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CHAPITRE VII

DES HÉMORRHAGIES.

On a désigné sous le nom de force médicatrice, cette tendance de l'organisme à réparer ses propres écarts, et à protéger la vie contre les causes de destruction qui la menacent dans l'état de maladie. Souvent elle se suffit à elle-même; souvent aussi elle a besoin d'être aidée et guidée. Alors, intervient le médecin, avec d'autant plus d'utilité, qu'il sait se maintenir dans son rôle de ministre et d'interprète de la nature, selon la maxime hippocratique. C'est dire, assez explicitement, qu'il faut respecter certains actes en apparence morbides et en réalité salutaires; seulement il importe de les discerner avec soin, et ce privilège n'appartient qu'au praticien exercé. C'est surtout par rapport aux hémorrhagies qu'éclate toute l'importance d'un diagnostic exact. Ainsi, que l'économie soit opprimée par un sang trop abondant ou trop riche en globules

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rouges, et que le flux mensuel, qui lui servait autrefois de décharge, soit supprimé tout à coup, la force médicatrice se frayera quelquefois une voie nouvelle, et amènera une exhalation sanguine par l'estomac, par les bronches ou par la vessie, à moins qu'elle n'appelle la congestion vers le rectum et ne détermine des hémorrhoïdes. Soudain, les accidents les plus redoutables sont conjurés, et à mesure que la déplétion des vaisseaux s'accomplit, le calme renaît et dure jusqu'à ce qu'une crise nouvelle rende nécessaire la même hémorrhagie.

Il faudrait être assurément bien ignorant ou bien aventureux, pour combattre de pareils phénomènes, suscités par la nature médicatrice, dans le but de rétablir l'harmonie dans la circulation générale, perturbée par la ménopause. Mais tout en respectant ces efforts spontanés de l'organisme, il importe de ne pas les laisser s'égarer et dépasser la mesure; car dans ce cas, qui seul légitime l'intervention de l'art, les moyens ne manquent pas , pour arrêter des pertes hors de proportion avec les nécessités à satisfaire. Telle est, en peu de mots, la règle qui doit dicter la conduite du médecin, en face d'un hémorrhagie déplé-

tive, dans les circonstances auxquelles nous faisons ici allusion.

Mais, indépendamment de ces cas, il en est d'assez nombreux, où une médication active s'impose au praticien. Ce sont ceux où l'hémorrhagie est le fait d'une maladie locale ou générale, et l'indice d'une altération matérielle, qui n'admet aucune temporisation dans le traitementc

Ces considérations sommaire? s'appliquent également aux :

Vomissements,

Crachements,

Et pissements de sang.

Quant au flux hémorrhoïdal, s'il ne doit pas toujours être respecté, il ne doit pas non plus être réprimé à la légère; car c'est de toutes les hémorrhagies celle qui remplace le plus fréquemment une excrétion supprimée. Mais si la déperdition sanguine devient trop considérable, ou si elle n'est que le symptôme d'une lésion organique, comme un ulcère ou un cancer, par exemple, l'hésitation n'est plus permise et il faut la tarir sans plus tarder, à l'aide des procédés que commandent les circonstances.

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