‹ Conseils aux instituteurs sur les nouveaux programmes de l'enseignement du dessinChapitre 7 sur 27 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VII

sais-je encore, voici que vous voulez en faire un dessinateur ?

Il y a deux choses à dire. D'abord la leçon de dessin ne doit pas être un fardeau, ni pour l’instituteur, ni pour les élèves. C’est une récréation, un délassement au milieu des tâches un peu arides

de la classe. Combien de personnes emploient leurs heures de loisir ou leurs vacances à dessiner ou à peindre? L'exercice qui met sous les yeux des enfants un jouet, une fleur ou un fruit, qui les convie à crayonner ou à colorier, même à pétrir de la glaise, qui les invite à chercher des petites combinaisons décoratives ou qui leur montre des images et des photographies, devient, aux mains d'un éducateur avisé, une sorte d’intermède reposant. Les écoliers attendent alors avec impatience l'heure du cours; bien des professeurs en ont fait l'expérience.

En second lieu, ni au maître, ni à la maîtresse qui dirigent ces exercices on ne demande l’habileté d’un artiste professionnel. Il ne s’agit pas, à l’école, de former des dessinateurs de métier, mais de préparer les futurs ouvriers et d'ouvrir l'intelligence et le goût de tous. L'éducation reçue à l'École Normale suffit amplement, si l’on y joint du goût et du savoir pédagogique. Nous connaissons des institutrices qui s’avouent franchement incapables d'exécuter elles-mêmes les jolies com-

Page 1