‹ Conscience et science du devoirChapitre 77 sur 331 · PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOIR. — LIVRE ÏII · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOIR. — LIVRE ÏII

souffrir les moins bien partagés ! Elle n*a pas à demander que les mieux partagés rétablissent Téqui- Hbre!....

Qu'est-ce à dire ?. . . Qu'il n*y a pas de race humaine? Qu'il n'y a plus que des individus, vivant dans la sodété, chacun pour soi?... Quoi ! l'inertie est tout ce que le droit demande? Alors il demande l'absurde et l'impossible. Que me parle-t-on d'individus vivant l'un à côté de l'autre? C'est mourant l'un à côté de Vautre, qu'il faut dire !.. En effet, toutes les conditions de l'existence, sans l'assistance mutuelle active, feront défaut. Honte aux fainéants, qui veulent éviter la fatigue de la condition de citoyen, de père, d'époux, d'homme de science ou d'industrie! Pour se conserver, comme pour se perfectionner, l'humanité a besoin d'une action commune perpétuelle. Qu'on me dise comment l'être d'abstraction agira, si tous ceux qui le composent se contentent de s'abstenir? Que resterat-il de l'atelier, en en retirant tous les ouvriers? Où sera le centre, si chacun, se faisant centre, attend que l'univers gravite autour de lui * ?

Borner le droit à n'être que la direction de l'abstention, c'est le borner à zéro. C'est aboutir à l'impossibilité d'une direction, par l'anéantissement immédiat des sujets à diriger. Si le droit n'est que cela, Cain n'aurait jamais eu l'occasion de le violer en tuant Abel; car Abel et Caïn, délaissés par Eve, auraient péri deux heures après leur naissance. Pour concevoir des hom-

* « Manifestum est.... bonum publicum.... produci non passe sola abstinentia a maleficiis. » (Cumberland, De legibus naturœ,)

Page 1