‹ Conseils aux acheteurs de chevauxChapitre 27 sur 62 · VICES · texte numérisé non relu

VICES

Les hommes de chevaux ne sont pas tous d’accord sur la signification précise du mot vice. La plus grande partie ne l’applique qu’aux actes qui proviennent d’une prédisposition perverse, telle que celle par laquelle le cheval oppose sa propre volonté à celle de son maître, ou s’efforce malicieusement à blesser ses compagnons et les personnes qui le soignent. D’autres attachent au même mot une signification plus étendue ; nonseulement ils donnent le nom de vice à des fautes qui, sans aucun doute, méritent cette dénominaüon, telles que mordre et ruer, mais aussi a des manies ou habitudes, telles que, broncher à chaque instant, être ombrageux, tiquer sur la mangeoire, ou faire le tic de Fours; en général cepen-

dant les fautes de cette espèce sont désignées

sous le nom de tics ou de défauts, ou de mauvaises habitudes.

Il serait très-utile que le mot vice eût une signification bien déterminée chez tous, parce qu'il joue un rôle des plus importants dans toutes les transactions entre amateurs et marchands de chevaux, et que bon nombre de procès, résultant de cette différence d'entendre bien la définition de ce mot, n'auraient pas lieu s’il était clairement défini et compris dans le même sens par tous ceux qui emploient.

Les vices dont les chevaux sont susceptibles

d’être atteints, quoique nombreux, sont pour la «

plupart trop bien connus pour exiger qu'il en soit donné une description détaillée. Mordre et ruer sont les plus communs et les plus dangereux; bien souvent 1ls sont réunis, et peuvent être le résultat d’une éducation mal dirigée ou d’un mauvais caraclère. Si on Îles trouve chez un cheval courageux, ils sont particulièrement dangereux et difficiles à extirper; mais si le cheval n’a fait … qu’apprendre ces défauts par suite de taquineries

d’un groom désœuvré, comme cela a lieu généra-

lement, on peut bien plus facilement triompher de ces mauvaises habitudes. Le défaut de soumission, ou la désobéissance, se remarque le plus souvent chez les chevaux très-hardis ou très-paresseux. La plupart du temps, ces vices ne se manifestent que dans des circonstances parüculières, comme dans le pansage et le fenage ; dans d’autres moments, ces animaux sont parfaitement tranquilles. C’est ainsi que l’on en voit qui ne désobéissent qu’à certains grooms, el qui ne tentent de mordre ou de frapper que des personnes qui leur sont étrangères ; tandis que, dans d’autres circonstances, ils se montrent parfaitement dociles et doux. Mais aussi il y en a d’autres qui se montrent dangereux et vicieux toutes les fois qu'il leur arrive de trouver l’occasion de faire mal ; bien qu’ils soient généralement plus hostiles aux élrangers, cependant ils n'épargnent pas ceux auxquels ils sont le plus accoulumés ; un caractère aussi détestable sera toujours aisément découvert.

À l’aide d’un examen attentif à l'écurie, il est

facile de reconnaître le cheval qui mordet qui rue:

les autres vices ne se recomaissent le plus souvent qu'après la vente, lorsque le cheval se trouve

placé dans les circonstances qui les provoquent.

Quelques marchands ne se montrent pas disposés

à admettre l’acheteur dans l’écurie; mais c’est là une chose sur laquelle celui-ci doit insister, et si l’on refuse de céder à une demande aussi juste, le meilleur parti que pourra prendre lacheteur sera de chercher ailleurs; le mystère est un indice d’imposture. Il faut que celui qui veut se procurer un cheval entre dans l'écurie en même temps que celui qui est chargé de le lu: montrer dehors; il verra de quelle manière il s’en approche,

le panse, le bride, et le conduit devant la porte.

Si c’est une bête dangereuse, le groom parle haut et d’un ton menaçant; il s’'approcheprudemment, évite de pénétrer dans la stalle avant que le che-

val ne se soit rangé; alors, se tenant à une dis-

tance respectueuse et décrivant un large circuit,

il se glisse à ses côtés en faisant de longuesetrapides enjambées et tenant les yeux fixés sur les

talons de lanimal. Parfois le cheval tourne rapi-

dement son arrière-main du côté du groom au :

moment où ce dernier a atteint le fond de la stalle ; d’autres fois, il lance des ruades, faisant voir du premier coup ses mauvais desseins et sa détermination de les exécuter, quelquefois il ne donne aucun signe d’indocilité ni de méchanceté; dans ce cas, il faut pousser l’examen plus loin ; laissez le groom enlever les couvertures, ôter la poussière sur tout le corps, peigner la crinière et la queue; examinez attentivement la conduite de l’homme et du cheval pendant cette opération; après avoir remarqué la manière dont ie cheval se laisse panser, l'acheteur demandera à voir l’intérieur des pieds de devant et de derrière, et la manière dont la bête permet au groom de les lever lui indiquera jusqu’à un certain point s’il est ou non difficile à ferrer, à être pansé, et s’il se laisse facilement nettoyer les jambes et les talons. Si le cheval mord, la tête sera attachée au râtelier par le licol, afin qu’il ait peu de liberté ; quelquefois aussi le groom se munira d’une canne avant d'entrer dans la stalle, et tandis qu’il découvre la bête, il tient ses yeux fixés sur sa tête ou il a soin de se tenir à distance; si le cheval est bridé, il

= MES tiendra les rênes très-près du mords et il s’éloignera de toute la distance d’un bras. Ces signes sont des signes infaillibles de vice.

Quelquefois un groom peureux ou bavard criera et jurera quand il n’aura rien à craindre: dans ce cas, la tête est souvent attachée au râtelier dans le seul but d'empêcher le cheval de se coucher. Quelques chevaux font semblant de mordre ou de ruer, mais seulement pour jouer et sans aucune intention de faire du mal.

Il y a encore d’autres signes queJ’on doit examiner : généralement on considère les yeux et les oreilles comme pouvant donner quelques indications sur la docilité du cheval. Beaucoup de chevaux vicieux ont l’œil saillant, avec une portion considérable de blanc visible, et sans tourner la E tête, ils savent tourner leur œil en arrière pour diriger leurs coups; dans ce cas, tout le poids du corps est soutenu par une des jambes postérieu- res, tandis que l’autre est prête à lancer une ruade au moment propice. Souvent aussi les oreilles 1 sont couchées sur la nuque, et dans cette position

ils font apparaître une contenance sournoise et

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