‹ Conscience et science du devoirChapitre 87 sur 331 · PARTIE IV. — SaENGE DU DEVOIR. — UVRE UI. i4S · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — SaENGE DU DEVOIR. — UVRE UI. i4S

que nous rappelons en ces termes : droit naturel : direction individuelle qui aspire à devenir sociale * .

Supposons que des règles du droit naturel^ ainsi défini, soient dans cet état d'aspiration. Supposons que les penseurs qui essaient de les élaborer, n'aient pas encore convaincu le législateur de la nécessité de donner entrée à ces règles dans les codes du droit positif. Pendant ce temps d'expectative, comment ce droit naturel, qui veut devenir le droit positif de demain, [)ourrait-il se distinguer, par des caractères essentiels, du droit positif existant aujourd'hui?

En vérité, cela est peu aisé à concevoir. En effet, que font les auteurs qyi écrivent sur le droit naturel? ^ Conseillers et adjoints volontaires du législateur, ils lui apportent des projets de lois, spontanément rédigés par eux. Ils lui demandent de mettre au bas sa signature. Eh bien! peuvent-ils lui tenir deux langages inconciliables? lui dire d'une part : aVoici des règles du «droit naturel, dont nous vous demandons la trans- « formation en droit positif? » et lui dire d'autre part : « Les règles du droit naturel, dont nous vous deman- * « dons la transformation en droit positif, ne sont pas « des règles qui conviennent au droit positif?. . . » Il y aurait, à ce qu'il nous semble, entre ces propositions incohérentes, une contradiction si forte, qu'elle appro* cheraît de la démence. — La direction individuelle,

*■ Les synonymes du mot droit naturel., entendu de cette mani^,re, abondent. Warnkœnig {Doctrina juris philosophica^ Introduction), cite les dénominations suivantes :

Jurisprudence universelle ; Droit normal ;

Doctrine du droit philosophique; Science de la législation;

Droit de la raison ; Philosophie du droit, etc., etc.

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quand elle aspire à devenir sociale, s'identifie d*ayance, autant qu'elle le peut, par son aspiration même, avec la direction sociale j dans laquelle elle veut se confondre. En prétendant entrer dans le cercle de celle-ci, pour la perfectionner, peut-elle en nier entièrement les principes? Pas plus que le mécanicien, s'il veut perfectionner la machine à vapeur, ne peut nier la vapeur.

525. Il y a cependant des personnes qui ont cru pouvoir tenir à la fois ces deux langages. — Mais, à notre avis, elles n'ont réussi qu'à mettre, involontairement, soit le droit positif, soit le droit naturel^ en dehors de l'idée de droit. Sous les ambages et les subtilités de leurs théories, la logique inflexible finit toujours par trouver implicitement ce résultat : le droit naturel est le droit, et le droit positif est le non-droit; ou cet autre résultat : le droit naturel est le NON-DROIT, et le droit positif est le droit.

Est-ce là rester dans les limites du problème posé? Est-ce là distinguer deux subdivisions du juste, par des caractères essentiels? Évidemment non. C'est &a supprimer une. — Si je dis : Le jour est la présence de la lumière, la nuit est Tabseuce de la lumière... Est«ce que je prétends comparer deux subdivisions de la lumière?

526. Le résultat que nous venons de signaler au numéro précédent, nous parait contenu dans les deux systèmes exprimes par les formules suivantes :

\^^ SYSTÈME. — Droit positif : réglementation de ce qui est spécialement y relativement et temporairement

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