‹ Conscience et science du devoirChapitre 74 sur 331 · PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOIR. — LIVRE ifl. lil · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOIR. — LIVRE ifl. lil

c du droit à un principe supérieur unique, dont elles « seraient les déductions rigoureuses, c'est une entre- « prise absolument impossible. » D'un tel découragement, il n'y a pas loin à la malédiction lancée par Méphistophélès :«.... Les lois et les droits se succèdent (( comme une éternelle maladie. Ils se traînent de gé- «nération en génération; et s'avancent lourdement ((d'un lieu à un autre. Raison devient folie; bienfait « devient tourment ! »

Sans arriver à confondre précisément le droit avec one direction arbitraire, M. Tillard ' (dont la mission est d'analyser tous les aspects divers de la science du devoir, comme la nôtre est de maintenir l'unité de cette science sous ses aspects divers), admet l'antithèse de la morale et du droit. Cette antithèse se retrouve au fond de cette question qu'il propose : Mon chien, sans qu'il y ait faute à me reprocher, brise sa chaîne, qui avait un défaut non apparent; il saisit, chez un marchand de comestibles (qui n'a également rien à se reprocher), une pièce de gibier. Dois-je au marchand la valeur de ce gibier? Non, en morale ^ répond-il; oui, peut-être, en droit positif ou naturel. La vmrcde n'examinera que la question de faute; le droit pourra examiner la question de la convenance sociale de mettre la perte de mon côté, plutôt que du côté du marchand.

Nous ne comprenons point deux justices, satisfaites également de ces deux solutions. — Dans l'espèce

\ * Analyse, classement et nomenclature des divers oi-dres de lois et de

' phénomènes moraux et politiques.

\n CONSCIENCE ET SCIENCE DU DEVOIR.

proposée, c^est le fabricant de la chaîne^ qui nous parait avoir commis la faute la plus probable ; c'est lui qui, s'il ne se justiOe pas de cette faute, sera légitimement tenu de réparer le dommage, en morale comme en droit. — Si le fabricant de la chaîne est inconnu ou insolvable, nous croyons qu en morale comme en droit, il y aura lieu à examiner bien des circonstances, et entre autres à comparer la fortune du maître du chien et celle du marchand de comestibles, pour faire peser la perle résultant d'un accident, sur

celui des deux auquel elle sera le moins sensible

Nous apercevons la possibilité d'^un grand nombre d'éléments de solution.... Mais ce que nous n'apercevons pas, dans cet exemple, c'est le germe d'une distinction saisissable entre l'homme individu et l'homme membre d'une société.

Ce que nous y voyons poindre, c'est la prétention d'une troisième science, V économie politique ^ a absor* bèr en elle le droit, pour confisquer la morale. Cette prétention, nous la combattons. Si l'économie politique indiquait des moyens de prospérité que n'avouerait pas complètement la science du devoir, il faudrait la bannir, au plus vite, du domaine de l'étude. Elle n'a d'existence légitime que sous le bon plaisir du droit et de la morale; c'est dans le cercle tracé par eux qu'elle a seulement la permission de discuter ses problèmes.

510. Droit et morale; sciences pratiques, toujours en présence des faits! Or, le système qui appelle morale la règle de l'homme individu, et droit la règle de l'homme membre d'une société, met ta

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