‹ Conseils aux nouveaux éducateurs de vers à soie: résumé des méthodes et desChapitre 11 sur 35 · DU MOBILIER DE LÀ MAGNANERIE · texte numérisé non relu

DU MOBILIER DE LÀ MAGNANERIE

Dès qu'on a pourvu au local de la magnanerie, il faut songer au mobilier.

- Ce mobilier se compose de tables ou tablettes pour supporter les vers , de filets pour déliter, de paniers ou de sacs pour ramasser la feuille, d'instruments pour la couper, de tamis ou de poches pour la distribuer, de thermomètres et d'hygromètres, enfin de boisement pour la montée*

(1) Nous ne saurions trop engager les éducateurs a faire ces calculs ; c'est la seule ma/iière de sortir du vague et de l'arbitraire dans lesquels on était constamment resté jusqu'à présent pour les éducations de vers à soie et les produits d'un établissement séricteolc. Tout le monde peut se rendre compte de la consommation de

§ 1 er .

De la couveuse pour faire éclore la graine de vers

à soie.

La plupart des petits éducateurs, dans le Midi, pour faire éclore la graine , portent cette graine sur eux dans des sachets ou la font porter par leurs femmes, la chaleur du corps agissant promptement sur le développement du germe dans l'œuf. Il y a des couveurs de profession; ce* sont des hommes qui se mettent au lit pendant plusieurs jours, tout entourés de petits paquets de graine appartenant à un certain nombre d'éducateurs. Toutes ces pratiques sont déplorables, n'offrent ' aucune régularité , aucune sûreté , et donnent, la plupart du temps, les éclosions les plus inégales. Les éducateurs un peu éclairés, ou qui font des éducations de quelque importance, ont recours soit à une couveuse, soit à une chambre d'éclosion (1 ).

feuille, du nombre de mûriers nécessaire pour produire cette feuille,

de la quantité de mètres carrés occupés par les vers au moment de

•À la montée , voilà des choses positives , tandis que le calcul par once

■' ^jSl est tout ™ ^ ^ y a d e Pl us incertain.

^ (1) Il serait bien à désirer de voir établir dans les cantons sérici-

coles de quelque importance , où il y a beaucoup de petites éducations , de bons èclosoirs publics où chacun , moyennant une faible rétribution, pourrait apporter sa graine.

La couveuse , simple boîte en bois blanc avec un appareil chauffé à l'huile ou à l'esprit-de-vin, est disposée de manière à donner à la température le degré de chaleur et d'humidité convenable. Voici la figure et la description d'un excellent appareil de ce genre que nous devons à M. Jules Liron d'Airoles, ancien secrétaire de la Société d'horticulture de Châlons-sur-Saône.

Figure de la couveuse.

La grandeur de la couveuse varie suivant la quantité de graine que l'on a besoin de mettre à

•tt

éclore. Son couveïcle X X est à charnifere et se ferme avec deux crochets.

Le devant de la couveuse est garni d'une vitre qui se glisse dans deux rainures et peut s'ôtér à volonté 5 on voit au travers ce qui se passe dans l'intérieur.

On pose les boîtes d'éclosion sur trois petits cadres mobiles en bois V V V ; ces cadres sont gar<nis d'une toile métallique ou d'un canevas, et ils glissent* comme des tiroirs , dans des rainures.

Les boites d'éclosion sont plates et en bols blanc, avec un couvercle en canevas pendant l'incubation, et un couvercle en bois plein, fermant exactement, que l'on met à la place du couvercle eh canevas au tnoment de Téclosion, pour empêcher les jeunes larves de sortir et de se répandue dans la couveuse. On petit garnir aussi le devant de chaque boîte d'une petite vitre.

Au-dessous des cadres est placé Un petit bassin plat mobile en fer-blanc W fet occupant presque tout le carré de la couveuse*

Ce bassin reçoitjl'eau destinée à entretenir l'humidité nécessaire dans la oouVeu&tf) ott met l'eau soit en retirant le bassin > soit au moyen dti petit entonnoir extérieur Z. — Le bassin pose sur l'orifice supérieur d'une sorte de trémie en planches A, dont l'orifice inférieur, plus étroit, reçoit la chaleur produite par une petite lampe B.

Dans le bas de la couveuse, sur l'un des côtés, on ménage de petits trous E pour le renouvellement de l'air. On abaisse ou on élève la température en ayant la lampe B plus ou moins forte et en ouvrant ou fermant la soupape C , ou même le couvercle XX.

Sous ce couvercle X X on tend un filet D , pour recevoir une carde de coton destinée à absorber l'humidité chaude qui se dégage dans l'intérieur de la couveuse. — Enfin on suspend un thermomètre, que Ton peut voir à travers la vitre qui est sur le devant.

Le point le plus important, dans une couveuse; est de maintenir la température à une chaleur égale et d'avoir toujours de l'eau dans le bassin en fer-blanc, au-dessus de la lampe, de manière à ce que les œufs soient toujours saturés d'humidité (4 ) .

Quant à la chambre d'éclosion , c'est une petite pièce dans laquelle , au moyen d'un poêle en faïence et non -en fonte, ou d'un calorifère, on entretient la chaleur nécessaire. Il faut également , dans la chambre d'éclosion, charger l'air d'humidité , toujours pour faciliter l'éclosion (2) .

Quelques personnes préfèrent les chambres d'é*

( I ) De nombreuses expériences nous ont démontré que cette humidité ne peut jamais être trop considérable , et que rien n'est plus favorable à l'éclosion.

vî) Ce n'est que par une grande humidité, et' en enveloppant les

closion , mais ces chambres sont plus dispendieuses, et demandent bien plus de soin et de surveillance pour entretenir la chaleur jour et nuit; il ne faut pas les quitter d'un instant , et elles ne peuvent convenir que pour des. éducations d'une certaine importance.

Les couveuses sont bien plus commodes, surtout pour les petits éducateurs; il suffit de régler deux ou trois fois par vingt-quatre heures la lampe destinée à chauffer, et de remplacer l'eau du bassin quand elle commence à s'épuiser, ce qui s'exécute avec la plus grande facilité : les éclosions, du reste, s'y font aussi bien qu'on peut le désirer (1).

