‹ Conseils aux acheteurs de chevauxChapitre 39 sur 62 · LP · texte numérisé non relu

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de l'œil; celle tache se développe lentement ou rapidement, selon les circonstances, jusqu’à ce qu'elle intercepte complétement la lumière; arrivée à ce point, elle est très-visible ; on l’aperçoit alors sous l'aspect d’une boule blanche, placée très-près du centre de la prunelle. La surface extérieure peut ètre parfaitement transparente etexempte de la plus légère imperfection, mais en y regardant de plus près, on y voit une boule opaque qui obstrue lorifice de la pupille. Quand l'œil est exposé à une très-vive lumière, ce corps opaque paraît souvent diminuer de volume, mais cette diminution n’est pas réelle, la cataracte est alors en parlie cachée par la concentration de l'iris qui l'entoure, et qui est comme un rideau qui le voile. Si l’on place le cheval à l'ombre, la cataracte devient de nouveau visible. Si elle est très-pelite, elle pourra

échapper à l'observation de ceux qui n’ont pas

- fait une étude spéciale de ces maladies; mais, en

. LE a e L tous cas, c’est à l'ombre qu'il faut en faire l’exa-

men; la tête du cheval sera placée de manière

- qu'une lumière modérée tombe sur l'œil et que

l’examinateur soit à Fombre , s’il n’y a pas de fenêtres derrière ou sur le côté, ses yeux peuvent être très-bien examinés tandis qu’il est encore dans l'écurie, et que l’examinateur se tient sur le seuil de la porte, c’est là la place que l’on choisit d'ordinaire pour faire cet examen : en faisant avancer ou reculer le cheval on peut obtenir la quantité de lumière que l’on désire pour le placer dans la position la plus avantageuse ; s’il y a trop de lumière, la pupille se contracte, et il est impossible de voir clairement dans l'intérieur de l'œil; lorsque la lumière vient de côlé ou par derrière, elle embarrasse lexaminateur ; les rayons se jouent entre ses yeux ei céux du cheval et l'empêchent de voir distinctement. |

On doit se garder de confondre la cataraete avec la réflexion produite par un corps blanc 2pposé à l’œil, tel par exemple qu’un mur blanchi, un chapeau blanc, une vesie ou une cravate dont la réflexion dans l'œil pourrait faire croire à une véritable cataracte; on peut s’en rendre raison

en posant un objet de couleur noire devant l'œil

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{el que le fond d’un chapeau noir, et si l’on voit

alors la tache que l’on a remarquée, disparaître, | cestune preuve qu’elle n’était que l'effet du reflet de l’objet blanc.

3 … La cataracte, petite ou grande, qu’elle attaque . un œil ou les deux yeux, rend le cheval malsain. - Jlest possible que ie cheval ne devienne pas 4 aveugle par leur présence, mais dans le plus grand . nombre de cas, la maladie progresse jusqu’à ce | que la cécité soit complète. On ignore en comà bien de temps une cataracte peut acquérir un dé- | veloppement suffisant pour la rendre visible, et » les hommes de l’art, doutent qu'elle paraisse ja- “ mais sans avoir élé précédée par l’ophthalmie + spécifique. Récemment encore, on supposait que 1 celte dernière maladie était la seule cause de la

| cataracte, et que celle-ci ne guérissait jamais, - mais des investigations postérieures ont.jelé quelque doute sur la vérité de ces deux asserlions. Quelques praticiens anglais affirment que la calaracte peul se former sans attaque préalable ; L ’ophthalmie spécifique, et qu’elle peut se guérir: . mais celte opinion a encore besoin d'investiga-

- Es.

tions ultérieures; en tous cas, il est juste de considérer la cataracte comme donnant au cheval la dénomination de malsain; et la probabilité que tôt ou tard la vue sera détruite ne peut pas êlre mise en balance avec la possibilité qu’elle ne le sera pas un Jour.

