‹ Conscience et science du devoirChapitre 69 sur 331 · PARTIE IV. -^ SCIENCE DU DEVOIR. — UVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE IV. -^ SCIENCE DU DEVOIR. — UVRE III

4* FORMULE. — Morale, direction de l'homme supposé non sociable. — Droit ; direction de l'homme reconnu sociable.

Reprenons chacune de ces formules, et rappelons , en peu de mots, les erreurs qu'elles contiennent .

498. 1®** SYSTÈME {réfuté par nous précédemment), sur la distinction du droit et de la morale. — Morale : réglementation du juste, révélée par la conscience. — droit : réglementation d'un ordre arri- TRAiRE , imposé par le législateur. — Le livre V de Dotre troisième partie (tome I, n" 278 à 347), a été consacré à repousser ce système. Plaçant, dans toutes les consciences, une connaissance innée, complète, de kl morale, il supprime en réalité le droit : le droite qu'il doit évidemment déclai'er inutile ou coupable ; inutile, s'il reproduit seulement la morale; coupable, s'il la contredit \

499. 2« SYSTÈME {réfuté par nous précédemment) y sur la distinction du droit et de la morale. — Morale : réglementation du juste, révélée par la conscience. — Droit : réglementation de l'utile, cherchée par le législateur. — Ce second système n'est qu'une explication perfectionnée du premier. On s'est aperçu que les partisans de ce premier système présentent le droit sous un jour trop odieux, en le montrant comme la réglementation d'un ordre arbitraire, im-

* Quand FÉcriture dit aux puissants de la terre (Psalm., chap. ir, vers. 10) : « Et nunc, reges^ intelUgite! Erudimini, quijudicaiis terrain! » eUe ne leur recommande certes pas d'user de leur seul caprice arbitraire dans la confection des lois.

tu CONSCIENCE ET SCIENCE DU DEVOIR.

posé par le législateur. On a essayé de lui douner un nom plus acceptable, en le présentant comme la réglementation de rutile.

Mais nous avons, d'avance, miné le terrain sur lequel on voudrait appuyer l'antithèse du juste et de l'utile. Nous avons fait voir (tome I, n9^ 241 à 246) que l'utile bien entendu et le juste sont identiques, et que l'utile mal entendu est l'injuste. — Le premier est Fobjet du droit, comme de la morale — Le second n*est pas plus l'objet du droit que de la morale. — Ainsi, ce 2^- système, comme le premier, supprime en réalité le droite en reconnaissant, comme objet du droite l'injuste.

Uinjuste, objet du droit!.... Ne peut-on pas dire, avec Rousseau, que ces deux mots

« Huilent d'effroi de se voir accouplés? »

500. 3® SYSTÈME {réfuté par nous précédemment), sur la distinction du droit et de la morale. — Morale : direction anté-sociale . — Droit : direction 50ciale. — Ce troisième système supprime encore le droit, en le présentant comme la dii'ection d'un état contre nature. Nous avons (n^s 405 à 409, 450 à452, et 454 à 458) écarté ces rêveries.

801. 4® SYSTÈME [réfuté par nous précédemment) ^ sur la distinction du droit et de la morale. — Morale : direction de l'homme supposé non sociable. — Droit : direction de l'homme reconnu sociable, — Nous avons {Voyez n° 453) signalé l'étrangeté de ce système. Ses partisans semblent regretter que l'homme soit sociable ; voulant se cacher cette vérité fâcheuse.

Page 1