Des diverses tables ou tablettes pour supporter les

vers.

Les tables ou tablettes pour supporter les vers peuvent être en planches; mais les planches sont lourdes et incommodes à manier, et en outre elles

bottes d'éclosion de linges mouillés, que M. Camille Beauvais est par- Tenu à faire éclore, aux Bergeries de Senart, de la graine de deux ans. (1) Quand, par exemple, on ne détache pas la graine des toiles, il est presque impossible de se servir de couveuse , les toiles tiennent trop de place ; mais, comme nous le Terrons, il est bien préférable de détacher la graine, et alors l'objection tombe tout naturellement.

conservent beaucoup d'humidité bous les litières. Des claies en osier ou en roseaux , des nattes tressées, des fonds en fil de fer, en corde ou en canevas sont bien préférables; cependant tous ces genres de tables ont encore un grand inconvénient, c'est de nécessiter, pour la montée des vers , des boisements grossiers et qui offrent une foule d'inconvénients. Il s'agissait de trouver des tablettes ou des claies légères, faciles à manier, parfaitement saines et aérées, pouvant servir, par-dessus , à supporter les vers pendant l'éducation, et, par-dessous, au coconage au moment de la montée ; c'est ce que M. Davril a réalisé de la manière la plus heureuse, et son système, que nous annoncions en 1848, a été couronné, depuis lors, du succès le plus complet (1).

Des claie$-coconibre& DcwiL

Une claie Davril est une planche de sapin débitée ; c'est un assemblage de petites tringles plates de bois blanc , que l'on cloue sur champ sur trois

(1) M. Davril a obtenu deux médailles d'or, l'une de la Société sérieicole en 1844, et l'antre de M. le ministre de l'agriculture et du commerce en 1847 ; depuis lors, les succès de son ingénieux appareil ont toujours été croissant.

petites tringles carrées, de manière à former deux , grilles superposées. Chaque barreau d'une grille doit répondre à un vide dans l'autre grille, et c'est dans les espèces de rainures triangulaires qui tn résultent que le coconage doit se faire. Ensuite, pour la montée, on se sert de petites échelles faites absolument comme les claies, de sorte que les vers les moins vigoureux, ou qui ont tout autre motif pour ne pas s'élever trop haut, peuvent faire aussi leurs cocons dans ces échelles.

Ainsi plus de ces masses de bouleau, de colza, de genêts , de bruyères qui s'arrangent difficilement, qui obstruent l'air, qui sont sujettes à l'incendie , qui ont besoin d'être renouvelées chaque année, et dont le placement demande beaucoup de temps et de main-d'œuvre ; au lieu de cela , le boisement le plus léger, le plus facile à poser, le plus aéré , le plus propre, le plus commode pour le service, et en même temps le plus solide (1). Mais ce n'est pas tout, le système Davril offre encore aux vers une facilité merveilleuse pour monter dans les échelles et se placer dans les claies , et l'on n'a plus , pour ainsi dire, de courts. Une fois montés, les vers tombent rarement ; ensuite, quand l'appareil est bien fait, comme la distance entre les petites tringles est calculée pour un seul ver

(1) Lorsque Ton manie avec précaution les claies et les échelles Davril, elles peuvent durer indéfiniment.

et pour un seul cocon, il en résulte qu'il est presque impossible d'avoir des doubles, ou du moins on en a si peu, que ce n'est pas la peine d'en parler (4). Enfin les claies Davril sont encore admirables pour la bonne exécution et la rapidité du décoconage. Les vers morts et les cocons fondus ne peuvent échapper et salir les bons cocons, comme dans les autres systèmes de boisement, et rien de plus aisé que de les enlever; on n'a plus ensuite qu'à passer la main légèrement entre les tringles pour faire la récolte.

L'établissement des claies Davril demande quelque dépense (2); aussi ne les conseillerons-nous pas

(1) On sait que dans la plupart des boisements ordinaires on compte jusqu'à 15 et 20 pour 100 de cocons doubles; or les cocons doubles se vendent à peine 50 centimes le kilog., tandis que les bons cocons valent jusqu'à 4 fr. 50 c. : qu'on juge de la perte.

(2) Tous les autres systèmes de tables, même les planches, toutes grossières qu'elles soient , nécessitent une dépense ; on calcule que par 1,000 kilog. de feuille consommée , ou 50 mètres carrés de vers au cinquième âge , il faut pour 120 à 130 fr. de planches de sapin, les claies en osier, les nattes tressées, les canisses, les canevas, etc., garnis de leur boisement, peuvent coûter de 250 à 300 fr. Il faut compter au moins 400 fr. avec les claies Davril , toujours pour 1,000 kilog. de feuille et 50 mètres carrés de vers.

A Paris, M. Clair, qui veut bien se charger de faire les modèles de la Société , ne peut exécuter une claie de 1 D ,33 sur 66 centim. et une échelle de l m ,33 sur 33 (ce sont les grandeurs indiquées par M. Davril) que moyennant 2 fr. 75 c. la claie et 2 fr. 10 c. l'échelle ; mais il s'agit de Paris, où le bois et la main-d'œuvre sont très-chers, et où il n'est pas question de construire des magnaneries. Quand on veut un modèle, on ne regarde pas à quelque chose de plus pour l'avoir

à la pauvre femme des campagnes ou au petit cultivateur qui élèvent quelques milliers de vers comme ils peuvent et où ils peuvent, sur de mauvaises planches, et même dans des paniers ; mais, toutes les fois qu'un éducateur aura quelque aisance, quelque intelligence, et qu'au lieu d'abandonner ses éducations à des fermiers ignorants ou à des ouvriers plus ou moins maladroits il voudra s'occuper lui-même de cette industrie si attachante et si entraînante, nous lui dirons : Essayez des claies Davril, faites-en faire seulement une douzaine; ou •nous nous faisons bien illusion , ou, une fois que vous les aurez expérimentées, vous n'en voudrez plus d'autres.

