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avenir. S'il est bien dirigé et bien entraîné, il s’engagera tout de suite dans la bonne voie et n’aura plus de raison d’en sortir.
Aussi les nouveaux programmes insistent-ils avec raison sur la qualité et le nombre des exercices proposés dans les classes de l’école primaire supérieure. Bien plus que dans l’enseignement secondaire, le dessin d'ornement, la composition décorative y sont à leur place, avec tous les exercices variés de dessin, peinture et modelage qu’ils comportent. L'étude de la flore y sera l’objet d’une attention particulière. Toutes les parties d’une plante peuvent prêter à un développement décoratif; on en fera étudier les différents organes, .au besoin à la loupe, ainsi qu'on le fait au cours d'histoire naturelle. La flore marine, les algues, les zoophytes, offrent une infinie variélé de formes et de couleurs, gracieuses et imprévues ; de même pour la petite faune, insectes, coquillages, si riches en contours amusants, en tons éclatants et harmonieux. La slylisation de ces innombrables modèles peut donner lieu à toutes sortes d’inventions et aux manifestations les plus différentes du goût et
‘ de l'imagination.
Comme précédemment, la couleur entrera dans:
tous ces exercices pratiques; mais on ne se bornera plus à l’autoriser. On guidera l'élève par les règles sur les relations des tons, par des explications sur la théorie des couleurs complémentaires. Préparé par tous les exercices des classes précédentes, l'enfant a
besoin maintenant d’être dirigé et l'action du maître ,
est ici très nécessaire pour guider son instinct laissé libre jusqu’à ce moment.
La composition décorative commande une certaine contrainte : il faut que les motifs se plient au cadre proposé, entrent dans les lignes données. C’est le professeur qui proposera le schéma en le traçant au tableau. L’élève est chargé de le remplir avec une décoration de son invention dont les sujets devront toujours être empruntés à la nature; il se servira pour cela de ses dessins précédents et, comme il lui faut un nombre très varié de sujets, 1l comprendra la nécessité de multiplier les études, de collectionner les documents. Il aura, par exemple, dessiné une carotte ou un radis: si le maître lui donne à remplir un triangle, il peut styliser un de ses dessins et en faire un ornement original; de même pour toute autre forme géométrique dans laquelle il disposera une fleur ou un fruit entouré de ses feuilles. Les planches de notre brochure ou les devoirs d'élèves publiés par M. Quénioux dans le Manuel général sont de sûrs garants que les enfants bien doués aiment cet exercice et y réussissent parfois d’une façon remarquable.
La vue des beaux modèles tirés du passé est un excellent moyen d'éducation artistique. Si l’on n’est pas à proximité d’un musée pour montrer aux élèves des spécimens de beaux meubles anciens, de dentelles, d’étoffes, de porcelaines chinoises, d’estampes japonaises, de laques indous, on peut du moins avoir recours à des albums d'images ou à des photographies. On fera comprendre ce que des artistes de goût
ont été capables de réaliser et quelle diversité de productions ils ont su tirer de la nature. Mais, en même temps qu’on leur indiquera les beautés de ces modèles, qu’on ait bien soin de les mettre en garde contre le pastiche, contre limitation servile, ce fléau de l’art industriel moderne. Enseignez que la beauté de ces œuvres vient précisément de leur originalité, de l'intelligence des hommes mis en contact direct avec la réalité. Chercher à les copier dans d’autres temps et dans d’autres pays, c’est faire œuvre morte, incohérente et sans harmonie. Vos élèves doivent voir seulement dans les chefs-d’œuvre du passé un encouragement à tirer parti de tout ce qui les entoure, à en faire entrer l'essence dans leurs œuvres personnelles. À ce prix seulement, leur tempérament propre pourra se dégager; sinon ils resteront étouffés et comme paralysés sous le poids des milliers de modèles que leur offrent les siècles antérieurs. C’est une grave erreur dont nos industries ont beaucoup souffert que de chercher à reproduire mécaniquement les styles anciens et les décorations exotiques : elle n’a pas peu contribué à affaiblir notre art national,
Vous encouragerez les essais de paysages très simples, traités en pochades ou en croquis: les sujets ne manquent pas, par les fenêtres de la classe, dans la cour, en promenade. La charmante aquarelle, reproduite dans notre planche IT (n° 9), ne rappelle-t-elle pas certaines enluminures des missels du Moyen Age, dans sa minutie naïve et sincère? Elle décèle un œil
d'enfant singulièrement vif et curieux. Mais vous
montrerez aussi qu’on peut indiquer les objets par grandes masses, sans détails, et que l'effet est rendu par la vision exacte des tôns, par les oppositions de lumière et d'ombre, qu’on arrive en quelques coups de crayon ou quelques touches de couleur à donner une idée juste et expressive d’un site ou d’un monument.
