‹ Conseils aux acheteurs de chevauxChapitre 40 sur 62 · TIC · texte numérisé non relu

TIC

La nuque, à la jonction de la tête, porte quelquefois la marque de la courroie que l’on met aux chevaux tiqueurs : cette marque se reconnail en ce qu'il s’y trouve une légère dépression d’environ 8 centimètres de largeur, tout autour de la nuque ; dans cette partie, le poil est plus court et plus couché que partout ailleurs; elle est produite par lapplication fréquente ou habituelle d’une courroie serrée en cet endroit pour empécher le cheval de tiquer sur la mangeoire ; mais on ne peut reconnaitre celle marque, que lorsque le cheval a porté cette courroie pendant un temps assez long, au moins une année. Les uns ont donné à ce tic le nom de maladie, les autres celui de vice; d’autres encore ne le regardent que comme une habitude plus ou moins fâcheuse ;

d’où s’est élevée la question de savoir si ce tic constitue une condition qui rend le cheval malsain. La majeure partie des vétérinaires de profession sont d'avis de considérer ce tic comme rendant le cheval malsain; d’autres prétendent que ce n’est qu’une cause de maladie, et d’autres encore que c'en est l’effet. Les marchands de chevaux aussi ont des opinions très-partagées à cet égard ; mais tous, cependant, sont d'accord sur ce point, que ce tic déprécie la valeur du cheval, et qu'il doit, autant que possible, être caché à l'acheteur. Néanmoins, un grand nombre d'amateurs attachent peu d'importance à ce tic, s’il n’est pas poussé à l’excès ; mais ils ne doivent point oublier qu'il augmente peu à peu, et que le cheval finit par devenir un tiqueur déterminé. Quoi qu'il en soit, ceux mêmes qui ÿ altachent peu d'importance ont soin de l’empêcher, en serrant une courroie autour de la gorge. On a vu, il est vrai, des chevaux tiqueurs devenir trèsvieux, sans paraître en rien souffrir par suite de cette habitude; mais c'était pour la plupart des

chevaux dont on n’exigeait qu'un travail lent.

| 21489 =" . . Ilest bien reconnu que la majorité de ces tiqueurs | se remplissent d’air l'estomac et les entrailles, au point de nuire à la digestion, d’altérer la respiration et d’occasionner de fréquentes coliques. Les vieux chevaux tiqueurs, qui travaillent beaucoup, sont ordinairement maigres, et ont un poil sec et hérissé, Les tribunaux d'Écosse ont décidé que les chevaux tiqueurs sont malsains ; et en Angleterre, un cheval garanti sain et exempt de tous vices, peut être restitué à son vendeur, s’il est tiqueur. On sait que le tic sur la mangeoire consiste en ce que le cheval avale de l'air; animal appuie avec ses dents de devant sur la mangeoire, ou sur tout autre corps fixe ; il dilate alors la partie supérieure du gosier, et absorbe l’air en faisant entendre un bruit semblable à un grognement; pendant qu’il tique, l'animal rapproche ses quatre pieds, et tient le corps légèrement arqué. Pour s'assurer de l'existence de ce tie, il faut surveiller le cheval à l’écurie, et examiner avant . Tachat, les dents et la nuque. Chez les vieux tiqueurs, les dents incisives sont usées à la partie tranchante extérieure, et de petits morceaux en

es ee

sont enlevés par le frottement contre la mangeoire.

Les chevaux ne deviennent pas tout à coup des liqueurs consommés : cette habitude se développe chez les uns beaucoup plus rapidement que chez les autres; il n’y a point de signe qui puisse indiquer l’origine exacte de son existence; mais l’on peut supposer que ceux qui tiquent cinq ou six fois par jour, l'ont contractée depuis plusieurs semaines.

Le tic au vent est une habitude qui produit à peu près les mêmes effets que celui sur la mangeoire. Dans les deux cas, le cheval absorbe l'air, il n’y a de différence que dans la manière dont il s’y prend; le tiqueur au vent ne saisit point un corps fixe entre les dents ; il fait un bruit particulier avec sa bouche pour avaler Pair; il laisse pendré sa lèvre inférieure, qu’il fait mouvoir continuellement, et agite sa tête, dont il règle les mouvements sur ceux de sa lèvre. Cette habitude se trahit surtout lorsque le cheval est laissé en liberté; mais, comme la crainte d’une correction l'empêche parfois de s’y abandonner, quand on a

"mi

- l'œil sur lui, il faut le surveiller avec attention

dans l'écurie.

A proprement parler, l'on ne pourrait admettre que le Lic au vent ou sur l’appui, puisse être considéré comme rendant le cheval malsain; il faut,

. avant tout, prouver qu'il y ait maladie dans l’es-

pèce, et il ne peut y avoir de preuve d'existence de maladie pendant les premières périodes de ces Lies. Plus tard, il est vrai, on doit croire que l'estomac, et peut-être quelques autres organes

perdent une partie de leur énergie ; mais, quoi-

que des recherches futures puissent démontrer

qu’il n’exisle point réellement de maladie dans l'habitude de tiquer sur la mangeoire ou au vent,

néanmoins il est probable que ces tics conti-

. nueront à êlre considérés comme des maladies,

aussi longtemps qu’elles seront, comme à pré-

sent, sujettes à être des vices redhibitoires.

Page 1