Ces claies nous paraissent avoir une si grande importance pour l'avenir de la sériciculture (1), que nous croyons devoir entrer ici dans quelques détails sur la manière de les construire; nous y joindrons une figure, avec explication, qui a paru dans le VI e volume des Annales de la Société (2).

bien exécuté. Il y a beaucoup de localités où l'on fait faire ces claies et ces échelles pour 2 fr. la claie et 1 fr. 25 c. l'échelle , et peut-être même pourrait-on encore les obtenir à moins.

Il faut 60 claies de l m ,33 sur 66 et 120 échelles de l m ,33 sur «13 pour 1,000 kilog. de feuille ou 50 mètres cacrés de vers. Quatre échelles servent pour deux claies.

(1) C'est certainement après les filets l'amélioration la plus importante qui ait été apportée à l'industrie de la soie.

(2) Rien n'est plus simple que d'établir les claies et les échelles Davril; c'est certainement un des, appareils les moins compliqués

La grandeur des claies Davril , comme celle de toutes les autres claies, peut varier suivant les idées de chacun; mais ce qui doit être observé scrupuleusement , ce qui constitue véritablement le système, c'est l'épaisseur des tringles qui composent les claies et les échelles , et l'écartement de ces tringles.

En conséquence, les tringles plates doivent avoir exactement 1 5 millimètres de large sur 6 millimètres d'épaisseur, les tringles carrées 4 6 millimètres sur les quatre faces, et le tout doit être cloué de manière à ce que les rainures triangulaires, formées par la superposition des deux grilles composant la claie, offrent 3 centimètres de large sur 3 de profondeur.

Cette dimension des rainures est surtout de la plus haute importance , une longue suite d'é-

que Fou puisse imaginer, et d'un autre côté il est impossible d'en avoir donné des explications plus claires, plus nettes, plus positives que ne Fa fait, en toute circonstance, la Société séricicole.

Cependant les méprises les plus incroyables ont lieu tous les jours dans l'application ; il paraît que la plupart des hommes ne comprennent pas les plans ou ne veulent pas se donner la peine de > Jes étudier.

Une des plus fortes erreurs Commises à ce sujet a été celle de cet honorable éducateur de l'Hérault , qui, au lieu de prendre de petites tringles de bois blanc , avait construit son appareil avec des espèces de poutres , de manière à avoir une véritable charpente de cathédrale , où il s'étonnait de ne pas voir filer ses vers commodément.

tudes et d'expériences ayant démontré à l'auteur que c'était l'espace le plus favorable pour faire filer les vers.

Quant aux reborda des claies, il n'est point nécessaire d'observer une dimension déterminée; mais celle de 4 centimètres de large sur 8 millimètres d'épaisseur, indiquée par M. Davril, nous parait être la plus convenable (1).

Les tringle* et les rebords doivent être débités k te soierie mécanique ; on obtient ainsi une parfaite régularité et une grande économie. 11 faut choisir avec soin de bons morceaux de sapin du Nord qui soient t>iw 4e fil et offrent le moins de nœuds possible,

Unq fois les tringles et les rebords débités , il n'y a plus qu'à les couper de la longueur que l'on a adoptée et à les assembler au moyen de clous d'épingle, oe que tout le saonde peut exécuter sans la moipdce difficulté. Seulement, comme il est nécessaire que toutes les claies soient exactement de

(1) On met des bords à toute espèce de claie, afin d'empêcher les Yers de tomber. Eo général, chaque claie a ses bords et forme ainsi une espèce de cadre; c'est peut-être plus solide, plus portatif et plus facile à manier. Dans ces derniers temps , quelques personnes , et notamment M. H oçrrigat de Lunel (Hérault) , ont préféré mettre, dans toute la longueur des tables, de longues rainures fixées sur les poteaux qui forment rebords, et dans lesquelles on place les fonds de claie les uns à côté des autres; ce système nous parait aussi avoir ses avantages.

la même dimension, et que les échelles, bien pareilles également, puissent s'appliquer indifféremment à toutes les claies , on fera bien d'avoir des formes (1) pour faire les assemblages, et l'opération en sera de beaucoup simplifiée.

Les formes doivent avoir en longueur ce que l'on veut donner de largeur aux fonds de claie ou aux échelles. Pour les fonds de claie il faut trois formes, l'une à chaque bout, l'autre au milieu. Pour les échelles deux formes suffisent , l'une en bas , l'autre en haut.

Les formes sont des tringles de bois dans lesquelles on a creusé des entailles de manière à pouvoir y placer sur champ les tringles plates des claies ou des échelles , que l'on cloue ainsi plus facilement et plus régulièrement sur les tringles carrées.

Les crans doivent avoir entre eux la distance indiquée par M. Davril pour les tringles plates, c'est-à-dire qu'il ne doit y avoir entre chaque cran que 27 millimètres, ou plutôt 26, parce qu'il faut laisser un peu de jeu pour entrer les tringles plates.

Chaque forme a deux rangées d'entailles qui s'entre -croisent entre elles comme les tringles plates doivent s'entre-croiser elles-mêmes, c'est-à-

(t) En langage d'atelier, guideâne.

dire que, d'un côté, une entaille répond au plein laissé, de l'autre côté, par deux entailles, comme une tringle plate , dans le fond de claie ou dans l'échelle , répond au vide laissé , de l'autre côté , par deux tringles.

Nous pensons que ces explications, jointes à la planche que nous reproduisons ici , suffiront à la plupart des éducateurs; cependant, pour plus de sûreté encore , nous conseillerons d'avoir un modèle de fonds de claie et d'échelle (1).

Explication de la planche représentant les claies*

coconières Davril.

Fig. 1.

A, claies-coconières avec leurs cadres.

B, échelles pour la montée des vers.

C, clous d'épingle pour tenir les échelles.

D, montants pour placer les supports.

E, supports.

F, dessus de là claie-coconière où l'on met les

(1) Ou peut se procurer ces modèles à Paris, chez M. Clair, rue dd Cherche-Midi, 93. On y trouvera également des formes pour Fusse m bl âge des claies et des échelles. M. Clair est un habile mécanicien, occupé habituellement d'importants travaux; c'est uniquemeut par dévouement pour l'industrie de la soie et par amitié pour nous qu'il veut bien construire nos modestes appareils de bois blanc.

vers avec un papier ; les vers de la claie inférieure viennent ensuite coconner en dessous par le moyen des échelles.

