‹ Conseils aux femmes sur l'âge de retourChapitre 30 sur 52 · III. — DU LICHEN · texte numérisé non relu

III. — DU LICHEN

Le lichen est une éruption de papules légèrement rougeâtres, ou sans changement de couleur à la peau, presque toujours agglomérées, accompagnées de démangeaison et pouvant se présenter sur une seule partie du corps, ou sur plusieurs à la fois. Dans la plupart des cas, cette éruption se termine par une desquamation farineuse. Quelquefois elle laisse à sa suite des excoriations superficielles, difficiles à faire disparaître.

Les causes de cette maladie sont assez obscures. On la voit souvent coïncider avec la gastralgie et différents autres troubles des organes digestifs. Elle atteint plus fréquemment les hommes que les femmes. Mais celles-ci y sont particulièrement sujettes vers l'âge de retour, aux premiers dérangements qui se manifestent dans la fonction menstruelle.

On a distingué plusieurs espèces de lichen, selon l'intensité de ses symptômes, son siège, ses complications, etc. Mais le caractère dominant de cette affection est le prurit, qui peut atteindre un degré intolérable, surtout la nuit. Les malades ne pouvant résister au besoin de se gratter, et leurs ongles ne suffisant plus, ont recours quelquefois aux brosses les plus rudes, avec lesquelles ils se déchirent la peau, et ne se procurent un instant de soulagement, qu'au prix de nouvelles douleurs, provenant de l'inflammation de la surface cutanée.

Traitement. — Les médications à l'aide desquelles on se propose de guérir le lichen, doivent varier suivant l'intensité ,1e siège et la forme delà maladie, aussi bien que selon les conditions propres à la malade. Nous ne pouvons entrer dans tous ces détails; mais ce que nous

devons dire, c'esl que Ja guérison, toujours longue et difficile à obtenir, quand l'affection négligée au début, a amené des modifications profondes de la peau, est au contraire la règle, lorsqu'on oppose une médication intelligente aux premiers symptômes de la maladie.

§ IV. — Du PRURIGO.

De même que le licben, le prurigo consiste en une éruption de papules, généralement plus volumineuses que dans cette dernière maladie, de la même couleur que celle de la peau, et siégeant exclusivement sur les membres, dans le sens de leur extension. La démangeaison est son symptôme prédominant.

Il existe plusieurs variétés de cette affection, quant à ses caractères propres et à son siège. Sa marche est habituellement chronique, avec de fréquentes rémittences et des exacerbations qui reviennent à des intervalles plus ou moins rapprochés. Sa durée peut être de quelques semaines, seulement, ou embrasser un grand nombre d'années, selon qu'elle est greffée sur une constitution robuste, ou sur un état de santé anté-

rieurement délabrée. On distingue le prurigo du lichen, en se rappelant que les papules du prurigo sont isolées, assez grosses, irrégulièrement disséminées et accompagnées d'une démangeaison des plus vives, tandis que les papules du lichen sont agglomérées, plus petites, colorées, et donnent lieu à un prurit moins prononcé. Un autre signe qui n'existe pas dans le lichen et qui ne manque jamais dans le prurigo, c'est la petite croûte noirâtre qui recouvre chaque papule, lorsque celle-ci a été déchirée par les ongles. Le prurigo se différencie de la gale, par son siège de prédilection, qui est le cou et le dos, tandis que la gale se montre surtout au ventre, dans l'interstice des doigts, au poignet, et, enfin, à la face interne des membres. La présence de l'acarus et des sillons qu'il creuse sous l'épiderme, achèvera d'assurer le diagnostic différentiel entre ces deux maladies qui, d'ailleurs, coexistent assez souvent chez le même individu.

Traitement. — Ce serait nous répéter inutilement que de rappeler ce que nous avons déjà dit à propos des autres affections cutanées, à savoir : qu'elles réclament autant de médications distinctes qu'il y a d'indications individuelles, pour chaque cas pris isolément. Dans le

prurigo, comme pour le lichen et les autres dermatoses, c'est à la première période que la maladie offre le plus de chances de guérison. Aussi, faut-il se garder de toute temporisation, et intervenir activement, dès le début de l'éruption.

§ V. — De l'wtertrigo.

Cette maladie, la plus bénigne de toutes celles que nous avons étudiées dans ce chapitre, est cette inflammation de la peau, avec sécrétion d'un liquide nauséabond, suivie quelquefois d'excoriation superficielle, qu'on observe communément chez les enfants et les adultes chargés d'embonpoint. Elle a son siège dans les endroits du corps où la peau est en contact avec elle-même : au pli de l'aine, à la marge de l'anus, sous les aisselles, derrière les oreilles, à la surface interne des grandes lèvres, etc. Elle se développe par le frottement déterminé par la marche, ou sous l'influence d'un corps irritant quelconque. Voilà pour l'intertrigo de cause vulgaire. Mais chez la femme, à l'âge de retour, la maladie affecte un caractère de

chronicité et de ténacité qui se rapporte à l'état général, créé par la ménopause. Les parties qui, dans ce cas, sont atteintes de préférence, sont celles que baignent des flueurs blanches abondantes et acres, et les sillons sous-mammaires.

Une chaleur brûlante et très-douloureuse, surtout déterminée par les excoriations, résume, à peu près, toute la symptomatologie de cette affection, qui réagit rarement sur l'état général. Néanmoins on la voit, quelquefois, coïncider avec certains dérangements du tube digestif, ou succéder à des dartres de diverse nature.

Traitement. — Le médecin s'inspirera des indications fournies par la constitution actuelle de la malade, pour y faire droit. Puis, il instituera un traitement local qui aura pour but l'isolement des surfaces et leur modification, à l'aide de poudres absorbantes, ou autres moyens externes appropriés.

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