MALADIES INTERNES
Le cheval estsujet à beaucoup de maladies internes, dont quelques-unes ne peuventse découvrir que par un examen continu pendant deux ou trois jours. Ces maladies sont de celles qui procèdent lentement, et qui n’influent pas direcment sur la santé générale du cheval. L'animal peut avoir une pierre dans la vessie, une maladie des rognons, du foie, des intestins, des poumons, des vaisseaux sanguins, du cœur ou d’autres parties, et ne trahir son état que dans des circonstances particulières qui produisent des symptômes si marqués, qu’un homme de cheval ne peut manquer de les apercevoir. Dans les cas de cette espèce, un vétérinaire doit être consulté ; c’est à lui de découvrir la nature de la maladie et de donner son opinion sur l’époque de son appa-
rition. Il existe cependant une ou deux maladies internes dont l’existence peut être constatée avant l’achat. Les voies respiratoires sont trèssujeltes à des maladies chez les chevaux de vitesse ; on peut, jusqu’à un certain point, juger du bon état de ces organes par l’aisance et la régularité avec lesquelles le cheval respire. La respiration peut devenir plus rapide par un temps de galop, mais on doit se rappeler qu'un cheval gras, qui n’a été soumis qu’à un travail lent, ou qui n’a pas travaillé, esttrès-vite épuisé, un exercice un peu violent le fait souffler comme s’il manquait d’haleine ; mais cet état ne doit être attribué qu’à son manque de préparation au travail et non à une maladie.
La pousse. — On suppose que cette maladie réside dans les poumons; ellé est caractérisée par une particularité dans la respiration et par le son dans la toux. Chez un cheval en bonne santé, le flanc s'élève et s’abaïisse alternativement et dans un temps presque égal; mais chez celui qui est poussif, il se soulève à demi, reste un moment
stationnaire ; puis continue à s'élever, et tout d’un
Coup il retombe comme attiré par une force puissante, et, dans cet abaissement, le flane retombe en moilié moins de temps qu’il a mis à se relever. L’expiration s’accomplit avec un effort double et prolongé, l'inspiration par un mouvement rapide et convulsif. Tels sont les principaux symptômes de la pousse. Dans la plupart des cas, on la découvre lorsque le cheval est au repos; mais elle est en général plus visible, lorsqu'il est seulement échauffé par le travail. Il y a encore un autre symptôme : c’est une toux particulière, sèche, sourde, fréquente, ressemblant à celle d’un asthmatique vieux et affaibli; ce n’est point la toux claire et sonore d’un animal en bonne santé ; lorsqu'on l’a entendue une fois, il est facile de la reconnaître. En général, on peut déterminer la toux chez un cheval en comprimant.le sommet de la trachée-artère entre le pouce et index; mais il est certains chevaux sains ou poussifs qu'il est impossible de faire tousser par cette manière; quand on y réussit, il faut examiner altentivement le mouvement des flancs. I]
arrive parfois que l’on parvient plus facilement 16,
à faire tousser le cheval, lorsque sa respiration est rendue plus rapide par un peu d'exercice. La
plupart des chevaux poussifs sont atteints d’une
toux permanente; mais quelques-uns ne toussent
pas du tout. La pousse est un état qui rend le cheval malsain : il 1’y a pas de divergence d’opinion sur ce point ; mais il peut être parfois difficile d'établir depuis combien de temps cette maladie existe; quelques-uns prétendent qu’elle se déclare subitement; que le cheval en parfaite santé le matin, peut être poussif le soir. Quoique, dans certaines circonstances, il puisse en être ainsi, il est vrai de dire que ce n’est pas l'ordinaire; d’habitude le cheval a, depuis longtemps déjà, lhaleine affectée avant que la pousse ne se dévoile; mais, dans l’espace de deux ou trois jours, elle fait alors des progrès rapides, et l’existence de la maladie devient évidente à tous les yeux.
Cette maladie ne rend pas le cheval tout à fait inutile; même dans les cas les plus graves, il est encore capable d'exécuter quelque travail. Celui qui n’est alteint que légèrement, peut même suivre encore les chiens avec assez de vigueur,
et pendant longtemps encore faire le service des diligences ; mais il doit être traité avec beaucoup de ménagements ; et souvent, en dépit des plus grands soins, il est, à certains jours, tout à fait incapable d’un travail de vitesse; il ne résiste jamais longtemps à la fatigue, et généralement il maigrit beaucoup par le travail.
