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fluences des privalions et d’un travail excessif auxquels il peut avoir été soumis ne pourront jamais être appréciées avec certitude. On a vu des chevaux vivre jusqu'à quarante et même soixante ans; ce sont là des exceptions extrémement rares; mais :l n’est pas si rare d'en voir qui jusqu’à vingt ans rendent encore d'excellents services ; et il est probable que déjà leurs moyens ont décliné depuis un certain nombre d'années auparavant.
« Un cheval de cinq ans, dit M. Blaine, peut être comparé à un homme de vingt ans ; un cheval de dix ans peut l'être à un homme de quarante, et l’âge de quinze ans pour le cheval se rapporte à celui de cinquante pour l’homme; celui de vingt à soixante, de vingt-cinq à soixante-dix, de irente à quatre-vingt, et de trente-cinq à quatrevingt-dix et cent; et je suis loin, ajoute-t-il, de croire cette comparaison trop favorable au cheval, je pense au contraire qu’elle l’est trop peu. Des chevaux de trente-cinq ans. sont aussi communs que des hommes de quatre-vingt-dix, si lon
prend en considération qu'il y a vingt fois plus
— S0 — de personnes qu'il n’y a de chevaux, et sans aucun doute un cheval de quarante-cinq ans est moins rare qu'un homme de cent dix ans: » (Weterinary outlines, page 40.)
L'âge du cheval est principalement indiqué par les dents incisives de la mâchoire inférieure; mais 1l est indispensable de consulter en même temps loute l'apparence de l'animal, car les affirmalions du vendeur doivent toujours être accepliées avec réserve.
Le cheval, comme beaucoup d’autres animaux, a deux poussées de dents; les premières du poulain, appelées dents de lait, ne sont que temporaires et sont toutes poussées au-dessus des gencives dès l’âge de six à huit mois. Peu de temps après que le poulain a alteint sa deuxième année, deux de ces denis de lait tombent pour faire place aux dents de cheval qui ne tardent pas à les remplacer.
Ce n’est que lorsque le cheval a atteint sa cinquième année, que toutes les secondes dents ont fail leur apparilion et, à cette époque, le
cheval doit avoir toutes ses dents incisivess ila
ms, QUE
alors à chaque mâchoire douze molaires, deux crochels et six incisives. |
Chacune des incisives permanentes possède à son apparition au-dessus de la gencive une cavité ovale au centre de la surface supérieure, laquelle pénètre dans la dent sous forme d’entonnoir en se rétrécissant vers le fond ; à mesure que les dents s’usent. par le frottement, cetle cavité diminue en profondeur et en largeur jusqu'à ce qu’elle ait complétement disparu; et comme ceci a lieu à des époques fixes et successives sur chaque dent, ces modifications indiquent avec assez de précision l’âge du cheval. Il est inexact de dire que la cavité ou marque dans la dent disparaît parce qu’elle se remplit, elle disparait par l'usure de la partie qui entoure la cavité par suite du frottement contre la dent opposée.
Les renseignements qui suivent n’ont trail
qu'aux dents incisives de la mâchoire infé-
rieure.
Environ huit ou dix jours après sa naissance, le poulain a deux incisives, dites pinces (n°° 1 et 2,
fig. 2), au centre de la mâchoire.
Entre le second et le quatrième mois, deux autres dents, dites muitoyennes (n°° 3 et 4, fig. 2),
apparaissent aux deux
côtés des premières.
Fig. 2.— Mâchoire inférieure
d’un poulain, Du sixième au hui-
ième mois, une deuxième paire, dites coins (n° 5 et 6, fig. 2), surgissent à leur tour.
À parür de cette époque et jusqu’à l'apparition des denis de remplacement, la marque sert à déterminer l’âge.
À douze mois, la cavité des pinces a presque entièrement disparu.
À dix-huit mois, les quatre dents du milieu ne marquent plus et les pinces qui ont poussé les premières devienneni iriangulaires à leur parle supérieure. |
À deux ans, la marque a disparu des six incisives et les pinces-ou denis du cenlre paraissent infiniment plus petites que les autres.
À deux ans et demi, les pinces ou dents du
cenlre commencent à branler et tombent; la pre-
ét da: ant sise dt vi nds / À , *
ER ee mière paire de dents de remplacement ou pinces permanentes poussent, -et bientôt elles atteignent le niveau des quatre dents caduques restantes. Les dents permanentes, ou de cheval, sont plus grandes et d’une couleur plus foncée que les précédentes, et leur surface extérieure a une rainure plus marquée que dans les dents de lait.
