soumises dans leur forme
longueur et direction; elle
SEE se, D .
Fig. 6. — Mâchoire d’un cheval fait voir la dimioution de
âgé de 18 ans.
largeur de la mâchoire, aussi bien que celle de la dent d’un côté à l’autre, son poli, la forme arrondie, triangulaire ou équilatérale des surfaces supérieures qui s’usent, et l’allongement du corps de la dent.
Environ à l’âge de dix ans, les deux pinces
latérales affectent une forme à peu près triangu-
Siret
laire à leur partie supérieure, et Les quatre autres à une péridde plus éloignée, sont soumises à un changement de forme pareil. A l’âge de douze ans, ou quelquefois plustôt, il arrive qu’indépendamment de l’altération dans la forme, les dents ont aussi changé de direction dans les deux mûâchoires.
Au lieu de décrire une courbe telle que les dents de la mâchoire inférieure se présentent à celles de la mâchoire supérieure; elles se pa jettent en avant; la mâchoire se rétrécit dans la partie antérieure et elle s’aplatit; les dents de la mâchoire supérieure commençent à dépasser celles de la mâchoire supérieure; elles deviennent plus étroites, plus triangulaires et presque carrées ; emboîlées l’une dans l’autre, longues et de couleur jaune. Au fur et à mesure que le cheval devient plus vieux, ces changements deviennent plus apparents; les crochets, de leur côté, s'émoussent et s’usent, deviennent jaunes, incruslés, el se rapprochent des incisives ; mais ces modificalions sont très-irrégulières ; elles indiquent que le cheval est vieux, mais jamais son
hs | âge précis, et fort peu de connaisseurs donnent la moindre confiance à ces indices. ? | L’apparence générale du cheval n’est pas la même à tout âge; lorsqu'il est très-jeune, son coffre manque d'ampleur et ses différentes parties ne sont pas développées ; lout manque de largeur et de profondeur ; les membres sont longs, les paturons droits et l’avant-main est basse. La tête n’est pas assez anguleuse, elle semble inachevée; la ganache est éiroite, et lorsqu'on la regarde de côté, elle paraît manquer tout à fait de largeur. Les allures du poulain sont un peu gauches et nonchalantes; il jette constamment ses regards autour de lui comme s’il n’avait jamais rien vu; ses mouvements sont sans grâce et incertains. Il paraît déhanché, ses Jointures semblent très-déliées et les attaches de ses membres insuffisantes, tellement on le voit se dandiner dans toutes les directions.
Les signes de l’âge avancé, sans parler des
dents, sont plus ou moins modifiés par le traitement auquel le cheval a été soumis dans son
âge; ils ne sont pas si apparents chez un animal
gras que chez un cheval maigre. De rudes travaux anlicipent l’apparition des signes de vieillesse. Les chevaux gris deviennent ordinairement blancs dès qu’ils ont atteint leur huitième année, et quelques-uns même perdent plus tôt la plus grande parlie des poils noirs. Quand ja vieillesse approche, chez les chevaux de teintes plus sombres, des poils gris apparaissent à la têle, autour des yeux, du museau et sur la face ; les salières s’approfondissent; les joues, les gencives et le palais s’affaissent ; les os des màächoires s'épaississent; les yeux sont plus faibles et même chassieux, ils s’enfoncent dans leurs orbites; les paupières sont relevées à l’angle intérieur et communiquent à la face une expression d’anxiété ou de souffrance ; les lèvres sont entr’ouvertes el pendantes. Les jambes deviennent épaisses, des tumeurs s’y font remarquer, et souvent elles sont courbées, faibles et chancelantes. L’épine dorsale s’affaisse de manière que le cheval a l'apparence d’être ensellé ; la chair disparaît de chaque côté et fait paraître l’échine plus sail-
lante. L’encolure et le garrot deviennent minces
et maigres. Dans cet état, le cheval est nonchalant, insouciant : ses mouvements sont lents, et ses membres raides; il éprouve de la difficulté à approcher le museau de l'herbe, et lorsqu'il veut boire à la rivière, il ploie l’une des jambes de devant de manière à faire pencher un peu le corps en avant. Les vieux chevaux de carrosse qui ont élé longtemps enrênés portent la tête baute, et chez ces animaux l’encolure est parfois si raide qu'ils mourraient de faim au pâturage.
