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CHAPITRE V

On voit, assez souvent, des jeunes filles qui, jusqu'à l'âge de la puberté, étaient affectées de dartres réfractaires à tous les traitements, ou, du moins, très-sujettes à récidive, en être graduellement débarrassées, à mesure que s'établit et se régularise le flux menstruel. Ces guérisons peuvent se maintenir tant que la femme sera réglée. Mais vienne l'époque de la ménopause, et, dans certains cas, l'affection cutanée reparaîtra, avec sa forme d'autrefois, ou sous une physionomie nouvelle. C'est que la cause qui avait enchaîné la manifestation dartreuse, — nous voulons dire la fonction cataméniale, — n'existe plus ; que la vie génitale, en s'éteignant, a rendu à la peau ses aptitudes morbides et que rien ne s'oppose plus à l'efflorescence des maladies cutanées, détournées seulement de leur

siège, par une sorte de révulsion, mais non détruites dans l'économie.

Les éruptions que Ton voit survenir, le plus communément, à l'époque de la ménopause, sont : la couperose, l'eczéma, le lichen, le prurigo et l'inletrigo. Nous allons chercher à les décrire aussi succinctement que possible.

§ I. -— De la couperose.

Cette maladie affecte une préférence marquée pour la femme à l'âge de retour. Selon Rayer, les principales causes de la couperose sont, après la disposition héréditaire : les excès de table, les affections morales, vives ou concentrées, certaines professions qui exigent une longue attention, ou une attitude qui appelle ou retient le sang vers la tête; les applications de certains fards, les lotions avec des liqueurs astringentes, et l'abus de la plupart des cosmétiques dont les femmes se servent, au déclin de l'âge.

L'élément affecté est le même que dans l'acné : c'està-dire, les follicules sébacés de la peau. Le siège de

l'affection est borné au visage, qui peut être envahi partiellement ou en totalité.

La couperose, maladie chronique comme l'acné, offre différents degrés d'intensité. Elle apparaît, d'abord, sous forme de petites élevures coniques, rouges, qui ne présentent que plus tard, à leur sommet, une vésicule purulente ou pustule. Cette éruption n'est accompagnée d'aucune sensation douloureuse, si ce n'est quelquefois d'un léger picotement. Ces boutons pustuleux se développent successivement, de manière que les uns commencent à se montrer, quand les autres sont déjà à l'état de suppuration ou de dessiccation .

Disséminés d'abord en petit nombre, sur le nez, les joues et le front, ces boutons finissent par se rapprocher et par couvrir une grande partie du visage. La peau prend alors l'aspect huileux et luisant qu'elle revêt dans l'acné.

Quelquefois, la maladie débute d'une tout autre façon, et c'est particulièrement lorsqu'il existe une disposition héréditaire. On voit alors des plaques rouges, éparses, marbrer la face, à la moindre émotion, et préluder au développement de la couperose. D'abord

éphémères, ces rougeurs finissent par devenir persistantes, et la peau qu'elles recouvrent se tuméfie, se durcit et se recouvre de vésicules purulentes, qui se vident lentement et incomplètement. Nous avons dit que toutes les parties du visage pouvaient être atteintes, à la fols, ou isolément. Mais il est d'observation que chez les femmes, à l'âge critique, c'est principalement sur le nez que se porte le mal, et pour préciser davantage, sur l'extrémité de cet organe. La rougeur de cette région augmente après les repas, après toute excitation physique ou morale. La partie s'engorge inégalement, se déforme, devient rouge violacé, parsemée quelquefois de points noirs. De petits tubercules s'y développent, se couvrent, à leur sommet, déboutons qui suppurent, et tout autour apparaissent de petites veines variqueuses qui ajoutent à la coloration du visage. C'est, dans certains cas, comme une tuméfaction et une déformation générales, qui donnent à la face un aspect fort désagréable. Parvenue à ce degré, l'éruption s'accompagne de cuissons et de démangeaisons assez douloureuses. La couperose constitue alors une infirmité incurable, à cause de l'atteinte profonde portée à l'organisation de la peau.

Traitement. — La couperose est une des affections les plus rebelles, quand on ne l'attaque pas à son début. Aussi est-ce surtout à cette période de la maladie qu'il faut mettre en œuvre la médication indiquée par les circonstances individuelles, telles que la constitution, le tempérament, l'hérédité, etc. Qu'on le sache bien : ce ne sont pas les remèdes qui importent, «?f on en a préconisé de très-nombreux — mais leur judicieuse application ; et ce soin ne peut être, sans les plus graves inconvénients, soustrait à la compétence exclusive de médecin.

§ II. — De l'eczéma.

C'est la dartre vive des anciens. Plus fréquente chez la femme, que chez l'homme, cette maladie a pour caractère initial, de petites vésicules plus ou moins agglomérées, contenant une gouttelette de sérosité et situées au-dessous de l'épiderme. Cette sérosité peut être résorbée ou s'épancher au dehors, après la rupture de la vésicule, et donner naissance à des squames ou petites écailles, auxquelles ou reconnaît la maladie quand on n'a pas assisté à son début.

L'eczéma peut être limité à une partie du corps, comme le cuir chevelu, la figure, le mamelon, les parties génitales, l'anus ou les membres. Quelquefois il envahit plusieurs régions à la fois et donne lieu à un suintement considérable. La peau se fendille, devient rugueuse, tendue et douloureuse. Une démangeaison très-vive se manifeste, qui, sous l'influence de la chaleur du lit, s'exaspère et empêche le sommeil. Il est vrai que ces démangeaisons ne sont pas continues, mais elles se reproduisent pour la moindre cause, et l'on voit alors ces malheureuses femmes mettre à se gratter une ardeur frénétique. Cependant, au lieu de calmer le prurit, elles l'augmentent, et elles ont beau se déchirer la peau avec leurs ongles,, l'inflammation qu'elles déterminent, ajoute encore à leur supplice.

Traitement. — On distingue plusieurs espèces d'eczéma considéré au point de vue de sa nature. On l'a aussi divisé en aigu et chronique, selon la marche qu'il affecte. L'ezcéma aigu est souvent accidentel et guérit sous l'influence d'une médication antiphlogistique : émissions sanguines-, émollients sous toutes les formes, révulsifs intestinaux et régime approprié. Mais il n'en est pas de même de l'eczéma chronique, toujours lié

à une disposition organique acquise ou héréditaire. La maladie, sous cette forme, est communément très-tenace. L'eczéma, chez les femmes parvenues à l'âge critique, guérit difficilement. Les moyens qui réussissent le mieux sont : Les préparations arsenicales et les cures d'eaux minérales, prises à la station même; celles de Barèges, de Cauterets, de Bagnères de Luchon, d'Uriage, d'Aix, du Mont-Dore, etc. Puis, vient le traitement de la diathèse par l'huile de foie de morue, les ferrugineux, etc., et enfin les moyens externes : pommades, bains, compression de la peau, etc.

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