PARTIE IV. — SCIENCE DD DEVOIR. — LIVRE lU. teo
Et le DROIT A Lii EOCURILITÉ? raccorden>ns-nous? — Eu lui-même, non, certes! carnousnevoulonspas.par une formule iudéterminée, admettre étourdiment Tassocialion poui*le vol, lassassinat, la contrebande, etc. .. Mais ici roii nous interrompt : « Le droit d^associa- « tion, dira-t-onS n'est légitime que comme moyen « pour arriver atio; buts rationnels de la vie humaine. » Rien répondu ! Nous voilà rassurés ! . . . . Mais alors nous demandons ce que le droit naturel nous a appris sur le droit absolu d'association? Ce droit n'existe plus comme absolu, dès qu'il s'absorbe dans le droit de chercher par tous les moyens (entre autres par l'association), tels et tels buts, préalablement déterminablés au gré de mille distinctions. Supposons des légis* hteurs imprudents, essayant» sur la foi d'un prétendu précepte du droit naturel, de décréter le droit absolu d'association !... Ils décréteront la perte de la société!
Mêmes objections contre le droit de vocation . ~ Resterait-il légitime, si, à un certain jour donné, tous les hommes réclamaient le droit à un seul et même emploi de la vie? Un législateur violerail-il le droit
naturel, en établissant le recrutement forcé, si les enrôlements volontaires dans l'armée étaient insuffisants pour défendre la nation? Le droit de vocation peut-il raisonnablement être autre chose qu'une des mille faces du devoir de travailler, de son mieux, au bien commim, et subordonuément aux exigences supérieures de ce bien conmiun?
^ Ahrens, Cours de droit naturel^ partie spéciale, première diyision, chap. I, S 4*
170 CONSCIENCE ET SOENCB DU DEVOUt
Que dire enfin du droit au secret deslettres? — Est-il tellement absolu, qu*il ne cède pas au devoir urgent de connaître, en ouvrant un billet cacheté^ le lieu où, dans cinq minutes, va s'exécuter un suicide qu^on pourra prévenir ?
848. Présenter le droit naturel comme un recueil de principes absolus, dont chacun domine, avec une rigueur mathématique , une série spéciale d'applica* lions directes, c'est, à notre avis, le chercher dans un horizon trop borné. — Sans doute, il ne faut pas nier (( Futilité des efTorf s employés k fonder et développer « ces préceptes... refiiser toute estime aux investigace tiens faites à ce sujet ^ : » ces investigations ont contribué k éclairer des points de la morale et du droit positif. — Mais ont-elles constitué un assemblage de règles fondamentales conformes à la nature de Thomme, et sur lesquelles le législateur doive, sous peine de forfaiture, modeler son droit positif? Suivant nous, elles n'ont constitué qu'une ébauche, péniblement éehafaudée, de propositions vagues et arbitraires. Le législateur qui voudrait suivre aveuglément ces maxi* mes, ce dont on ne recherche, comme dit Comte ^, ni a les causes, ni les conséquences, » tomberait dans mille écueils. — Aussi il faut voir (suivant l'observation faite par le même auteur ^ avec quel empressement, au moment de voter une loi, les membres d une assemblée délibérante oublient ces théories nuageuses!
*■ Falck, Cours dHntroducHon, chap. ii, sect 1, n<* 53. > Traité de Ugiilatiùn, ti?. I, chap. t. ' livre I, chap. x.