L'amaurose ou goutte sereine consiste dans la perte définitive de la vue par l’un ou par les deux yeux, sans désorganisation apparente dans la structure de ces organes, l’homme de cheval pourra découvrir que l’animal est presque ou entüèrement aveugle, mais 1l ne pourra remarquer dans les yeux aucune trace de maladie; cependant le praticien oculiste découvrira qu'il s’y est passé quelque chose d’extraordinaire; les pupilles sont très-grandes et ne varient pas de grandeur comme dans l’état normal, selon l'intensité de lumière qui. y est projelée; les yeux ont une teinte verdâtre et ne se fixent sur aucun objet. Lorsqu'un homme regarde plusieurs objets il n’est pas difficile de s’apercevoir quel est celui qui attire particulièrement ses regards; il y a dans l'œil

quelque chose qui nous indique ce qu'il regarde,

et cette particularité, qu’on ne saurait expliquer, | existe également dans l’œil du cheval. Pour être … bref, nous l’appellerons le point de mire de l'œil; ; or, dans le cheval aveugle, il fait défaut ; de là | sans doute le terme d’œil vitreux. Cette maladie L peut se déclarer tout à coup; une chute ou un - coup sur la tête suffira pour la produire instanta- nément; mais d’autres fois elle se montre insen- { siblement et graduellement. Par un simple exa- . men de l'œil, et sans renseignement sur l'état «… antérieur du cheval, il est impossible de dire s’il acelte maladie depuis deux jours ou depuis deux » ans.

En général, le cheval aveugle lève les pieds très-haut, et les pose comme s’il voulait tâler le - terrain, avant de s’y appuyer de tout son poids; - aussi le voit-on obéir à la bride extrêmement 1 promptement. Celui qui ne possède pas une grande + expérience en matière de chevaux ne sera pas - longtemps à découvrir une cécité complète en - conduisant le cheval vers quelque obstacle, eten - observant s’il s'arrête ou s’il veut continuer de

- s’avancer ; que la cécité provienne de cataracte ou

d’un accident, que le cheval ne soït que borgne ou qu’il soit aveugle, il sera en tous cas considéré comme un cheval malsain. Les vétérinaires, aussi bien que le public, sont d'accord sur ce point, qu'il est hors de doute que le cheval quise trouve dans une de ces conditions ne peut être livré comme un Cheval sain.

Cépendant, dans beaucoup de circonstances, un cheval aveugle peut rendre autant de services qu'un autre. Atielés à des diligences, il y en a qui font parfaitement leur besogne, et pour divers genres de travaux la perte d’un œilseulementest fort peu préjudiciable ; on a même vu à la chasse des chevaux borgnes, sauter avec autant de précision que si leur vue était parfaite. Aussi lacheteur ne doit point rebuter un bon cheval borgne, s’il peut l’acheter à bas prix ; ce cheval lui fera sa besogne aussi bien qu’un autre. Maïs un cheval aveugle n’est pas sûr la nuit, lorsque le conducteur ou le cavalier ne peut voir clairement la route; en outre, on ne peut pas le mettre au pâturage, et dans beaucoup de circonstances, ilest

exposé à des accidents.

…. Les naseaux. — Les naseaux doivent être exa- * minés pour des tumeurs, pour les symplômes de | morve, pour la gonorrhée, et pour l'écoulement … qui accompagne le rhume ou catarrhe.

… Les tumeurs, en termes chirurgicaux, polypes, se trouvent quelquefois dans lun des naseaux; si elles sont petites et placées profondément, elles > échapperont parfaitement à l’investigation ; mais » sielles sont grandes, on les reconnaît par une - cerlaine difficulté dans la respiration et par la différence bien visible entre le volume d’air qui s’é- . chappe du naseau où il réside et de celui qui est resté libre; en comprimant successivement chaeun des naseaux de manière à forcer le cheval, à

- ne respirer que par un seul à la fois, il sera facile

| de s'assurer de l’état des passages intérieurs ; quelquefois aussi on pourra reconnaitre le polype en regardant, même à l’œil nu, dans l’intérieur | du nez, en tous cas, quelque petit que puisse être ; polype qui se trouve placé dans cet endroit, il rend toujours le cheval malsain ; car son volume s'accroît jusqu’à ce qu'il ferme complétement le | passage à V'air, et s’il n’est pas possible de l’ex-

ürper, 1l finit par rendre le cheval incapable de services, heureusement ces tumeurs sont péu

communes.