Fig. 2.

Cadre séparé de la claie, vu en plan*

Fig. 3.

Côté de cadre, vu de face.

G, trous percés pour mettre les clous d'épingle destinés à tenir les échelles.

Fig. 4.

Claie-coconière sans son cadre.

A, tasseaux de 1 5 milllimètres carrés pour soutenir les tringles.

B, tringles de 6 millimètres d'épaisseur et de 15 millim. de large, clouées de champ sur les tasseaux, à 2ft millim. de distance entre elles, de manière qu'alternativement il y ait une tringle en dessus des tasseaux et une en dessous, formant ainsi deux rangs distincts , séparés dans le milieu par les tasseaux, et présentant des triangles qui ont 3 centimètres de large à la base et 3 centimètres de hauteur de la base au sommet.

Fig. 5.

Coupe d'une claie sur la largeur.

as

A, tasseaux.

B, tringles.

Fig. 6,

Tasseau séparé de 15 millim. carrés, pour supporter les tringles.

Fig. 7.

Tringle séparée de 6 millim. d'épaisseur sur 15 millim. de large.

Fig. 8.

Les cocons se trouvent, comme les tringles, sur deux couches séparées entre elles par les tasseaux, le dessin ne pouvant représenter sans con* fusion les deux couches superposées.

À, cocons de la couche de dessus.

B, cocons de la couche de dessous.

C, cadre.

D, tasseaux.

E, tringles.

Fig. 9.

Corps d'échelles pour faire monter les vers.

B, tasseaux de 15 millim. carrés pour supporter les tringles.

Échelle garnie de ses tringles.

Ces tringles doivent avoir les mêmes dimensions que pour les claies , être placées à la même distance et disposées absolument de même.

Fig. 44.

Coupe d'échelle sur la largeur.

A, tasseaux.

B 9 bouts des tringles.

De l'arrangement des tables ou claies dans la

magnanerie. .

Quel que soit le genre de tables ou de claies que Ton adopte, il faut toujours qu'elles soient légères , faciles à manier et à changer de. place; nous ne saurions trop blâmer ces longues tables en roseaux ou en canevas que l'on voit dans plusieurs localités , et qui sont clouées à demeure sur des poteaux. La mobilité des claies est extrêmement utile; on peut les transporter d'un atelier à l'autre , et dans le même atelier il est quelquefois très-avantageux de pouvoir les déplacer.

Les claies ne doivent pas être trop larges ; il faut que deux personnes, une de chaque côté, puis-

sent en faire facilement le service. Une largeur généralement adoptée est celle de 1 m ,30 à 40 centimètres.

Les claies se superposent dans la hauteur de l'atelier, et on en forme plus ou moins de rangs, sui-* vant le plus ou moins de largeur de cet atelier. Il faut tirer le meilleur parti possible du local, mais cependant sans trop accumuler les vers. La distance qui paraît la plus convenable entre les claies superposées est de 33 à 35 centimètres. La première claie , par le bas , doit être à 60 ou 70 centimètres du plancher. Quant aux rangs de claies, on doit éviter de les placer contre les murs, et il faut que Ton puisse tourner tout autour; on fait les passages aussi étroits que possible, mais il est bon d'en ménager deux plus larges qui coupent en croijc l'atelier ; c'est très-important pour la distribution des feuilles et la circulation des gens de service (1).

Toutes les tables ne se trouvant pas à la ptfrtée des ouvrières chargées de soigner les vers et de leur donner à manger, pour atteindre les claies d'en haut les uns emploient des échelles , d'autres construisent de faux planchers à claire-voie qui coupent la magnanerie , dans sa hauteur, en deux et quelquefois en trois parties. 11 existe beau-

(1) En généra], il faut compter, pour 50 mètres carrés de table, 100 mètres cubes de bâtiment, ainsi (|ue nous Tarons dit plus haut.

coup de variations dans la grandeur et la forme des échelles et dans la manière de les faire circuler. On n'est pas plus d'accord sur la disposition des faux planchers, cela se conçoit : sur les principes tels que la ventilation de la magnanerie, l'égalité de la température, la propreté de l'atelier, l'égalité à entretenir parmi les vers, il ne peut y avoir de discussion, ces principes sont bien arrêtés; mais il est impossible de poser des règles fixes sur les détails de mobilier et de manutention , et chacun se décide d'après ses goûts et d'après les circonstances*

Quant à nous , nous n'hésitons pas , pour toute magnanerie un peu importante, à préférer le faux plancher à claire-voie. Dans les petites éducations, la moindre échelle ou le moindre escabeau suffisent parfaitement.

Tous les appareils de claies connus jusqu'à nos jours avaient toujours reposé sur des montants fixes. Dans ces derniers temps, on a imaginé des systèmes de montants tournants ; ce sont deux roues parallèles entre lesquelles un certain nombre de claies se trouvent suspendues de manière à être, toujours en équilibre et à arriver, à mesure que les roues tournent, à la hauteur de l'homme, rendant ainsi inutiles les échelles et les faux planchers qui sont nécessaires avec les montants fixes. En un mot, avec les montants fixes, il faut que les

ouvrière aillent trouver les vers, pour leur don* ner de la feuille et les déliter; avec les montants mobiles, ce sont les vers qui viennent trouver les ouvriers.

Les esprits n'ont d'abord été frappés, dans les claies tournantes, que par le côté assurément ingénieux du mécanisme , qui a pour but d'économiser la main-d'œuvre, tout en diminuant la peine des ouvriers.