Avant de mettre en vente les chevaux atteints de pousse, on leur donne parfois des remèdes pour cacher cette affection, en rendant leur respiration plus calme et plus régulière; mais les effets n’en sont pas de longue durée, et 1l n'existe aucun moyen de prévenir la toux,
Le cornage. — Quelquefois, l’extrémité de la trachée-artère est contractée ou malade, et louveriure à travers laquelle passe l'air est rétrécie;
dans cette circonstance, l'air étant obligé de tra-
verser ce passage étroit, rend un son plus ou
moins bruyant, selon le degré d’obstruction. Si la distorsion est grande, le bruit est perçant et peut être comparé au son d’une trompe; dans ce cas, on dit que le cheval est cornard, et quand l'obstruction de la trachée-artère est plus consi-
dérable, le bruit prend le son d’un sifflet, et le cheval est dit siffleur.
Cette obstruction est rarement assez grande pour occasionner un bruit quelconque, quand le cheval est au repos; mais, chez quelques-uns, il se manifeste aussitôt que le cheval est mis au trot; chez la plupart, le bruit ne.se manifeste que lorsque la respiration est rendue plus rapide par un exercice violent. Pour s’assurer si le cheval est affecté de cornage, il faut le monter et le pousser au galop en montant une colline ou dans un terrain mou, ou lui faire franchir un espace assez long pour que la respiralion soit très-accélérée. Si l'acheteur ne monte pas luimême le cheval qu'il soupçonne cornard, il doit, à l’arrivée, se tenir tout proche de la tête. Quand le vendeur cherche à cacher le bruit du cornage, il conduit le cheval au pas, assez loin de l’amateur, avant de le mettre au galop; et, au retour, il lui fait prendre le pas, de manière que la respiration est devenue calme avant que le cheval ne soit revenu près de l’examinateur.
Il y a encore d’autres maladies dans lesquelles
le cheval fait du bruit en respirant. Le souffleur respire avec difficulté et lourdement; il fait quelque bruit, en effet, mais ce bruit est sourd et peu criard. Cependant, il augmente par l’agitation, et alors on l’entend même lorsque le cheval est au repos. Celte affection est le résultat de certaine altération dans la trachée-artère, soit dans la forme ou le calibre. Il y a une autre variété de cette maladie qui diffère peu de la précédente : le cheval respire avec difficulté ; il est promptement fatigué ; ses flancs se soulèvent beaucoup et avec une grande rapidité; ils doivent principalement attirer l'attention par Lagitation qu’on y remarque.
Chez d’autres, le son est bruyant et irrégulier, ilressemble parfois au bruit d’un soufflet de forge, eton l’entend à une assez grande distance; si l’on approche du cheval, on voit qu’il a les narrines très-dilalées ; mais, dans les chevaux atteints de cette affection, les symptômes ne sont pas toujours les mêmes; il y a des jours où le bruit est à peine sensible, et où il disparaît entièrement quand le cheval est échauffé. Dans cette
catégorie il serait possible que l'affection provint de spasmes en rapport avec le sommet de la trachée-artère, et quelques hommes du métier sont d'opinion que l’intermittence du bruit est occasionnée par une obstruction dans les naseaux, où que, dans quelques cas, 1l provient d’un mouvement particulier dans les museles des naseaux. Toujours est-il qu'on ne l’entend que lorsque le cheval est soumis à un exercice rapide.
Le cheval cornard est considéré comme malsain, que ce soit dans l’une ou l’autre des hypothèses ci-dessus mentionnées. Le professeur Coleman, dans ses Lectures, parle d’un cheval qui est devenu cornard en dix jours, et Nimrod, dans ses Letires sur cette affection, nous raconte qu'un autre cheval avait été atteint de la même maladie pour avoir été laissé dans une écurie exposée à des gelées continues.
Le grognement se fait entendre par quelques chevaux lorsqu'ils sont subitement frappés du iouet ou atteints de l’éperon, ce bruit ressemble beaucoup au grognement du pourceau. Les marchands s’en méfient et le regardent comme ren-
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dant le cheval Fire Jusqu'ici l’on connait fort peu les causes et les conséquences de ce bruit, et les vétérinaires hésitent à déclarer que ce bruit puisse rendre le cheval malsain. Souvent c’est un symptôme de maladie, mais on le rencontre aussi chez certains chevaux de l’état de santé desquels on ne peut douter : néanmoins l'acheteur prudent évitera d'acheter un cheval sujet à ce grognement. On peul déterminer ce bruit en frappant ôu feignant de frapper le cheval sur le côté; mais il faut qu'il voie venir le coup dont il est menacé, et que ce coup l’atteigne subitement.
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