À trois ans et demi, deux autres dents permanentes font leur apparition, une de chaque côté des pinces, et avant que le poulain ait atteint sa quatrième année, ces nouvelles dents permanentes sont de niveau avec les coins de l’œil, lesquels ont pris une teinte jaune à leur partie supérieure et sont rétrécis à la partie qui touche à la gencive. |
À quatre ans et demi, les coins poussent à leur tour, et quand l’animal a alteint l’âge de cinq ans, ils sont de niveau avec les autres.
Avant celte époque, si c’est un cheval entier ou un hongre, il aura également deux dents dites crochets à chaque mâchoire.
Dès que l'animal a complété ses dents de rem-
placement, le poulain prend Ie nom de cheval, et
RS Na
la pouliche celui de jument; quelques juments ont de petits crochets, mais le plus grand nombre n'en à pas.
À six ans, la marque a disparu sur les pinces.
À sept, elle a également disparu sur les quatre dents du milieu.
À huit ans, la cavité a ordinairement disparu de toutes les dents de la mâchoire inférieure. Alors l'animal reçoit très-improprement la qualification de cheval hors d'âge.
Durant toute la période que nous venons d’indiquer, il y a très-peu de difficulté pour s'assurer de l’âge; la chute des dents et l'usure des marques sont assez régulières chez les chevaux. Il pourra y avoir une différence de semaines ou de mois chez quelques individus; mais comme c'est par année et demi-année que l’on compte l’âge des chevaux, ces légères différences sont sans aucune conséquence. On a remarqué que les poulains qui ont été chaudement logés et bien nourris poussent plus promptement leurs dents de remplacement que ceux qui ont éprouvé de Ja
misère ou qui ont été davantage exposés au froid;
Brass et sous tous les rapports on peut dire qu'ils acquièrent plus promptement leur développement. Outre la façon dont le poulain a été soigné, le temps qu’il a passé à l'écurie influe aussi sur l’usure de la marque des dents; chez quelques-uns les dents paraissent être plus dures que chez d’autres, et par là devoir résister plus longtemps à l’usure occasionnée par le frottement,
Si le poulain a été au pâturage un temps assez long, la marque se perd plus tôt que chez les autres, et elle disparaît à une époque plus précoce chez les tiqueurs, même avant qu'ils aient alteint leur cinquième année, les pinces sont entièrement rasées.
Les marques se conservent plus longtemps dans les dents de {a mâchoire supérieure, et quelques connaisseurs ont recours à cet indice lorsque celles de la mâchoire inférieure sont entièrement rasées. On dit qu’à dix ans les cavilés des pinces supérieures sont remplies et les marques effacées; qu’à douze ans, les marques sont effacées sur les quatre dents du centre, et
qu'à qualorze ans toutes les marques sont effa-
| — 86— cées : mais cela n’est pas toujours vrai; il est rare que la marque-des dents supérieures disparaisse aussitôt, et pour autant que jen puis juger, l’usure de ces dents est si irrégulière, qu'elle ne peut guère servir de signe certain pour reconnaitre l’âge d’un cheval.
Après huit ans, les dents de la mâchoire inférieure subissent quelques changements ; il n’y à plus de marque à effacer, mais les dents continuent à s’user.
Lors de sa première apparition, la table ou surface supérieure des dents avait une forme ovale; mais, à mesure que l’usure la réduit, elle prend une forme comme abaitue vers son extrémité, et se rétrécissant vers la base où elle est moins épaisse que la partie qui dépasse les gencives.
Ces quatre mâchoires, dont nous allons donner ici les dessins, ont été faites d’après les dents de chevaux dont l’âge était bien connu et correspondait à celui indiqué. Les parties molles des
gencives avaient toutes été enlevées, excepté
dans la fig. 4: mâchoire d’un cheval de cinq
haltinéles dd. à du À Ab
sie be dia ni) te dt
Men > : à
ans, laquelle a été remise au dessinateur le lendemain de la mort du cheval.
| La fig. 3 représente deux dents temporaires en conirasile avec quatre ” permanentes. La marque AW) dans la paire centrale est
faiblement sensible, mais
âgé de dans. la forme ovale de la surface supérieure est très-bien marquée, si on' Ja compare aux bouches plus âgées des autres figures. | La fig. 4 fait voir la forme des crochets et des coins peu après leur apparition.
Dans la fig. 5 l’âge a
altéré la forme et la di-
Fig. RUE Mäâchoire d’un cheval Me no rection des dents. Il n’est
pas commun, dans une bouche de neuf ans, de trouver encore lant de marques; ceux qui se fient entièrement aux marques des dents pourraient croire que celte bouche appartient à un
cheval de septans, tandis que d’autres, considérant davantage la forme des dents, leur surface supérieure et
Les A4 l’allongementdesdents,
| SRE ainsi que leur direction, Fig. 5, — Mâchoire d’un cheval âgé He 4 Aus seraient sans doute plus près de la vérité.
La fig. 6 est placée ici pour démontrer à un degré extrême les altéralions auxquelles les dents sont