La morve. — Il est assez rare que des chevaux

morveux soient mis en vente; les symptômes principaux de cette maladie sont des ulcères dans les naseaux etun écoulement; puis l’engorgement des glandes dans la ganache; le plus sou-

vent l'écoulement n’a lieu que par un seul naseau,

Ja matière est épaisse, blanche ou jaune, et très-

adhérente. Cet écoulement pourra être caché par le vendeur, qui, dans ce cas, sera forcé de l’essuyer souvent avec un mouchoir ; 1l pourra aussi l'arrêter en faisant faire au cheval un temps de galop, pour lui nettoyer les naseaux, et puis y injecter quelque liqueur astringente pour arrêter

l'écoulement; il y enfoncera ensuite un morceau

d’'éponge ou tout autre objet étranger pour arrêé-

ter l'écoulement dansle naseau affecté. Il est hors

de doute que si quelques-unes de ces abomina-

bles manœuvres ont été pratiquées, elles produi- :

sent toujours quelque ulcération intérieure quise manifestera le plus souvent dans la partie qui sé-

pare les naseaux ; pour pouvoir s'en convaincre, il faudra placer la tête du cheval au soleil, ouvrir les naseaux, afin d'y pouvoir regarder aussi profondément que possible; on pourra s'assurer de la présence dans les naseaux d'une éponge ou de toul autre corps étranger en comprimant altenlivement les deux naseaux comme il a été expliqué à propos du polype, et si l'on redoutait quelque mal, il faut absolument renoncer à l’achat du cheval. Quelquefois aussi il y a certaines tumeurs ou ulcères sur les différentes parties du corps; on les appelle boutons de farcin, et s’ils sonten combinaison avec l'écoulement par le nez, il n’y a plus de doute que le cheval est morveux. La morve élant un vice redhibitoire, un cheval morveux peut être rendu au vendeur, quelque minime qu'ait élé le prix de vente.

Gonorrhée. — Le cheval a souvent un écoulement par un des naseaux, ou par tous les deux, sans qu'il soit possible de déterminer s'il est atteint de la morve ; cet écoulement peut être clair, adhérent ou blanchâtre ; il peut également être

épais, jaune, coagulé; couler constamment ou

par intervalles ; il peut adhérer aux bords des naseaux, où non; être accompagné d’un engorgement des glandes de la ganache, ou ne se combiner avec aucun autre symptôme. Quand l’écoulement n’est pas continu, il paraît après que le cheval a bu, ou pendant qu’il boit, ou après qu’il est sorti de l'écurie; souvent, lorsqu'il a été enrhumé pendant quelque temps, et lorsque la tête est mise en liberté, une grande quantité de matière s'écoule par les naseaux. Quand il est parfaitementreconnu que, malgré ces symptômes, le cheval n’est pas morveux, on dit qu'il est affecté d’une gonorrhée nasale. Mais un écoulement accompagné de tous ces signes doit toujours exciter la défiance, peut-être n’est-il produit que par un caltarrhe, et dans ce cas il disparaîtra spontanément, ou par le secours de la médecme, mais il est possible aussi qu'il se changé en morve.

Lorsqu'il est évident que le mal n’a pour cause qu’un rhume et que l’on connaît bien tout ce qui a pu arriver au cheval précédemment, on peut

regarder le cheval comme n'étant pas morveux ;

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mais, bien souvent, il est difficile de connaitre l'histoire du cheval, et de savoir s’il n’y a pas d’autres symptômes de maladie que l'écoulement ci-dessus décrit, soit qu’il soit ou non accompagné d’un engorgement de glandes ; dans ce cas, l’acheteur est en droit de rendre le cheval au vendeur, quoique les vétérinaires ne donneraient pas un certificat positif que le cheval a la morve. Cependant, il ne serait pas prudent, si l’on s’aperçoit de cette affection, de courir la chance de vouloir l'acheter; car, tant que l'écoulement n’a pas cessé, personne n’est en état de pouvoir prédire que la morve ne s’ensuivra pas, et ce n'est qu'après qu’il est guéri, ou que l'écoulement a disparu de lui-même, -que l’on peut reconnaître que cette affection n'était qu’une gonorrhée nasale.

L'opinion générale parmi les vétérinaires, quoiqu’elle ne soil pas sans quelques exceplions, est que la morve est incurable, d’où suit que tout écoulement par les naseaux, dès qu'il peut être guéri, ne peut pas être considéré comme étant véritablement la maladie nommée morve ; quoi

qu'il en soit, un cheval atteint de gonorrhée doit être Litré de malsain. Bien que son appétit soit bon et qu'il puisse exécuter les travaux les plus rudes ; néanmoins il ne pourra résister à un travail continu et très-fort, sans bientôt maigrir, et sans que l'écoulement n’augmente, et bientôt il deviendra si faible qu'il faudra absolumentle mettre à la réforme. Tout ceci, il est vrai, n’arrive que lorsque le cheval est soumis à un travail très-rude et continu, qu'il pouvait, sans trop de fatigue exécuter étant en bonne santé; mais en tous cas, cette affection le place dans la catégorie des chevaux malsains.

