‹ Conscience et science du devoirChapitre 60 sur 331 · PARTIE IV. — SaENGE DU DEVOIR. — UVRE II · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — SaENGE DU DEVOIR. — UVRE II

a juri çommuniy jus proprium id est, civile, effida mus*. »

Ainsi, selon Ulpien, le droit naturel est le droit révélé par rinstinct commun à Thomme et à Tanimal. — Mais il y a un point où Thomme se sépare de l'animal : c'est le point où la raison se manifeste. Avec elle, et révélés par elle, apparaissent alors les deux parties du droit positif, savoir : le droit des gens et le droit civil.

480. Quels exemples Ulpien et ses disciples vontils nous donner de cette distinction? — L'homme commet le même fait que Tanimal, en recherchant l'union des sexes, et eu élevant les enfants qui en uaissent; le droit, en tant qu'il règle l'amour des sexes et l'éducation des enfants, sera le droit natu • rei*. — Mais l'homme, à la différence de l'animal, aime son père. Dieu, sa patrie : quand il se défend contre les embûches, il se rend compte de ce qu'il fait, tandis que le tigre, en déchirant le chasseur, n'exerce qu'une réaction brutale. Le droit, en tant qu'il règle l'amour filial, l'amour du pays, l'amour de Dieu, la légitime défense, est le droit des gens ou civil ^.

481. La distinction que supposent ces exemples est bien contestable. Que l'animal ne s'élève pas à

i Ulp., fr. 6, Dig., Dejustitia etjurey lib. I, tit. i.

* « Hinc descendit maris atque feemin» conjunctio hincliberorumpro-

< creatio, hinc educatio. Videmus eaim cœtera animalia istius juris peritia « cenaeri. > — Ulp., Princ. Instit., De jure nat, gent, et civ., lib. I, tit. ii. -lllp., fp. I, § 3, Dig., De justUia et jure^ lib. I, tit. i.

* Pomponius, fr. 2, Dig., De jtistUia et jure<, lib, I, tit. i. — Florentinus, fr. 8. Dig., eodem*

M GONSaBNCE ET SCIENCE DU DEVOIR.

rhopfime par Famour filial; Tamour de Dieu, Tamour de la patrie, la connaissance de Tinjustice, nous voulons bien Tadmettrs * ; cela est indifférent pour notre discussion. Mais ce que nous nions , c*est que rhomme descende à l'animal dans les faits de mariage et d'éducation des enfants! Nous disons que ces faits, accomplispar lui, deviennent comme ceux d'amour filial, d'amour de Dieu, du pays et de légitime défense, des faits propres à la raison, bien différents des faits analogues qu'accomplit l'instinct de l'animal? Alors, pourquoi refuser la direction de ces faits au droit des gens ou au droit civil?

482. Abandonnons ces subtilités. Si nous avons cilé l'étrange définition du droit naturel donnée par Ulpien, c'est seulement pour être historien fidèle. Mais, suivantnous,ce qui est essentiellement namreZ à l'homme, c'est la dignité de la raison plus libre qui le distingue des autres animaux^, et non l'instinct moins libre de quelques appétits qui le rapproche de ces autres animaux. Aussi nous distinguons, avec Ahrens', le règne hominal elle règne animal : et nous ne voyons qu'une logomachie passant toutes bornes, dans l'attribution du nom de droit naturel à la direction grossièie qui est précisément la moins conforme à notre nature. Non ; L'homme n'est pas un animal et quelque chose de plus : c'est un être un, doué de la rai-

* Sans afiSrmer toutefois que nul animal n'aime sa mère, que la notion de Dieu lui soit tout à fait étrangère, que la nostalgie u'existe pas pour lui, et que le sentiment de l'injustice ne lui apparaisse jamais, au moins vaguement. /

> « Rationalitas hominis differentia specifica. (Daries, loco citaio.)

Cours de droit naturel, pag. 198.

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