‹ Conscience et science du devoirChapitre 93 sur 331 · PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOIR. — UVRE UI · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOIR. — UVRE UI

donner, quand ils n'ont rien? Et au contradictoire ? c*eBt-ib-dire à donner à celui de qui ils doivent rece* voir? à lui donner ce qu'ils doivent recevoir de lui?

Enfin, les enfants à qui leur père a donné une pro« fession infâme, feront bien de l'abandonner à tout prix, en acceptant, s'il le faut, pour cela, 2a misère.... Et c'est par exception au droit naturel, qu'ils ne

doivent pas d'aliments à leur père? Eh quoi ! le

droit naturel oblige-^il donc une fille, prostituée par ion père, à persévérer dans le vice, pour nourrir ce père indigne?

Non! le droit naturel repousse ces trois vérités, qu'on veut lui attribuer. — Montesquieu n'a pas vu (ju'il suppose prouvés trois faits, qui sont précisément en question : dans le premier cas, la paternité du débauché, qui se dit père, sans raison probable de sa prétention ; dans le second, la richesse des enfants; dans le troisième, la possibilité de conserver la cause de cette richesse. — Aussi, que les défendeurs assignés en pension alimentaire nient ces trois faits! Le droit na^ turel et le droit positif seront d'accord pour condanmer le demandeur. Dans le premier cas, ils lui diront : La qualité que vous invoquez n'estpa^ démontrée. Dans les deux autres, ils lui diront : Pour devoir des aliments, il faut avoir, ou pouvoir gagner honnêtement, la somme nécessaire au paiement de la pension alimentaire.

29 EXEMPLE. Passons au chapitre YI de ce même livre XXVI. Là, nous apercevons du moûis une question discutable, savoir : Les successions sont-elles, ou non, conformes au droit naturel?

Mais l'auteur la couvre de nuages, en confondant

d'une part Thérédité du pouvoir politique» c'est-à-dire Thérédité du plus grand des devoirs, dont Tàbcopplissement suppose des facultés spéciales d'intelligence; et, d'autre part, l'hérédité de la propriété, c'est-à-dire l'hérédité d'un droit dont l'exercice ne suppose pas ces facultés spéciales. — Il y a un abîme entre ces deux idées.

Ne parlons en ce moment que de l'hérédité de la propriété. — En ce qui la concerne, Montesquieu tranche la question . Il déclare les successions contraires au droit naturel. Quelles raisons en donne-t-il? Aucune autre, ce nous semble, que son affirmation : affirmation fort contestable; contredite par celle de Domat S qui voit une conséquence de la loi naturelle^ dans là transmission des biens des pères aux enfants.

Pour nous, dans nos publications ultérieures, nous verrons le droit de succession conforme ou contraire à la nature de l'homme, selon la manière dont cette institution sera organisée.

3® EXEMPLE. Au chapitre XIV de ce même livre XXVI, Montesquieu oppose, en apparence, les lois na-. turelles et les lois positives, en ce qui touche les prohibitions de mariage entre parents proches.

Droit naturel et droit positif établissent, entre le fils et la mère, ces prohibitions. Montesquieu en donne d'excellentes raisons, tirées de l'antagonisme de deux genres différents d'affeclion, vraiment inconciliables. La mère, qui protège, peut-elle devenir la fenmie pro-

* Lois civiles.

Page 1