‹ Conseils aux femmes sur l'âge de retourChapitre 18 sur 52 · GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS

Les auteurs qui ont écrit sur l'âge critique, chez la femme, sont en complet désaccord, quant aux dangers dont cette période de la vie est particulièrement menacée. Les uns les exagèrent à plaisir. Les autres les nient tout à fait, en s'appuyant sur ce raisonnement tout au moins spécieux : La suppression des règles, disent-ils, est un phénomène aussi simple, que son apparition, à une autre époque, est inoffensive. Pourquoi, dès lors, supposer qu'une fonction qui s'est établie sans secousse, ne doive disparaître de même, puisque, dans les deux cas, la nature obéit aux lois qui régis-

sent notre organisation? La vérité est entre ces deux opinions. Non, l'âge critique n'est pas coupable de tous les maléfices qu'on lui attribue, mais il a ses périls propres, à l'instar de toutes les périodes climatériques de l'existence humaine, avec lesquels il faut compter.

La puberté a son hygiène aussi bien que la ménopause, et il n'est pas plus permis de transgresser l'une que l'autre, sous peine des conséquences les plus graves. 11 en est de même de l'âge adulte et de la vieillesse.

On comprend aisément que les modifications physiques, qui caractérisent chaque âge, et impriment à l'économie une manière d'être distincte, imposent certaines règles de conduite, en rapport avec la direction nouvelle que prend la vie, selon qu'elle progresse dans la voie ascendante, qu'elle est parvenue à sa période d'état, ou enfin qu'elle s'achemine vers la décrépitude; car à chacune de ces étapes qui constituent les âges, correspond un ordre de maladies spéciales, étroitement liées aux conditions nouvelles de l'organisme; ce sont ces conditions particulières qui influent sur la mortalité, notamment dans les années

GENERALITES.

où s'accomplit la métamorphose matérielle et morale qu'on appelle l'enfance, l'adolescence, l'âge mur, l'âge critique ou de retour, et la vieillesse.

L'âge critique, le seul que nous ayons en vue ici, n'échappe certes pas aux risques dont nous parlons; mais à l'encoure des préjugés en crédit dans toutes les classes de la société et même chez beaucoup de médecins, nous croyons pouvoir affirmer que l'homme, parvenu à l'âge de retour, n'est pas plus exempt que sa compagne, des infirmités qui sont le triste apanage de cette période de là vie. La même fonction est atteinte chez les deux sexes : celle de la reproduction qui s'éteint; et si les organes qui la représentent, diffèrent, leurs maladies ne sont ni moins nombreuses ni moins cruelles dans un sexe que dans l'autre; ce qui ne veut pas dire, assurément, que nous cherchions à dissimuler les dangers réels de l'âge critique et à inculquer à nos lectrices une quiétude d'autant plus funeste, qu'elle les détournerait des soins et des précautions absolument nécessaires, pour leur faire traverser, sans encombre, les années qui confinent à la vieillesse. Ce que nous voulons seulement, c'est éloigner de leur esprit des fantômes imaginaires, pour

fixer plus fortement leur attention sur les vrais périls qui les menacent.

Nos avis leur seront d'autant plus profitables, qu'elles les écouteront avec cette soumission qu'inspire la confiance dans le succès. Or, nous croyons devoir le répéter : La plupart des maladies qui éclatent à l'âge de retour, chez la femme, peuvent être conjurées par une sage hygiène ou une thérapeutique appliquée à propos. Celles-là, seules, se verront livrées, sans défense, aux plus fâcheuses éventualités qui, se croyant atteintes sans rémission, se seront volontairement abandonnées au hasard, ou qui, inconscientes de leur véritable situation, refuseront de se soumettre à aucune entrave ou de modifier en rien leur manière de vivre. C'est parmi ces natures rebelles que l'âge critique marque ses victimes de prédilection. Notre ambition serait de les lui arracher.

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