Rhume. — Le mal de gorge, dont il va être question, est aussi nommé rhume, toux, catarrhe, ou refroidissement. Les chevaux qui voyagent de foire en foire, sont très-sujels à celle indisposition, et ne manquent pas d’avoir des écoulements par les naseaux, de tousser, d’avoir des maux de gorge, ceux surtout que l’on trans- : porte par mer, principalement ceux qui arrivent d'Irlande et qui sont envoyés à Glascow ; ils souf-

frent beaucoup pendant le trajet sur les bateaux

à vapeur, soit de l'air frais de la mer, soit de la

chaleur du foyer de la machine; mais, dans la

plupart des casÿces accidents sont de peu d’im-

porlance, un peu de soin et des ménagements rendent bientôt la santé à l'animal, cependant il y en a qui réclament des soins médicaux et peuvent devenir dangereux, s'ils sont négligés. Les signes précurseurs sont la toux, quelque sensibilité de la gorge lorsqu'on la presse avec la main, et un.écoulement "léger et clair par les naseaux. Celle indisposition est si commune parmi les chevaux qui ont voyagé de celle manière et principalement parmi les jeunes chevaux ou ceux qui ont été mal logés pendant la route, que peu d'acheteurs y font la moindre attention; ce n’est pas cependant une chose à négliger, car 1l arrive quelquefois que jamais les chevaux ne se refont entièrement, et que des toux permanentes leur restent, et aussi que l’inflammation du gosier s’élend jusqu'aux poumons el finit par occasionner la mort. En tous eas, il ne faut pas considérer un tel cheval et l’employer comme sil

Jouissait d’une santé parfaite.

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Un cheval qui à un rhume est en tous cas un cheval malsain : le vendeur pourra en effet le garantir sain, et dire que la toux n’est d'aucune conséquence ; mais si l’acheteur veut se garantir de toute conséquence fâcheuse, il devra se faire donner une garantie spéciale pour le rhume, ou plutôt ne prendre aucune garantie. La loi en Europe exige que le cheval soit rendu aussitôt que l’on découvre qu'il n’est pas sain; si le vendeur peut prouver que l’acheteur a su au moment du marché que le cheval toussait, s’il n’a pas offert à son vendeur de lui restituer dans la même jour- née, et qu’il ne le fasse que plusieurs jours après, dans ce cas, il est possible qu’il soit tenu de garder le cheval tel qu’il est. En Angleterre la loi diffère, l'acheteur est en droit d'essayer s’il peut guérir le cheval, et s’il meurt, il suffit qu'il puisse prouver qu’il avait le rhume auquel il a succombé au moment où il la acheté.

Quoiqu’un catarrhe soit un état malsain, cependant, comme bien rarement il produit des inconvénients permanents, fort peu de personnes y

attachent une grande importance, etdans le fait,

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il peut y être remédié en très-peu de temps et par un traitement des plus simples; lorsque la maladie prend un caractère plus sérieux, bien souvent il faut l’attribuer à un traitement inintelligent plulôt qu’à la maladie elle-même, et bien souvent aussi, tout le secret provient de ce que

l’on a traité le cheval comme s’il se portait parfai-

tement bien. Tous les symptômes d’un rhume peu-

vent se déclarer dans une seule nuit, et il n’y a

pas de signes qui indiquent depuis combien de

temps le cheval en a été atteint, de sorte que si

l'acheteur veut rendre le cheval pour un rhume, il fera très-bien de le faire immédiatement, car, après quarante-huit heures, le vétérinaire sera dans l'impossibilité de déclarer si le rhume existait avant ou après le moment de la vente, et-la seule preuve qui reste est le témoignage de ceux qui ont connu le cheval précédemment, et surtout peu de jours avant la vente. Les témoignages de ce genre sont difficilement admis sans conteste, et en général il est impossible qu'ils mènent à faire connaître l’exacte vérité, envers tous ceux qui ont intérêt à la cacher, auxquels il faut

presque toujours avoir recours pour les obtenir.

Les glandes placées dans l’auge de la ganache, adhérentes au côté intérieur de los de la màchoire, se gonflent dans la gourme, la morve, el quelquefois aussi pendant un rhume invétéré, lorsque les naseaux sont très-enflammés ; si ce gonflement est le résultat de la gourme, ce qui est le cas le moins fréquent, il est sans la moindre importance; mais le plus souvent, quoique ce gonflement, par lui-même, ne rende pas le cheval malsain, il est toujours l'indice de maux plus

graves.

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