Fourberies des maquignons. — Quelquefois 1l convient à ces messieurs de faire qu’un cheval paraisse plus vieux ou plus jeune qu'il ne l’est réellement. S'ils peuvent vendre un cheval de trois ans pour un de quatre ans, ils économisent la dépense d’une année d'entretien, et l'acheteur a acquis un cheval trop jeune pour l'ouvrage auquel il le destine. Pour accomplir cette supercherie, ils arrachent les dents qui seraient tombées naturellement à l’âge de sept ou huit mois, elles dents de remplacement n’étant pas retenues par les dents de lait poussent promptement et occupent leur place. Une personne expérimentée
peut quelquefois reconnaître cette ruse en comparant le développement des dents ainsi forcées à l’usure que les autres ont déjà subi, et parfois l'apparence de jeunesse de l'animal fera voir clairement qu’il est encore trop jeune pour en exiger du travail. IL arrive aussi que le maquignon qui a commis la fraude, néglige d’arracher les dents correspondantes à la mâchoire supérieure ; et un opérateur maladroit fait tomber par mégarde deux dents au lieu d’une sur le même côté; l’une ou l’autre de ces circonstances suffit pour démasquer la supercherie.
Pour rajeunir les vieux chevaux, ils pratiquent une autre manœuvre que les Anglais appellent bishopping, sans doute pour perpétuer le nom de l'inventeur de cette fraude, nommé Bishop. Cette manœuvre consiste à creuser une petite cavité dans la table des dents et à noircir la partie creusée au moyen d’un caustique ou d’un fer rouge. Il n’est point nécessaire d'appliquer cette frauduleuse opération avant que le cheval ait atteint huit ou neuf ans; mais, à partir de cette époque, si on veut le faire passer pour un cheval
er
de sept ans, il faut opérer sur les coins; si on veut qu'il ne paraisse âgé que de six ans, il faut faire la même opération sur les mitoyvennes qui suivent les coins; mais j'ai vu les six incisives creusées profondément par quelque ignorant fripon qui ne savait pas qu’une égale profondeur des marques n’a jamais été rencontrée sur toutes les dents en même temps. Un œil expérimenté n’a point de peine à reconnaitre une marque arüficielle : les bords des cavités sont rudes et irréguliers, la cavité artificielle est plus foncée en couleur que la cavité naturelle, et un anneau d'émail blanc qui entoure toujours la marque naturelle fait défaut dans la marque artificielle. Ces signes sont suffisants pour la plupart des cas : mais la longueur, la forme, la direction de la dent, aideront à faire reconnaitre qu’elle ne devait pas avoir de marque naturelle. Le cheval qui à subi une pareille opération montrera toujours une répugnance à se laisser examiner la bouche; il se ressouvient des souffrances qu’on lui a fait subir lorsqu'on l’a soumis à ceite mutilation de la mächoire.
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Pour gonfler les salières lorsqu'elles sont trèsprofondes, ils emploient également une manœuvre frauduleuse : ils percent de petits trous dans la peau qui couvre la cavité et ils y soufflent de l'air; ils nomment cela gonfler les salières. Celte fraude n’est pas très-commune, mais parfois elle est pratiquée sur un vieux cheval pour lui donner un apparence moins âgée ; l’opération ne se maintenant que peu de temps, elle doit être faite à peu près immédiatement avant que l’on présente le cheval à vendre, sans quoi l'air insufflé est enlevé par des agents internes et les cavités reparaissent aussi profondes que précédemment. Si les soupçons sont éveillés, la fraude est aisément constatée, il suffit d'appuyer le doigt pendant quelques secondes sur la boursoufflure, on ressent un petit craquement; l’air trouve un passage et se répand dans les parties environnantes de la cavité, et bientôt il est entièrement expulsé. L’attention peut être aussi attirée par quelque différence qui pourra se remarquer dans le gonflement des deux salières. Parfois l'opération dépasse le but que l’on veut
— "ns atteindre, et la masse d’air insufflée produit une protubérance au lieu d’une cavité. On ne doit pas oublier non plus qu’une cavité profonde des salières n’est pas toujours un signe de vieillesse de l’animal; quelquefois des chevaux très-jeunes ont des salières extrêmement creuses, et l’on dit que cette remarque peut se faire sur les produits
de père ou de mère très-àâgés.