude, mais qu'ils suivent le désir de leur cœur, attiré par tous les genres d'affections : ajouter encore qu'ils obéissent, en outre, aux besoins de leur intelligence, en cherchant le bienêtre dans le seul milieu qui le contienne Ce ne

serait pas justifier suffisamment la société. Un désir pourrait être illégitime; un besoin pourrait être trompeur; tous deux pourraient n'être qu'une épreuve imposée aux passions, qu'une occasion fournie à la liberté de résister à leurs prestiges. — Il faut donc dire plus. Il faut dire qu'eu constituant la société, l'homme produit c< l'union des forces et des volontés pour at^ « teindre plus sûrement le but de l'existence^; » qu'il écarte « les obstacles qui entravent le développement « harmonique de toutes les forces et de toutes les faacuités de la nature humaine^; » qu'il cherche la réalisation du grand principe donné par la conscience : « Assistance due par tout être à tout être. » — En un mot, il faut reconnaître d'abord, qu'en se soumettant à la société, l'homme accomplit son premier devoir.

Puis il faut reconnaître, aussitôt après, que la sodété accomplit, à son tour, son premier devoir, en en-

Lameniiais.

Den Tex, EncyclopcRdia jurisprudentiœ^ tvdidmi par M. Pellat. — Note lyotttée au Cours d'introduction de Falck, chap. i, p. 2^.

seignant la distinction du bien et du n)al^ Poorrait-elle en laisser la recherche à la bonne volonté de chacun? La bonne volonté ! Par malheur, beaucoup dliommes peuvent ne pas l'avoir. Ils sont égoïstes, passionnés, malfaisants. D'autres ont la bonne volonté; mais vontils passer leurs jours dans la méditation purement contemplative du devoir? Non : la vie humaine veut le travail sous toutes les formes, et non pas seulement la rêverie. L'artiste, le laboureur, le mécanicien^ le commerçant, tous les ouvriers de l'œuvre humaine ne peuvent pas s'occuper exclusivement de philosophie. Quand ils le pourraient, serait-il bon que chacun fût chargé du soin d'ébaucher sa petite théorie hasardée du juste et de l'injuste? Hélas! La guerre des passions est déjà cruelle entre les hommes! Que serait-ce m l'on y ajoutait la guerre, plus impitoyable, des intelli* gences inégales, faisant chacune leur code individuel, au nom de leurs prétentions systématiques?

Qui donc aura le devoir de manifester, pour les hommes, une collection de règles pratiques sous lesquelles ils devront unir leurs volontés? Qui? Le pouvoir social^ chargé de rédiger et promulguer le droit.

4B7. Ainsi : « Vétat de société est inséparable de « Vidée de droit ^. » .... « Le droit est à l'Etat ce que a V âme est au corps, » (comme dit Démosthènes '), a ce

* (c Instruction et justice... c'est là tout le devoir et tout le droit du pou- « voir de la société, v (Rossi, Traité de droit pénal.)

« Kant.

3 u Les lois sont Vâme d'un Etat; si on- les détruit^ l'État n'est plu» «t qu'un cùrps sans vie. » (Démosth., apud Stob., senn. Al. Indication prise dans le Voyage d'AnaeharsiSi chap. i)9).

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