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refrognée. Mais ces signes sont moins certains que les précédents; bien souvent ils indiquent l’existence d’un vice, et cependant, dans beaucoup de cas aussi, ils ne signifient rien; néanmoins il se trouve peu de chevaux vicieux qui n’en témoignent pas quelques-uns ; le seul moyen de s’en assurer, est de placer le cheval dans les diverses circonstances dans lesquelles il fait montre de ses vices. C’est la chose difficile, mais lorsque l’occasion s’en présente, il ne faut pas la négliger; bien qu’un essai complet ne puisse pas : souvent être obtenu, il faudra ne négliger aucune observalion isolée; cela vaudra toujours mieux que de n’en avoir aucune.
Peut-on dissimuler les vices? On dit généralement qu'au moyen de drogues administrées à propos, ils peuvent momentanément être dissimulés. J'ai entendu préconiser diverses médecines que l’on donne pour produire une docilité temporaire ; mais, à exception de l’opium donné à jeun, aucune ne me semble de nature à atteindre le but désiré, et il est même douteux que
| l’opium ait toute l'efficacité qu’on lui attribue: il
est certain qu’il y en a d’autres plus efficaces que les marchands sans doute ne connaissent pas, et il est probable qu'ils ont plutôt recours aux privations et aux fatigues pour obtenir la docilité.
L'acheteur ne doit point négliger de se faire donner une garantie contre les vices. Si Pacheteur doit se faire délivrer une garantie de santé, il doit aussi à coup sûr recevoir une garantie que le cheval est exempt de vices. Un cheval vicieux est bien souvent une plus mauvaise acquisition qu’un cheval en mauvaise santé. Mais, si sa docilité n’a pas été spécialement garantie, il ne donne lieu à aucune rédhibition;: même avec une garantie écrite, il est très-difficile de faire reprendre un cheval à cause de vices, paree qu'il n’est pas très-facile de prouver qu’il était vicieux avant la vente : il ne suffit pas de prouver qu'il mord, rue, ou qu’il refuse de tirer; il faut aussi prouver qu’il avait ces défauts pendant qu’il était la propriété du vendeur. Beaucoup de chevaux deviennent vicieux, obstinés et indomptables, en passant dans des mains étrangères, et dans ce cas, le vendeur ne peut en être responsable :
c'est ainsi que la loi décide la question. Quelques chevaux, qui au premier abord paraissent vicieux, deviennent dociles en s’accoutumant à leur nouvelle habitation et aux personnes qui les entourent; c’est une qualité plutôt qu’un vice dans ce dernier cas; mais je ne vois pas de qüelle manière il est possible de distinguer ce caractère, si ce n’est par un certain laps de temps, lorsque l'effet des bons traitements s’est fait sentir.
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