Mais la réflexion est venue bientôt démontrer que ces avantages n'étaient pas aussi grands qu'dta l'imaginait. D'abord on ne peut pas dire qu'il y ait économie de main-d'œuvre avec les procédés tournants; car le temps qu'il faut employer à charger également les claies, à équilibrer les vers sur ces claies, à faire marcher l'appareil compense bien celui qui est nécessaire pour aller chercher les vers. Ensuite l'avantage de diminuer la peine des ouvriers est exagéré ; il serait à désirer pour eux qu'il n'y eût pas de métier plus fatigant que celui de monter sur les échelles d'une magnanerie, On objecte que les échelles peuvent offrir quelques dangers, surtout pour les femmes; cela est vrai : aussi, du moment que les éducations ont quelque importance et que l'atelier est un peu élevé, conseillons-nous d'adopter .les faux planchers , qui offrent toute sécurité de circulation.

On avait parlé d'une ventilation qui s'établirait

naturellement par la rotation des claies; mais l'expérience démontre que ce n'est pas un renouvellement d'air qui se produit alors, mais une simple agitation qui ne peut, en aucune façon 9 dissiper les mauvaises odeurs et rendre à l'air sa pureté.

En résumé, les procédés tournants coûtent beaucoup plus cher, ils tiennent au moins autant de place que les autres systèmes, si même ils n'en tiennent pas davantage (1 ) , et , ce qui est bien plus grave, par cela seul qu'il y a mouvement et rifécanisme, ils peuvent se déranger ; on risque de recevoir tout l'appareil sur la tête, sans compter la perte des vers (2) : aussi nous serions bien trompé, si ces appareils devenaient jamais populaires,

(1) Avant le système Davril, on aurait été fort embarrassé de faire coconner les vers dans des claies tournantes. Qn sait quelle force de résistance présentent les bouleaux et même les bruyères, qui, courbés pour faire les cabanes, tendent toujours à soulever les claies supérieures. Le système Davril ferait disparaître cette objection ; mais toutes les autres n'en subsisteraient pas moins.

(2) Nous en connaissons plusieurs exemples ; ainsi madame la baronne Liégeard, à Fixin (Côte-d'Or), a eu un appareil de plus de 30 claies tournantes qui s'est effondré tout à 'coup au moment de la montée; ce n'était plus qu'un monceau de bois brisé, ù litières et de vers écrasés.

Des filets pvur déliter les vers.

Nous avons dit xjue, pour élever les vers à soie, on était obligé de les accumuler sur des tables ou sur des claies. Dans cette situation , leurs excréments forment , avec les résidus des feuilles f d'épaisses litières. Ces litières, si on ne les enlève promptement, se changent bientôt en un véritable fumier, d'où s'élèvent sans cesse de funestes exhalaisons, causes incessantes des maladies. Il faut donc faire disparaître les litières et tenir les vers dans une grande propreté. D'un autre côté, au réveil de chaque âge, il est nécessaire de transporter les vers à soie sur de nouvelles claies, où on leur laisse au moins le double d'espace qu'ils couvraient dans l'âge d'où ils viennent de sortir. Enfin, au moment de la montée, il faut quelquefois les transporter sous les cabanes.

Toutes ces opérations, de temps immémorial, se faisaient à la main. Ainsi, dans les premiers âges, on plaçait, sur les tablettes, des rameaux que Ton enlevait ensuite tout chargés de vers. Dans lçs derniers âges, on prenait les vers a pleine main, et on les mettait en monceaux sur des plats ou sur des assiettes; cela prenait beaucoup de

temps, et les malheureux vers , entassés, froissés et pressés , souffraient toujours extrêmement de cette opération. Aussi les délitements n'étaient-ils exécutés, pour ainsi dire, qu'à la dernière extrémité ; de là les exhalaisons fétides et les émanations pestilentielles qui faisaient de l'art du magnanier un métier si rude et si dégoûtant , et qui détruisaient tant d'éducations.

Quelques personnes, de loin en loin, avaient songé à poser , sur les vers à soie , des filets chargés de feuilles, pensant, avec raison, que, si les vers pouvaient monter sur ces filets et sur ces feuilles, il devrait ensuite être facile de les séparer de la litière, et de les transporter comme on voudrait et partout où on voudrait ; mais, comme les filets alors connus et employés n'étaient que des filets ordinaires dont les mailles sont en losange, ces mailles s'ouvraient mal, et les vers les traversaient difficilement, ou même y restaient pris et étranglés au moment du délitement.

11 suffisait, cependant, d'un simple perfectionnement, pour tirer de l'emploi des filets tous les avantages que l'on devait en attendre. Ce perfectionnement, M. Camille Beauvais a eu le bonheur de le trouver; c'est un progrès immense, et qui, seul, a changé la face de l'industrie de la soie, en substituant, à des moyens de délitement longs, pénibles, grossiers et difficiles à exécuter, un dé-

litement facile, expéditif et véritablement manufacturier.

Les nouveaux filets sont à mailles carrées, de manière à ce qu'ils restent parfaitement ouverts, soit au moment où les vers tes traversent pour monter sur la feuille nouvelle, soit au moment du délitement ; la manière de les faire est assez ingénieuse et en même temps bien simple.

Voici le dessin que nous en avons donné, en 1 837, dans le I er volume des Annales séricicoles.

On commence par une maille en B ; puis, à

chaque tour, on augmente d'une maille jusqu'à ce que l'on soit arrivé à la largeur que Ton désire en A D ; à partir de AD jusqu'à C F, on augmente d'une maille à un tour et On diminue d'une maille à l'autre tour alternativement, augmentant en D F et diminuant en A C ; la longueur du filet dépend du nombre de tours que" l'on fera ainsi en augmentant et en diminuant. Pour terminer le filet, à partir de C F 7 on diminue d'upe maille à chaque tour jusqu'en F.

On fait maintenant des filets dans beaucoup de localités; on y emploie avec succès les prisonniers des maisons de détention, les pauvres des hospices. A Paris, plusieurs maisons se sont consacrées à ce genre de fabrication; la mai^m Lebatard-Clavaux seule, rue Coquillière, fabrique par année, terme moyen, 100,000 mètres carrés de filets. Ce fait est plus concluant , pour établir la popularité toujours croissante des filets , que tout ce que l'on pourrait dire.

