CHAPITRE VIII
DES AFFECTIONS DIATHÉSIQUES.
Au premier rang des affections diathésiques, on peut placer Je rhumatisme et la goutte. Ce sont aussi ces maladies qui affligent, de préférence, l'âge de retour, par l'aggravation qui résulte de la cessation des règles. Cette observation date d'Hippocrate, qui Ta formulée dans ses aphorismes. Sénèque dit à ce propos : « Le plus grand des médecins, le créateur de l'art, a dit que les femmes ne devenaient ni chauves, ni goutteuses, avant la ménopause. Or, de nos jours, leurs cheveux tombent et leurs pieds sont pris de la goutte. Les femmes n'ont cependant pas changé de nature, mais de vie; car, devenues les égales des hommes, en fait de licence, elles le sont aussi devenues en fait d'infirmités corporelles. Leurs veilles ne sont pas moins prolongées; leurs excès en tous genres ne
sont pas moindres. En libertinage, elles ne le cèdent
pas non plus au sexe masculin ; elles, qui sont nées pourtant pour un tout autre rôle. Maudites soientelles, tant est monstrueux leur nouveau genre de débauche I Elles se font hommes. Qu'y a-t-il donc d'étonnant, que le plus grand des médecins, le plus habile observateur de la nature , soit convaincu de s'être trompé, puisque tant de femmes sont goutteuses et chauves ! C'est qu'elles ont perdu, à force de vices, le privilège de leur sexe, et, comme elles n'ont presque plus rien de féminin, elles sont condamnées aux maladies de l'homme. »
On le voit, par cette citation qui ne s'applique certes pas aux mœurs de notre temps, dissolues seulement dans certaines classes de la société, on le voit : l'abus des jouissances sensuelles et de la vie luxueuse prédispose à la goutte et la prépare pour l'âge mûr, dans les deux sexes, mais particulièrement pour la femme, et voici pourquoi : chez l'homme, né de parents podagres, ou atteints dediathèse urique acquise, les accès n'attendent pas. Ils éclatent aussi bien pendant les jeunes ans, qu'à un âge avancé. Mais il en est autrement pour la femme; préservée par la fonction menstruelle et pendant toute sa durée, ce n'est
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qu'à l'époque où s'éteint la vie génitale, que commence pour elle l'évolution d'une maladie jusque-là en puissance dans l'organisme, mais dominée par l'influence utéro-ovarique.