Beaucoup de ces exercices seront faits, comme des devoirs, hors de la classe, ainsi que l’indiquent les programmes. On doit éviter que les élèves, amusés par ces croquis, ne leur consacrent plus de temps qu'il ne faut, au détriment de leurs autres besognes. Bien souvent il arrive qu’on a plutôt à réfréner leur zèle en ces matières qu'à l’exciter. C'est encore une affaire de tact et de sage direction.
La figure humaine prendra de l'importance et occupera dans l’école quelques séances. Le modèle ne sera pas difficile à trouver: un des élèves, occupé luimême à dessiner ou à lire, afin qu'il ne perde pas son temps, posera pour ses camarades et sera très content d'être reproduit sous tous ses aspects, au crayon ou en peinture. Le dessin aux trois crayons est à recom mander, parce qu'il introduit la couleur sans nécessiter un matériel encombrant: l'effet en est charmant et nos grands maîtres de la Renaissance en ont laissé des modèles parfaits dont il serait bon de montrer quelques reproductions aux enfants.
On peut encore se servir du modèle vivant en réunissant plusieurs personnes; c’est un excellent exercice qui apprend à grouper des pérsonnages. On peut,
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a 1 contraire, prendre son modèle en détail et dessiner à part un bras, une jambe, la main, la tête. On voit que les variantes sont infinies; c’est au maître intelligent à les utiliser de toutes les façons. Une simple étoffe jetée sur une chaise suffit à fournir de très beaux effets.
Enfin, dans une école bien outillée et munie de quelques ressources, la copie de plâtres tirés de l’art ancien et moderne complétera heureusement le cycle à parcourir. Ils seront choisis avec soin parmi les œuvres les plus belles, et en même temps parmi celles qui sont le plus caractéristiques des différentes époques. Ils fourniront l’occasion de quelques commentaires sur l’histoire de l’art à travers les âges;
on fera coïncider ces présentations d'œuvres d'art
avec les leçons d'histoire et on les introduira au fur et à mesure. que se déroule l'étude des civilisations successives. D'ailleurs, pour cette étude, les plâtres ne sont pas indispensables ; dans les écoles dont le budgel n’est pas suffisant pour en faire la dépense, on les remplacera par des photographies ou de simples cartes postales, reproductions de musées ou de monuments, qui donneront lieu aux mêmes développements historiques.
Comment on fera la classe.
Nous avons vu que les nouveaux programmes se préoccupent surtout de développer l’initiative et la
personnalité de l'enfant. Par une conséquence naturelle, ils exigent à plus forte raison des maîtres celle même initiative et cette personnalité. Tous les exercices énumérés précédemment sont trop nombreux et trop variés pour être mis en pratique chaque année dans leur intégralité : ils sont proposés seulement comme des exemples, parmi lesquels les instituteurs devront faire un choix raisonné, capable de stimuler le zèle et le goût de leurs élèves. Un maître vraiment digne de ce nom formera lui-même son plan d'études, adapté aux circonstances, au nombre et à l'intelligence des enfants, aux ressources de son école. Il est évident que le programme des études doit être différent suivant les régions et suivant les milieux où les écoles se trouvent. À Paris et dans les environs, ou dans une autre grande ville, à portée des musées, . des bibliothèques, des monuments, avec un riche outillage de photographies et de plâtres, les exercices ne peuvent être les mêmes que dans les écoles situées près de la mer ou dans la montagne. L'intérêt sera différent, quoique égal. Chez les petits citadins, on pourra faire apprécier davantage les beautés de l’art, et chez les ruraux celles de la nature. En tout cas, on tirera parti des ressources de chaque endroit en flore, en faune, en monuments, en paysages.