Les filets employés au délitement des vers donnent non-seulement les moyens d'opérer le délitement avec promptitude et facilité, mais encore de laisser sur la litière tous les vers faibles ou malades, et de ne prendre absolument que ceux qui sont robustes .et bien portants, ce qui est précieux pour préserver les éducations de la contagion des maladies. Il n'y a rien non plus de mieux imaginé

que les filets pour rétablir l'égalité parmi les vers; enfin leur emploi est parfait pour les dédoublements, lorsque la rapide croissance des vers rend ces dédoublements nécessaires. Nous nous réservons de revenir sur tous ces points, lorsqu'il s'agira de l'éducation proprement dite.

Les filets doivent être en fil de bonne qualité et confectionnés avec un certain soin ; ils coûtent, à Paris, 80 centimes le mètre carré. Quoique jamais dépense ne puisse être plus utile et plus fructueuse en résultats, cependant les petits éducateurs doivent encore y regarder, et il leur serait souvent impossible de trouver l'argent nécessaire. C'est ce qui a conduit M. Eugène Robert, de Sainte-Tulle (Basses-Alpes) , à imaginer des filets de papier qui coûtent beaucoup moins, et qui sont plus à la portée de tous. La dépense, en définitive, est à peu près la même, car il faut renouveler les- filets de papier tous les ans, ou au moins tous les deux ans, tandis que les filets de fil durent indéfiniment ; mais , pour les filets de papier , cette dépense se trouve divisée en plusieurs années, ce qui la rend beaucoup moins pénible et presque inappréciable, tandis que, pour les filets de fil, il faut faire tout de suite l'avance de la somme entière.

Les filets de papier sont tout simplement des feuilles de papier, percées de trous à l'emportepièce, que l'on couvre de feuilles après les avoir

posées sur les vers comme on pose les filets de fil.

C'est à populariser ainsi les nouvelles méthodes que s'est consacré M. Eugène Robert. Les services rendus par lui à l'industrie sont très-grands ; car, comme nous le disions en commençant et comme on ne saurait trop le répéter, ce sont les petites éducations qui sont la véritable source de la production de la soie.

En résumé , nous dirons : aux grands établissements les filets de fil comme étant plus durables, plus solides ; aux petits éducateurs , les filets de papier comme étant moins coûteux , plus faciles à se procurer (1). Nous ajouterons que, dans les grands établissements , il y a une période de l'éducation où l'on devra employer les filets de papier, c'est lors de la montée des vers sous les cabanes; à cet instant, on ne peut plus se servir de filets de fil, tandis qu'en coupant les filets de papier de la largeur des cabanes on peut, par ce moyen, déliter les vers jusqu'au dernier moment, et les préserver des déjections des autres vers auxquelles ils sont exposés.

(1) Bans les petites éducations où une personne seule soigne les vers, les filets de papier, divisés en bandes étroites, sont aussi plus commodes à manier, et pour les transporter il suffit de les faire glisser sur une petite planche.

Des pmiers, sacs et poches pour la cueille et la distribution de la feuille.

Si les plantations de mûriers sont à la portée de la magnanerie , ce qui est bien préférable et ce que l'on doit toujours rechercher , il suffira de paniers pour rapporter la feuille. Aux Bergeries de Senart et dans beaucoup d'autres établisse-* ments, les paniers ont deux anses ; ils peuvent contenir 30 kilogr. de feuille : on les porte sur l'épaule ou bien à deux personnes. Si l'on est obligé d'aller chercher la feuille au loin, il faut des sacs, dans lesquels il ne faut pas craindre de bourrer la feuille; de cette manière, elle supporte beaucoup mieux le transport : seulement, aussitôt après l'arrivée, il faut défaire les sacs , secouer la feuille et l'étendre dans un endroit frais , en formant une couche d'environ 40 centimètres, et ayant soin de remuer cet amas de feuille deux ou trois fois par vingt-quatre heures. Les éleveurs doivent se persuader que la plus légère fermentation des feuilles peut être très-nuisible. Quand on prend toutes les précautions [nécessaires et que la feuille provient de mûriers greffés, elle peut se conserver trois ou quatre jours, et même davantage.

On ne doit monter la feuille dans l'atelier qu'au moment des repas, pour qu'elle ne se flétrisse pas. On se sert, pour rrçonter la feuille, de paniers, et l'on fera bien d'avoir des tabliers, en forme de grandes poches , dans lesquels chaque ouvrière met la feuille dont elle a besoin; c'est ce qu'il y a de plus commode et ce qui conserve mieux la fraîcheur de cette feuille.

Du coupe- feuille.

Depuis longtemps , les auteurs conseillaient de couper la feuille dans le premier âge du ver à soie, et cette méthode était pratiquée généralement; les vers attaquent plus aisément la feuille coupée, et d'un autre côté on distribue cette feuille bien plus rapidement et bien plus également. M. Camille Beauvais a pensé qu'on conserverait ces avantages en continuant de couper la feuille pendant les autres âges; et, en effet, rien n'est plus commode et plus manufacturier (1 ). Pour couper la feuille nécessaire dans le premier âge, on n'employait que

(1 ) Si l'on donne la feuille sans la couper, même au cinquième âge, clic tombe mal sur les vers ; la distribution n'est pas égale, et les petites tranches s'accumulent. Le coupe-feuille remédie à tout cela; seulement on coupe plus gros à mesure que les vers avancent dans l'éducation.

des couteaux longs et à lame carrée ; on les fait agir en tenant le manche d'une main, et appuyant la lame sur la feuille de mûrier que Ton saisit avec l'autre main , absolument comme on hache le persil; seulement il faut bien se garder de ce que Ton appelle hacher, 1 il faut seulement couper légèrement, afin de flétrir la feuille le moins possible.

