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mes dirigés dans leurs rapports entre eux, il faut concevoir des échanges mutuels de services d'action, comme de services d'abstention : il faut, comme déjà nous l'avons dit, que chaque frère soit l'œil de son frère aveugle, le pied de son frère boiteux *.
Un auteur, Pestel ^, admet du moins, dans l'état social, le devoir d'agir, quand on a, par contrat, promis d'agir, « et consenti à être obligé par la force à « tenir sa parole. » Mais, sauf cette limitation, il reste dans les termes du système que nous combattons : il admet seulement que le droit oblige chacun *i à s'abs- « tenir d'attaquer son semblable dans sa vie, dans c< son corps f dans sa liberté, dans ses possessions. »
Nous ne nous contenterons pas de la maigre concession que nous fait ce système intermédiaire. — Nous repoussons, d'une manière générale, la thèse dont il maintient la plus grande partie. En vain on répète partout, et à tout instant, cette thèse. Elle ne peut soutenir l'examen. La pratique la contredit. Les législateurs des peuples les plus barbares imposent une foule de services d'action, à côté des services d'abstention ^. Ils ont donné raison à Descartes, ex-
* « Oculusfui'cœco, et pes claudo. » (Job, chap. xxix, % 6, vers. 15.)
* Fundamenta justitiœnaturalis ; traduit du latin, sur la seconde édition, partie II, section iv, n* 258.
' « 1. — Non videbis bovem fratris tui, aut ovem errantem, et prsteribis. « Sed reduces fratri tuo,
« 2. — Ëtiamsi non est propinquus frater tuus, nec nosti eum, duces in « domum tuam; et erunt apud te quamdiu quasrat ea frater tuus, et recipiat.
« 3. — Similiter faciès de asino, et de vestimento, et de omni re fratris tui « quae perierit. Si inveneris eam, ne negligas quasi alienam. »
{Deuter,^ chap, xxii, S 1, vers. 1 à 3.)
Comp. Exod,, chap. xxui, $ 1, vers. 4 et 5.