‹ Conscience et science du devoirChapitre 97 sur 331 · PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOUt — LIVRE lU · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOUt — LIVRE lU

dans le droii naturel j un recueil de formules du juste absolu; puis à opposer ce droit au droit positif ^ considéré comme recueil des formules à\x juste relatif. — Or, nous prétendons que cette distinction est un rêve. hd droit naturel est, suivant nous, comme le droit positif {disons mieuK^ encore plus que lui, s'il est possible) , le recueil des formules du juste relatif.

545. Nous avons reconnu la nature absolue du premier principe du devoir (n® 339), et des caractères du devoir (n^' 340), enlSn de Timpératif contenu dans toute application bien formulée du devoir {n9 34 1) . — Nous reconnaîtrons encore la nature ahsfilue du premier principe de la science du devoir. — Mais, en soutenant cette thèse (n»' 330 à 336, et 342) contre les partisans de rinfaillibilité de la conscieuce, nous avons nié l'exactitude des formules absolues ^ isolées Tune de l'autre, qu'ils prétendent trouver dans cette infaillibilité, telles que : Tu ne tueras point, tu ne voleras point, tu tiendras ton serment, etc.. Ces règles sont, nous pouvons en convenir, salutaires, comme guides provisoires; mais seulement jusqu'à preuve de leurs défaillances. Elles sont si peu absolues, qu'elles s'entredétruisent sans cesse par leurs chocs. Opposées à tout instant, l'une à Pautre, dans les applications, elles laissent le trouble dans les consciences les plus pures : les hommes de bonne volonté restent embarrassés sur le choix à faire entre elles, ou sur le tiers parti à combiner^ pour concilier leurs exigences réciproques !

Eh bien ! si l'inspiration de la conscience ne peut donner un recueil de règles absolues^ indépendantes entre elles, apportant chacune son contingent de se-

tes COnSGIENCE ET SGUSNGB DU INBVOIIL

curité aux scrupules les plus timorés» la méditatioii ne peut le donner davantage. La prétendue science du droit naturel cherchera vainement à réduire, en quelques axiomes mathématiquement limités^ les droits inaliénables et imprescriptibles de Vhomme; en méditant un peu plus, elle trouvera chacun de ces axiomes contestable eu lui-même. Essaiera-t-elle alors d*en augmenter le nombre? En vain elle épuisera, pour les multiplier, toutes les investigations de la casuistique; les faits, plus entêtés qu'elle, se multiplieront toujours dans une proportion plus grande. Us lui montreront toujours, à côté des règles les plus minu*tieuses qu'elle aura élaborées, des cas oubliés, de« mandant des règles plus minutieuses encore , qui accuseront d'erreur les premières * .

546. Âhreus lui-même en convient, sans apercevoir toute la portée de son aveu. — En faisant la liste des prétendus droits naturels, il est bien obligé de recounaître que ces droits, dans chaque individu, ont du moins des limites, a à cause de l'exercice de droits ana- « logues de la part des autres : ce qui constitue le a CONCOURS DES DROITS^.)) 11 coucède que, « s'il y a im«

(( possibilité de satisfaire entièrement les besoins de ce chacun.... chacun doit supporter une réduction proc( portionnelle ^. » Il ne s'aperçoit pas que, par cette

* « Quelques jurisconsultes de la première race, depuis Irnerius jusqu'à « Jason, nous accablent par le grand nombre de règles ou brocardiques « qu'ils ramassent outre toute mesure : avec leurs exceptions ou fallenees, c( jointes aux ampliations, limitations, restrictions, distinctions^ pour ne « rien dire des réplications répliquées. » (Leibnitz.)

* Partie générale, chap. ii, S 5.

» Id„ ibid., S 8.

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