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CHAPITRE VI

Un grand nombre d'auteurs ont constaté, dans leurs écrits, la fréquence des maladies nerveuses qui surgissent à l'époque de la cessation des règles. Gardien, entre autres, avance cette opinion : qu'on regarde avec raison, l'hystérie, comme une maladie de l'âge critique, parce qu'elle est une de celles qu'engendre le plus souvent cette révolution de la vie féminine.

En effet, l'ébranlement qu'imprime au système nerveux, la disparition, quelquefois subite, de l'excitation mensuelle à laquelle la femme était habituée et qui avait la vertu d'apaiser son impressionnabilité, se traduit par des troubles de l'innervation dont le caractère dominant est le vague et la mobilité. Cest que le système nerveux, auquel ressortissent ces accidents, est celui qui préside à la vie végétative ou de nutrition, dont les manifestations sont essentiellement fugaces

et superficielles, sans être pour cela, moins douloureusement ressenties.

Rien ne serait plus difficile que de décrire toutes les affections nerveuses qui peuvent faire cortège à la ménopause, en raison de leur nombre et de leur physionomie variée.

Nous nous bornerons à indiquer les plus communes, en commençant par celle qui les résume toutes : la pléthore nerveuse.

§ Ier. — De la pléthore nerveuse.

Au point de vue doctrinal, il nous serait aisé de dire en quoi diffèrent, selon nos propres idées, les deux affections qu'on a nommées : pléthore nerveuse et névrose protéiforme. Mais au point de vue pratique, la similitude entre elles est trop grande, pour que nous ne les confondions pas, en un seul et même paragraphe. Aussi bien, Raciborski nous a-t-il déjà précédé dans cette voie, en réunissant les deux maladies dans une description unique, et d'une incontestable fidélité.

Indiquer tous les symptômes qui constituent la plé-

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thore nerveuse, serait chose impossible; avec leur variété et leur mobilité, ils n'entreraient pas dans un cadre tracé d'avance, parce qu'ils ne se présentent jamais deux fois de la même manière. Le moral est presque toujours affecté le premier, avec une tendance prononcée à la tristesse. Le cœur entre bientôt en jeu, à son tour, et des femmes, en apparence trèsfortes, sont prises de vertiges, d'éblouissements et de syncopes, qu'il faudrait bien se garder d'attribuer à une trop grande richesse ou à une surabondance de sang ; c'est le contraire qui est vrai. D'autres accusent des palpitations, des battements à l'épigastre, des étouffements que n'expliquent ni l'auscultation, ni la palpation. Enfin, l'appétit se perd et les digestions deviennent difficiles. A tous ces phénomènes s'ajoutent quelquefois des bouffées de chaleur, un sentiment de strangulation et de la faiblesse dans les membres inférieurs. Il y a des femmes qui se plaignent de douleurs dans certaines parties du corps, et croient distinguer, dans les endroits correspondants, des tumeurs qui n'existent que dans leur imagination.

C'est surtout chez les femmes du monde que s'observent ces aberrations, chez celles, qui ont vécu au

milieu du luxe et des plaisirs; chez celles, enfin, qui ont besoin d'émotions et qui se révoltent à la pensée que leur règne va finir. Celles-là souffrent d'un continuel agacement, et sans s'en rendre compte, concentrent sur leur individualité , tout l'intérêt qu'elles prenaient, naguère, aux personnes et aux choses de leur entourage.

Traitement. — Autrefois, on attribuait les troubles si divers dont nous venons de parler, à la pléthore sanguine, résultant de la cessation d'une hémorrhagie périodique. De là, l'habitude de saigner ces malades, qui, généralement, voyaient empirer leur situation. Aujourd'hui, nous savons que les désordres nerveux de la ménopause sont dûs à l'anémie, et nous agissons en conséquence, en administrant les ferrugineux et les toniques fixes, comme nous le faisons dans la chlor rose, avec un succès presque assuré. G'est un des progrès de la thérapeutique moderne, qu'il serait injuste de méconnaître.

§ II. — De la migraine.

Cette névrose que nous détachons, à dessein, du groupe de symptômes que nous venons d'esquisser, mérite une place à part, dans le martyrologe de la femme, à l'âge critique, parce que c'est une de celles qui infligent les plus violentest ortures et dont la physionomie est le mieux caractérisée.

Il y a des femmes qui, à chaque époque menstruelle, sont en proie à un accès de migraine. Chez d'autres, c'est à l'occasion d'une affection de l'utérus que la maladie se manifeste. Il en est, enfin, qui en sont attaquées sous l'influence de la ménopause. Il y atout lieu de croire que, dans ces différents cas, l'appareil génital est le foyer d'irradiation de la névrose cérébrale. Une théorie toute récente place cette dernière sous la dépendance du système nerveux ganglionnaire et explique, de cette façon, les vomissements et les troubles de la vue qui sont le cortège habituel de la migraine.

Traitement. — Cette maladie tend à perdre de son intensité, à mesure que la femme avance en âge. Les

médications spécifiques ont très-peu de prise sur elle, tandis que les remèdes dirigés contre l'anémie qui raccompagne souvent, procurent une amélioration rapide, si ce n'est une complète guérison.

§ III. — Des névralgies.

Ce sont des douleurs qui ont leur siège sur le trajet des nerfs superficiels ou profonds, sans fièvre, ni altération appréciable du tissu nerveux.

Les névralgies reviennent par accès, quelquefois avec une périodicité régulière. Dans l'intervalle des crises la santé semble parfaite.

Toutes les parties du corps peuvent devenir le siège de douleurs névralgiques. Il serait fastidieux de les énumérer et nous ne nous y arrêterons pas.

Les névralgies de la ménopause procèdent de la même cause que nous avons assignée aux autres affections qui font l'objet de ce chapitre. Elles réclament, par conséquent, la même médication générale,

à savoir, celle de l'anémie.

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