Du moment que l'opération de couper la feuille de mûrier était étendue à tout le reste de l'éducation, les couteaux devenaient insuffisants. On a commencé d'abord par employer des hachepaille, et notamment celui de M. Quentin-Durand, de Paris; puis ensuite, de tous côtés, on a cherché à perfectionner le mécanisme de ces hachepaille et à trouver des instruments spéciaux (1). Celui de M. Damon , de Viviers (Ardèche) , est un des meilleurs ; il est très-bien construit , et , au moyen de lames mobiles qui se placent et se déplacent à volonté, il coupe la feuille de diverses dimensions, suivant les différents âges des vers. Nous avons déjà mentionné, en 1842, cet ingénieux instrument, pour lequel M. Damon a ob-

(1) Les coupe-feuille suppriment ce qu'où appelle l'énioûdagc , opération très-coûteuse et dans laquelle les feuilles de mûrier sont souvent horriblement mutilées. La diffusion de ces instruments dans les pays séricicoles est d'une importance qu'on ne saurait trop recommander.

tenu une médaille de M. le ministre de l'agriculture et du commerce (1).

Quelques personnes nient l'avantage qu'il y a à couper les feuilles ; mais cet avantage est évident, et il suffit de l'expérimenter pour s'en convaincre. Quand le coupe-feuille est bien fait et l'opération exécutée avec soin , la feuille n'est flétrie en aucune façon; et il y a une amélioration notable pour l'égalité et la facilité de la distribution. Il faut aussi avoir soin de ne couper les feuilles qu'au fur et à mesure des repas.

Des tamis pour distribuer la feuille.

M. Camille Beauvais est le premier qui ait appliqué cette méthode de distribution, empruntée aux Chinois.

Le tamis employé pour distribuer la feuille est un petit cadre fait avec quatre planches, et garni d'un treillage en fil de laiton. La grandeur des mailles doit être en rapport avec la feuille coupée, de manière à ce que de légères secousses imprimées au tamis avec la main puissent faire tomber

(1) Tous les ans , M. Damon vend jusqu'à quarante et cinquante de ses coupe-feuille.

cette feuille. M. Camille Beauvais a eu la pensée de mettre deux fonds de treillage superposés à 1 centimètre de distance. Les carrés de la grille inférieure doivent avoir 1 centimètre de moins que ceux de la grille supérieure; cette disposition rend l'opération plus facile et plus régulière. Jusqu'à présent les tamis n'ont été employés que dans le premier âge, ou au plus dans les deux premiers âges des vers, et il ne parait pas probable qu'on puisse s'en servir pour le reste de l'éducation.

Tant que les vers sont dans le premier âge et même dans le deuxième, ils sont si petits, si délicats, et la feuille qu'on leur donne est si minée, que la main, évidemment, n'a pas assez d'habileté et de légèreté pour faire la distribution convenablement ; l'avantage des tamis est alors incontestable. Mais, du moment que les vers augmentent, et qu'on peut leur donner sajis inconvénient la feuille entière, ou du moins coupée très-grossièrement, la distribution à la main n'offre plus ni difficulté ni inconvénient, et elle paraît tout aussi expéditive que pourrait l'être le tamis. D'ailleurs, si l'on voulait continuer à se servir de ces instruments, il faudrait en augmenter considérablement la grandeur, et il serait difficile d'en supporter le poids et d'imprimer les secousses nécessaires pour faire tomber la feuille.

Thermomètres et hygromètres.

Sans un thermomètre et un hygromètre on ne pourrait gouverner la température d'une magnanerie. Il faut avoir plusieurs thermomètres, de manière à pouvoir s'assurer, sur tous les points de l'atelier, de l'état de la température et de son égalité. C'est une dépense peu considérable, et des thermomètres à 4 fr. ou 4 fr. 50 cent, pièce suffisent parfaitement ; on fera bien d'en avoir aussi de ceux que l'on appelle à minimâ et à maximâ. Le thermomètre à minimâ avertit du degré le plus bas où la température a pu tomber; le thermomètre à mmimâ avertit , au contraire , du degré le plus élevé : c'est un moyen de contrôler les opérations de l'ouvrier chargé de diriger la température. On place ordinairement ces thermomètres dans une boîte grillée qui se ferme à clef. Us coûtent un peu plus cher que les autres; on peut en avoir pour 3 ou 4 fr. pièce. Il ne suffit pas d'avoir des thermomètres dans l'intérieur, on fait bien d'en avoir encore en dehors de la magnanerie, afin de pouvoir comparer les deux températures intérieure et extérieure.

L'hygromètre est un instrument qui donne les

moyens d'apprécier exactement le degré de l'humidité que renferme l'air de l'atelier. Cette appréciation est également indispensable, car l'air trop humide est aussi nuisible aux vers que l'air trop chaud et trop sec.

On calcule qu'il faut toujours que l'hygromètre marque, dans l'atelier, de 60 à 70°.

Des diverses espèces de boisement pour faire

cocomer les vers.

Malgré les avantages du système de coconage aussi simple qu'ingénieux imaginé par M. Davril, comme les progrès les plus utiles et les plus incontestables ne se popularisent que lentement, et que , d'un autre côté , les petits éducateurs sont arrêtés par la moindre augmentation de dépense , nous devons entrer dans quelques détails sur les anciennes méthodes de boisement , dont on continuera probablement à se servir encore longtemps, dans beaucoup de localités.

Le boisement est destiné à remplacer les arbres auxquels, dans l'état de nature, presque toutes les chenilles suspendent leurs cocons ou leurs nids.

On peut boiser les vers avec la matière qu'on a le plus à sa portée, et qui coûte le moins : pour

les uns , c'est la bruyère; le bouleau ; pour d'autres, c'est le colza* le genêt, l'annoise (1 ), dont on forme de petits bouquets qu'on place de manière à dessiner des cerceaux ou espèces de cabanes, d'où vient le mot encabaner les vers.

De tous les anciens boisements, celui qui nous paraît préférable est le bouleau, et pour l'arrangement de ce bouleau nous ne connaissons rien de mieux imaginé que le système employé par M. Camille Beauvais. Ce sont de petites tringles en bois percées de trous dans lesquels on fixe, au moyen de colle forte , les brins de bouleau , en mettant ces brins environ à 8 ou 1 millimètres de distance. Les bouleaux doivent être choisis avec soin et bien fournis de brindilles; ils doivent être de la grosseur d'un tuyau de plume par le bas, et assez longs pour pouvoir se replier en berceaux sous les claies.