Mais, quel que soit le plan adopté pour les modèles et la gradation des exercices, la méthode à appliquer |ne varie jamais : partir de l’objet réel ou naturel pour lexpliquer les règles du dessin. Le temps n’est plus où il suffisait de faire prendre à l'élève son cahier de
modèles graphiques pour qu'il reproduise sur la page quadrillée placée en regard les carrés, les rectangles, les losanges qu’il voyait tracés : besogne mécanique et stérile que l’enfant faisait sans plaisir et qui ne lui donnait aucune compréhension desformes extérieures. Sans doute, le procédé était très commode pour le maître qui n’avait à s'occuper de rien et ne s’inquiétait pas de préparer sa classe de dessin. Mais un enseignement est condamné quand ni l'élève ni le professeur n'ont rien à y mettre d'eux-mêmes.
Pour bien pratiquer la méthode nouvelle, le maître devra réfléchir d'avance à sa classe de dessin et la préparer comme il prépare les autres classes. Il se préoccupera de choisir des modèles et de les graduer suivant l’âge des élèves. Il sera d’ailleurs guidé par les instructions nouvelles qui lui fourniront toutes les indications nécessaires (voir les programmes ci-après). Une fois cette partie préliminaire établie, il faut entrer dans la pratique et déterminer dans quelles conditions les plus favorables la classe, doit être faite. Nous nous inspirerons en cette matière de l’expérience des maîtres qui ont déjà introduit dans leur enseignement l’étude des modèles naturels.
Ils conseillent de diviser l’ensemble de la classe en un certain nombre de groupes formés suivant la force des élèves. À chacun de ces groupes, on donne un modèle à copier dont on explique préalablement la nature, et on insiste sur les caractères principaux nécessaires à faire ressortir dans le dessin. Lorsqu'il s'agit de petits objets, faciles à se procurer en grand
nombre, tels qu’une feuille d'arbre, une fleur, un épi de blé, il est préférable que chaque élève, ou deux élèves placés côte à côte, aient le modèle placé sur leur pupitre : les enfants se font une fête de se procurer eux-mêmes des modèles de ce genre. S'il s’agit, au contraire, d’un objet de grandes dimensions tel que le matériel scolaire peut en fournir, la chaire du maître, un tabouret, une chaise, une lampe, la fenêtre ou la porte, le poêle, un pupitre, un ballon rouge, etc, un groupe nombreux peut s'exercer ensemble d’après ce modèle unique.
La méthode recommande l'emploi de tous les procédés capables de rendre la forme et la couleur des objets. Cette liberté et cette diversité des moyens peuvent apporter un peu plus de complication dans l’outillagé scolaire; mais le professeur ne doit pas se laisser arrêter par quelques petites difficultés matérielles dont il se tirera aisément. Il y a d’abord les crayons de couleurs qu'on peut demander aux élèves d’apporter eux-mêmes et qui ne créent aucun embarras: ils produisent des effets aussi heureux que l’aquanelle:
Pour l'aquarelle, la question de l’eau complique un peules choses et certains maîtres craignent que ce né soit une occasion de désordre et de sottises. On peut d’abord en limiter l'emploi, en autorisant seulement les plus forts ou les plus sages à s’en servir. Il est pratique de faire apporter par chaque, élève, le jour voulu, sa petite bouteille pleine d’eau, avec me. nace de la confisquer s’il en fait un mauvais usage: