FAVORABLE A LA CONCEPTION
Il résulte des recherches de plusieurs physiologistes et, notamment d'un mémoire publié en 1843, par Pouchet, de Rouen :
■1° Que la fécondation est en rapport constant avec la menstruation.
2° Que, dans l'espèce humaine, on peut préciser rigoureusement l'époque intermenstruelle où la conception est matériellement impossible, et celle, au contraire, où elle a des chances de s'accomplir.
Pour établir cette loi, l'auteur invoque les données expérimentales que nous allons rapporter.
Ainsi, l'on sait que les ovules des mammifères sont émis à des époques déterminées, qui concordent avec la surexcitation de l'appareil sexuel, et que cette surexcitation correspond à la menstruation, chez la
femme; conséquemment il faut reconnaître aussi que l'ovulation, dans l'espèce humaine, est subordonnée à la fonction cataméniale, et qu'il est possible d'en assigner rigoureusement l'époque.
D'autre part, il est hors de conteste :
1° Que les vésicules de Graaf, chez la femme, n'émettent leurs œufs qu'à l'issue de la menstruation, soit immédiatement après, soit un, deux, trois ou même quatre jours plus tard ;
2° Que les trompes emploient de deux à six jours pour transmettre l'ovule à l'Utérus.
Si cet ovule a rencontré, dans son trajet, quelque molécule de fluide séminal, ou, pour parler plus exactement, quelques spermatozoïdes, s'il est fécondé, par conséquent, il reste dans la matrice et s'y développe. Dans le cas contraire, après avoir séjourné dans cet organe un certain temps, il est enfin expulsé, avec la decidua, produit de l'exsudation qui se dépose sous forme d'une membrane éphémère, à la surface interne de l'utérus, vers le déclin de l'irritation qui accompagne la période cataméniale. Cette membrane entraîne l'ovule dans sa chute, laquelle s'opère dix ou douze jours après la cessation de l'écoulement menstruel.
Or", comme il ne se produit point d'œufs à d'autre époque, la conceplion ne peut évidemment avoir lieu que dans les premiers jours qui suivent la menstruation et avant l'expulsion de la decidua. Après sa chute, la fécondation est physiquement impossible, puisque l'œuf a disparu.
Déjà ce fait avait été pressenti, dès les temps les plus reculés, et les physiologistes, de même que les accoucheurs, s'accordaient à considérer comme particulièrement favorables à la conception les premiers jours qui suivent l'époque menstruelle; le père de la médecine avait érigé en précepte, pour les femmes stériles, de rechercher les rapprochements conjugaux pendant les jours qui suivent immédiatement les règles; mais il était réservé à notre siècle, si riche en découvertes de toute sorte, de préciser un phénomène vaguement entrevu et de l'étayer sur des preuves certaines.
Néanmoins, on serait en droit d'objecter que l'imprégnation de l'ovule, pouvant s'opérer à un moment autre que celui de l'union des sexes, il suffira à cet ovule de rencontrer, dans sa pérégrination à travers les organes, quelque particule de liquide séminal, pour
être fécondé. Mais nous allons voir dans quelles circonstances les choses peuvent se passer ainsi, et quelles sont celles où le phénomène ne peut absolument pas se produire.
Rappelons donc comment s'accomplissent les faits : La vésicule de Graaf qui doit émettre l'ovule, se développe pendant le cours de l'époque menstruelle. Puis, soit immédiatement, soit de un à quatre jours après la cessation des règles, cette vésicule s'ouvre et laisse échapper l'ovule qu'elle contenait. Celui-cr, alors, saisi par le pavillon, pénètre dans la trompe, qu'il parcourt lentement, jusqu'à ce qu'il parvienne dans l'utérus, ce qui demande de deux à six jours.
Arrivé dans la matrice, l'ovule s'y trouve encore retenu de deux à six jours par la decidua, dont nous avons déjà parlé. S'il n'est point alors fécondé, il ne' se fixe point et se trouve entraîné avec la decidua, qui tombe du dixième au douzième jour, à partir de la fin des règles. Conséquemment, il peut se faire que l'imprégnation de l'ovule ait lieu par des molécules de sperme, provenant d'un rapport antérieur d'un à deux jours, parce qu'il est démontré que ce liquide conserve ses propriétés fécondantes pendant plus de trente
neures, tandis qu'un rapprochement sexuel opéré après la chute simultanée de la decidua et de l'œuf, et, durant tout le temps qui sépare cette chute de l'invasion d'une nouvelle période menstruelle, est absolument et nécessairement infécond.
C'est grâce aux mouvements propres des spermatozoïdes que s'opère leur rencontre avec l'ovule. ^Jais, quel est dans le trajet, en sens inverse, parcouru par l'ovule et le spermatozoïde, le point précis de leur jonction, et, par suite, le théâtre de la fécondation? Les expériences de Coste et d'autres physiologistes permettent d'affirmer que ce phénomène s'accomplit sur l'ovaire même; c'est donc le spermatozoïde qui parcourt tout le trajet, et l'importance de ses mouvements devient ainsi de la plus haute évidence (Mathias Duval, article génération, Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, 1872).
De ce qui précède, il résulte donc incontestablement que la conception ne peut avoir lieu, après le douzième jour qui suit la terminaison des règles, et jusqu'à l'apparition de la période menstruelle suivante. On peut ajouter encore qu'elle est tout aussi improbable pendant la durée de l'écoulement sanguin,
parce que l'ovule ne parvient habituellement dans l'utérus, comme nous l'avons vu plus haut, que plusieurs jours après la cessation du flux cataménial. Il reste donc environ huit jours par mois, du quatrième au douzième, après la période menstruelle, pendant lesquels les rapprochements sexuels ont chance d'être féconds.
§ VIII. — Des rapports conjugaux pendant la durée