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l'observation est d'accord avec la théorie et si, en réalité, la femme est réglée plus tôt dans les pays chauds que dans les contrées froides, la différence ne dépasse pas des limites assez restreintes, et la prédominance du sens génital continue de s'exercer, indépendamment des conditions de climat, comme nous l'avons constaté déjà pour ce qui est de la constitution. Pour donner une idée de la variation due à la température annuelle, dans l'établissement de la puberté, disons que, dans l'Asie méridionale, sous une température moyenne de 2o°,06, les règles se montrent à 12 ans, 10 mois et 27 jours, et à 16 ans, 9 mois, 25 jours, à Copenhague, sous une température de 8°, 02.
Différence : 3 ans, dl mois et 2 jours, entre deux contrées du globe si distantes l'une de l'autre! Écart bien faible assurément, et peu en rapport avec les conjectures qu'on était en droit de baser sur des données spéculatives. Mais lorsqu'il s'agit d'une grande fonction comme la fonction menstruelle dont le but d'activité est la perpétuité de la race humaine, les choses ne se passent pas de la même manière que pour les autres êtres de la création. On peut le constater quand on étudie les conditions de l'acclimatation de
l'homme sous les latitudes les plus opposées. Partout on le voit s'accommoder, à la longue, aux milieux en apparence les plus meurtriers et résister aux causes de destruction qui seraient fatales à d'autres espèces ; c'est que la destination de l'homme est de pourvoir à l'aménagement du globe et de porter le progrès jusqu'aux confins des terres habitables. Pour cela il lui fallait une force de résistance qui lui permît de braver toutes les intempéries et toutes les vicissitudes de température. En somme, il résulte d'un travail de Robertson sur ce sujet, que la plupart des femmes dans l'univers entier sont réglées, indépendamment de la position géographique, aux approches de quatorze ou quinze ans.
§ III. — Conditions sociales.
Sous ce titre générique nous comprenons l'éducation, l'habitation, le régime alimentaire et tout ce qui constitue le genre de vie dans les différentes classes. A première vue, on comprend, sans qu'il soit besoin d'entrer dans les détails de la question, combien ces
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influences multiples doivent exercer de puissance sur la première éruption des règles, quand on sait déjà quelle est leur action sur l'organisme en général. Nous n'entendons pas analyser minutieusement le problème si complexe du genre de vie propre à toutes les catégories d'individus qui forment une population, pour en déduire les conséquences immédiates, au point de vue de la maturité sexuelle. Ce serait une œuvre puérile et d'ailleurs pleine d'incertitudes. Il suffit à notre but de nous en tenir aux grandes classifications qui établissent entre les jeunes filles d'un même pays une ligne de démarcation assez tranchée, relativement à leur genre d'existence, pour qu'il doive nécessairement en résulter une modification sensible dans l'accomplissement de toutes leurs fonctions et, finalement, dans leur développement physique. Or, il nous paraît on ne peut plus légitime de distinguer, à ce point de vue, les paysannes et les citadines, et de diviser cellesci en filles de famille qui vivent dans l'opulence ou au moins, dans une position aisée, et les ouvrières adonnées aux travaux des diverses professions et trop souvent condamnées à la pénurie si ce n'est à la misère. Eh bien ! voici ce que révèlent les recherches pour-
suivies depuis longtemps, sur celte matière, par les auteurs les plus accrédités :
1° Dans les villes, la fonction menstruelle est plus hâtive que dans les campagnes. En comparant Paris avec quelques communes rurales situées dans un rayon de six à douze kilomètres, par exemple : Vitry, Choisy-le-Roi, Thiais, etc., on trouve que les filles de la campagne sont réglées dix mois plus tard que celles de la capitale. De plus, il est prouvé qu'il y a, parmi les paysannes, beaucoup de disposition au retard dans la maturité procréatrice. Ainsi, tandis que sur cent femmes, Paris peut en fournir soixante et onze, c'est-à-dire près des trois quarts, formées avant la quinzième année révolue, les villages qui ne sont éloignés de Paris que de deux lieues seulement, n'en donnent plus que quarante-six : c'est-à-dire, que plus de la moitié des femmes qui les habitent ne parviennent à la puberté qu'après l'âge de quinze ans. (Raciborski.)
Si les citadines arrivent à la puberté plus jeunes que les campagnardes, cela tient, sans contredit, à ce que leur système nerveux, au contact d'une civilisation plus raffinée, acquiert une impressionnabilité plus
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exquise, en même temps que la lecture des romans, la fréquentation des théâtres et la galanterie des hommes tendent à surexciter chez elles le sens génital. La nature de leurs occupations qui n'exigent pas, en général, une notable dépense de force musculaire, concourt, de son côté, à accentuer la différence qui les sépare des femmes de la campagne.
2° Parmi les femmes des villes et surtout celles des grandes capitales, on voit les règles s'établir plus tôt chez les riches que chez les pauvres, plus tôt aussi chez celles qui vivent dans l'oisiveté et l'aisance, que chez celles qui attendent leur pain quotidien de l'exercice d'un métier manuel. Ici encore rien d'étonnant; car indépendamment de l'excitation des sens que produisent le luxe et les habitudes de ce qu'on appelle le monde, il faut tenir compte du régime alimentaire et de son influence sur les fonctions plastiques, d'où résulte le ton de la vitalité et, en dernier lieu, le développement de tout l'organisme.