C'est la largeiir des claies qui détermine la longueur des tringles qui portent les bouleaux. On range ces tringles , toutes garnies , sur les claies, deux par deux, et de manière que les cabanes offrent une largeur de 30 à 35 centimètres (%). Ce genre de boisement est plus facile et plus ra-

(1) Dans certaines parties du Midi , on se sert de branches d'olivier provenant d'élagages.

(2) Avec les claies Davril , les cabanes peuvent avoir, sans inconvénient, 45 centimètres de large.

pide à poser que les bouquets de bruyère et autres ; ensuite il est fort solide. Il y a aux Bergeries des masses de bois ainsi disposées, qui ont servi pendant dix ans. La seule précaution à prendre, c'est, à chaque éducation, de les passer au feu de flamme, pour ôter tout ce qui pourrait rester de bourre de Tannée précédente. Il faut aussi avoir le soin de les étendre à Pair et même au soleil, quelques jours d'avance; car l'odeur de moisissure et de fermentation que ces bois pourraient contracter, dans l'endroit où on les tient en magasin, répugnerait beaucoup aux vers.

Du prix de revient <Tvm magnamerie et de ton

mobilier. x

Pour les petites éducations, on n'a pas besoin de magnanerie proprement dite; on se sert du premier local venu, et même, dans les éducations importantes, on n'est pas obligé d'avoir un bâtunent uniquement consacré aux vers ; on peut les élever dans une serre, dans une orangerie, dans une grange, dans un cellier et même dans un grenier; que l'on dispose à cet effet. C'est beaucoup plus économique et en même temps très-facile , car c'est à l'époque des éducations que l'on sort les orangers

et les plantes des serres, et que la plupart des bâtiments d'exploitation se trouvent vides.

Que l'on veuille construire une magnanerie uniquement destinée aux vers , ou que l'on se serve d'un bâtiment employé, tout le reste de l'année, à un autre usage, il est impossible d'établir un prix général de construction, ce prix devant varier suivant chaque localité, et suivant le genre de bâtisse, et la nature des matériaux. Il y a des pays où, avec 2,000 fr., on peut faire, en construction légère, un bâtiment de 1 ,000 mètres cubes, et dans d'autres pays ce même bâtiment coûtera 1 0,000 fr. Il en est de même du mobilier pour l'éducation; \ mètre carré de tel ou tel genre de table coûtera ici

3 fr., et plus loin 4 fr. 50 ou même seulement

4 fr. Il y aura aussi de grandes variations dans le prix des filets, du boisement, etc.

A Aussi les chiffres que nous allons donner ne peuvent-ils être , pour la plupart des éducateurs , que des indications bien imparfaites, et que chacun sera obligé de modifier suivant les localités.

En supposant l'établissement séricicole dans les environs de Paris :

La maçonnerie , la construction des combles, les planches, la menuiserie, les gaines de ventilation , le calorifère , la cheminée d'appel, pour un bâtiment de 600 mètres cubes, dans lequel on pourra avoir 300 mètres carrés de vers, consom-

mer 6,000 kilog. de feuille, et produire 480 kilog. de cocons, pourront coûter 6,000 fr. ; mais, si ce bâtiment sert, tout le reste de Tannée, à un autre usage, et n'est consacré aux vers à soie que pour le temps de l'éducation, c'est-à-dire pour un mois, il ne faudra compter que le 1 2 e . . . . 600 fr.

300 mètres carrés de claies (1 ) avec boisement. 1,600

Poteaux et planches à claire- voie , ferrements (2) 2,000

Ventilateur avec sa roue (3). . . . 250

Filets en fil (4) 350

A reporter. . 4,800 fr.

(1) Nous supposons que l'on emploie des claies Davril, qui coûteront avec leurs échelles, pour les 300 mètres carrés, 1,600 fr. Si on avait tout autre système de claies , en osier ou en roseau , avec cabanes , ce ne serait que 1,000 ou 1,200 fr. Des planches coûteraient encore, les 300 mètres carrés , près de 800 fr.

(2) Tout cela peut être disposé de manière à s'enlever à la fin de l'éducation avec la plus grande facilité, et à laisser le local parfaitement libre pour tout le reste de Tannée.

(3) Les meilleurs ventilateurs connus jusqu'à ce jour sont ceui de M.. Combes et de M. Sabloukoff; on en trouve des modèles chez M. Clair, rue du Cherche-Midi, 93.

(4) Les filets eu fil en quatre brins première qualité coûtent , à Paris, chez M. Lebatard-Clavaux, rue Coquillièrc, 45, 80 centimes le mètre carré ; pour les 300 mètres carrés, 240 fr; Mais il faut au moins 100 mètres de plus, ou 80 fr., parce que dans les délitements une partie des filets reste toujours sous la litière. Les papiers-

Report. . . 4,800 fr.

Coupe-feuille (deux ou trois) (4). 150 Thermomètres, hygromètres, sacs, paniers, objets divers 400

C'est, par 4,000 kilog. de feuille, près de 900 fr.

filets coûtent beaucoup moins cher ; mais ils durent beaucoup moins.

11 ne faut pas que les feuilles de papier soient trop grandes, elles se déchireraient ; une bonne grandeur est de 33 centimètres de large sur 72 de long.

On compte 4 feuilles par claie de 1",33 sur 66, les 4 feuilles réunies devant faire un peu plus que la largeur de la claie.

Pour 300 mètres carrés de claies, il faudra 1,200 feuilles de papier de 33 sur 72, plus 600 feuilles de rechange ; total, 1,800.

Ces feuilles en bon papier , chez Bruyer, rue Saint-Martin , 259 , pèseraient, les 200 feuilles, 4 kilog. 5 hectog., et coûteraient 1 fr. le kilog. Les 1,800 feuilles nécessaires pour 300 mètres carrés de Claies pèseraient donc 36 kilog. et coûteraient 36 fr.

(1) Il y a des coupe-feuille qui ne sont que des hache-paille, et qui coûtent 50 fr.; il y en a de plus perfectionnés , ceux de M. Damon, à Viviers (Ardèche), qui valent depuis 60 fr. jusqu'à 100 fr.

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