‹ Conseils aux instituteurs sur les nouveaux programmes de l'enseignement du dessinChapitre 12 sur 27 · PER · texte numérisé non relu

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de l'enfant tous les détails d’un récit sur lequel son imagination aura travaillé avec allégresse. Il est d’ailleurs facile à l’instituteur de lier le dessin aux autres enseignements, puisqu'il est seul directeur de l’enseignement intégral.

L'ancien système interdisait toute tentative de coloriage; c'était une grosse faute, et la nouvelle méthode veut au contraire laisser un libre cours au goût inné de l’enfant pour la couleur. Elle encourage tous les procédés et met à la disposition des élèves les crayons de couleur, même le pastel, l’aquarelle et tous moyens de reproduire des tons, dans la limite des ressources et des conditions matérielles de la classe, à condition aussi que le maître en surveille l'emploi et’ n'autorise pas des barbouillages trop informes.

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Les Instructions nouvelles recommandent le mode-

lage, que certains pays étrangers ont déjà adopté depuis quelques années avec d'excellents résultats, surtout pour les petits. C’est la meilleure manière de faire faire à l’enfant « de la géométrie », sans qu'il s’en doute : quand il a modelé une balle, il sait ce que c’est qu’une sphère; un gobelet lui donne l’idée d’un cylindre; il reproduit ces objets sous leur forme réelle, tels qu'ils sont avec leurs trois dimensions. En dessinant ensuite cet objet qu'il a créé, il comprendra {la différence entre la réalité qu’il a devant les yeux et {l'apparence qu'il doit en donner. Certains maîtres redoutent, à tort, l'introduction de cet exercice dans la classe, comme trop encombrant et salissant. Nous

expliquerons plus loin les procédés pratiques à suivre. Le système de ne prendre comme modèles dans les classes que des objets usuels offre encore pour les écoles l'avantage d’une économie absolue. On supprime tout attirail encombrant de modèles artificiels et de plâtres d'ornement, dont il fallait avoir une grande variété. On peut garder seulement quelques solides géométriques en plâtre ou en fil de fer, non plus pour les faire copier par les élèves, mais pour servir aux corrections du maître, quand il veut comparer les formes géométriques avec celles des diffé- | rents objets qui ont servi de modèles.

| Enfin le maître devra intéresser à l'art ses élèves Lo [par la vue de reproductions de tout genre : images, À photographies, estampes, cartes postales. Il se gar- | |dera bien de les faire copier, car tout modèle doit | [être pris dans sa forme naturelle de solide à trois ll dimensions, et c’est seulement à la fin des études que l'on pourrait proposer à des élèves déjà forts de copier fl quelque beau dessin de maître ancien. Mais ici on s'en servira surtout pour donner des notions élémentaires de l’histoire de l’art. Réglez naturellement vos explications sur le cours d’histoire générale et, autant que possible, en suivant la marche chronologique. Voilà un des cas où les deux classes, celle d'histoire et celle de dessin, devront avoir ce caractère de concordance si précieux ‘pour la culture et le Fe AérEOpRes ment intellectuel de l'enfant.

Écoles maternelles et Classes enfantines.

Après ces considérations d'ensemble, reprenons la série des exercices depuis le commencement et tâchons de nous pénétrer du sens des Instructions qui accompagnent les programmes dont le texte est donné ci-dessous. Depuis quelques années on comprend de plus en plus la nécessité de faire commencer le dessin aux enfants de très bonne heure. Il y a eu, à chaque . modification dans les programmes, un progrès très sensible dans ce sens. Ainsi, dans la circulaire ministérielle de 1890, on ne prévoyait pas l’usage du dessin avant les classes préparatoires et élémentaires, soit avant 7 ou 8 ans; pour les classes enfantines, il n'en était pas question. Mais, en 1905, deux arrêtés vinrent combler cette lacune; le plan d’études des ycées et collèges introduisit des exercices de dessin dans les classes enfantines, et, d'autre part, la circulaire relative aux écoles maternelles admit des crayonnages libres et des essais de copie d’objets sur le papier ou sur l’ardoise.

Il n’y a rien ou presque rien à changer pour appliquer la nouvelle méthode aux écoles maternelles; il va de soi qu’on ne peut imposer des règles à de si petits enfants et qu'il faut laisser leur imagination se donner libre cours. Leurs dessins sont généralement informes, mais ils sont pour eux une manière d'exprimer ce qu'ils voient; ce sont encore des balbu-

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